28e semaine du Temps Ordinaire - A

Les invités au festin des noces divines

Quand arrivera le temps de la fête définitive,
le Père céleste célèbrera les noces de son Fils dans l'allégresse et la joie,
et il préparera un festin de viande succulente et de vin décanté.
Il y mettra tout son amour,
sa miséricorde sera pleinement à l'œuvre
pour que ces épousailles ouvrent à une vie nouvelle, une vie dégagée de toute ombre.

La prophétie d'Isaïe dans la première lecture nous le dit :
«Ce jour-là, le Seigneur préparera son festin pour tous les peuples,
il les fera monter sur la montagne», près de Lui.
Ces noces éternelles effaceront définitivement la souffrance et le non-sens :
le Seigneur lui-même «essuiera les larmes sur tous les visages»,
il effacera les humiliations,
il enlèvera le voile de deuil qui couvre les familles et les peuples et détruira la mort.

«En ce jour-là, on dira : Exultons, réjouissons nous : il nous a sauvés !»

Or ce jour est déjà là ;
et bien des hommes préfèrent rester collés à la poussière,
leurs yeux ne se relevant pas des soucis et les passions dont le Seigneur veut les délivrer.

Comprenons bien de quoi il s'agit :
le Père du ciel a engagé les noces, il a préparé son banquet,
il y donne le don suprême de son amour, le don le meilleur,
il n'en a pas de plus grand.

Car c'est son propre Fils qu'il donne en ces noces,
son Fils unique, la part la plus intime de lui-même.
Qui plus est, en invitant les hommes à cette fête,
ce n'est pas seulement pour qu'ils se réjouissent avec lui ; ce serait déjà beaucoup !
Car les convives de ces noces sont appelés à devenir la propre épouse du Fils.
En ce jour-là, Dieu épouse l'humanité en Jésus-Christ.

Ce festin inouï engage totalement la vie divine :
la viande succulente qui nous est préparée, c'est le Corps sublime du Fils ;
le vin décanté, c'est son Sang précieux et saint !

La table est dressée qui nous ouvre au cœur de la vie divine,
pour nous unir à la Trinité dans des épousailles inimaginables.

Et l'humanité mépriserait ce don le plus haut ?
Après ce don que nous fait le Père, il n'y a rien de plus à attendre.
Dieu a tout donné en se donnant lui-même.
Celui qui méprise ce don se juge lui-même, il rejette la vie divine,
il se met à distance définitive de Dieu qui se donnait tout à lui.

L'évangile nous montre deux manières de dédaigner le don de Dieu :
le mépris de l'invitation, et la participation indigne au festin.

Les premiers invités ne se soucient pas de la grâce qui leur est offerte :
ils ont plus important à faire.
Ils restent obnubilés par leurs activités terrestres : le travail, les biens, le pouvoir...
Plus encore, certains réagissent avec violence :
l'invitation les dérange : ils veulent faire taire les serviteurs !

Mais Dieu a conclu avec l'humanité une alliance de grâce :
il ne peut pas laisser son offre d'amour sans réponse, sans bénéficiaires.
La conséquence inattendue du refus des premiers invités,
c'est l'appel de nouveaux et nombreux convives.
Des hommes du tout venant, les mauvais comme les bons, sans conditions.

L'évangile évoque alors une deuxième manière de dédaigner le don de Dieu,
en montrant cet homme qui n'a pas revêtu de vêtement de noce.
Il est pourtant entré dans la salle du banquet, par pure grâce.
Il bénéficie des sollicitudes sans limites du Père
en pouvant accéder à la table du Royaume.
Mais l'homme reste indifférent à ces dons, ne se réjouit pas,
et a fortiori ne s'engage pas dans les épousailles auxquelles il est convié.
Le vêtement de noce qu'il était appelé à revêtir,
c'est le Christ lui-même.

Peut être est-ce seulement après son expulsion que lui apparaitra ce qu'il a négligé,
la grossièreté de son attitude devant l'immensité de l'amour qui lui était donné ?

Ces noces, le Seigneur Dieu les a célébré une fois pour toute
dans la mort et la résurrection de son Fils.
Par la grâce de l'Eucharistie, nous vivons de ce banquet à chaque célébration,
à chaque communion.
Nous sommes comblés par Dieu sans mesure en étant unis à son Fils.
Et ces noces, si nous y consentons avec générosité et plein d'amour,
ces noces nous transforment en nous rendant participants du Royaume,
participants de la nature divine.
 

Méditer la Parole

9 octobre 2011

Sainte Marie-Madeleine, Vézelay

Frère Grégoire

 

Frère Grégoire

Lectures bibliques

Isae 25,6-9

Psaume 22

Philippiens 4,12-14.19-20

Matthieu 22,1-14