5e semaine du Temps Ordinaire - A

 Avec Jésus, nous avons gravi la montagne,

et nous avons découvert le Bienheureux, le vrai visage de la béatitude. 

Quelle lumière resplendit sur le visage du Pauvre de cœur, du Cœur pur, du Pacifiant ! 

Oui, il est la Douceur et l’Humilité, 

Il porte nos pleurs, nos luttes, notre péché même !

La montagne, c’est toujours le lieu d’« une rencontre éblouie »,

selon l’expression de Madeleine Delbrêl.

Une rencontre lumineuse qui peut survenir partout,

car la montagne véritable, c’est Lui, Jésus.

Une découverte éblouie qui illumine toute la vie : 

«Ce n’est pas vous qui m’avez aimé, c’est moi qui vous ai aimé et choisi» (Jn 15,16).

Sur le chemin avec Lui, nous découvrons que l’Amour de Jésus pour nous 

va jusqu’à l’extrême, jusqu’au bout, que rien ni personne ne peut l’arrêter (cf. Jn 13,1) :

«Ma vie, nul ne la prend, mais je la dépose, je la donne de moi-même» (Jn 10,18) !

Quand Jésus survient ainsi, on ne peut plus faire la part des choses,

on devient disciple à temps plein !

Souvenez-vous, frères et sœurs, 

c’est l’expérience qu’ont fait les quatre premiers compagnons, au bord du lac,

et que nous vivions il y a quelques semaines :

Jésus a posé sur chacun d’eux son regard, Il les a appelés,

et aussitôt, ils ont tout laissé pour Le suivre !

D’un coup, leur vie a pris une saveur toute nouvelle, toute fraîche,

une ivresse de joie les a envahis !

Au cœur de leur existence, Quelqu’un : Jésus !

Il donne « sens, force et joie » (Livre de Vie de Jérusalem, 1) à leur vie !

Quelle bouleversante sagesse de Dieu, quelle déroutante puissance de Dieu (cf. 1 Co 2,4-5) : 

«pour vous Il s’est fait pauvre,

afin de vous enrichir de Sa pauvreté» (2 Co 8,9) !

En Jésus, le Dieu d’avant les siècles révèle son Visage, Il se livre !

La Rencontre de Jésus, c’est l’accueil de Celui qui est  la lumière véritable, 

qui illumine tout homme en venant dans le monde» (Jn 1,9),

c’est la découverte qu’«en Lui est la vie,

et que la vie est la lumière des hommes» (Jn 1,4) ! 

Une découverte personnelle et intime, au point de pouvoir dire :

«Le Seigneur est ma lumière et mon salut» (Ps 26,1).

Et avec saint Paul, ébloui sur la route de Damas, d’aller jusqu’à confesser :

«Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine,

je la vie dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2,20).

Oui, la rencontre lumineuse avec Jésus nous donne de découvrir notre véritable visage,

la beauté de notre visage, car nous sommes «les fils et les filles bien-aimés du Père» (cf. Mt 3,17) !

Dieu a élus quelques hommes, les apôtres, hier comme aujourd’hui.

«Il choisit non pas selon des critères de puissance terrestre, 

mais simplement par amour. 

C’est un choix qui demeure un mystère 

et qui révèle le style de Dieu 

qui appelle certains non pas pour en exclure d’autres, 

mais afin qu’ils servent de pont pour conduire à Lui : 

une élection est toujours une élection pour l’autre» (Benoît XVI, Catéchèse du 16 janvier 2013).

Si le Seigneur nous a choisi, 

c’est pour qu’Il puisse venir à travers nous à la rencontre de chacun,

c’est pour que chacun puisse découvrir Son visage de lumière.

Oui, dans la rencontre avec Jésus,

dans ce compagnonnage au quotidien avec Lui,

dans ce contact contagieux avec Celui qui est sel et lumière du monde,

le disciple devient sel et lumière au cœur du monde !

Dans la vie avec son Maître, le serviteur devient ami !

Devant et au milieu de ses frères et sœurs,

le disciple, «sel de la terre», révèle aux hommes la saveur de leur vie ! 

Tout acte d’amour, le «simple verre d’eau» ; les «cinq pains et deux poissons», les «deux piécettes»

de l’Évangile d’hier et d’aujourd’hui donne de la saveur à la vie.

Un peu de sel, une flamme…

deux réalités très humbles, très simples,

ordinaires et quotidiennes,

mais qui changent le visage du monde !

«Le sel donne saveur à la nourriture. 

Sans lui un aliment n’est que l’ombre de lui-même, fade, insipide. 

Et la flamme met en lumière, 

révèle des couleurs qu’elle n’est pas elle-même» (Dom André Louf, Seul l’amour suffirait, année A, p. 111).

Tout acte d’amour manifeste que le Royaume de Dieu est là, si proche,

il porte la lumière dans le monde, car «là où est l’amour, Dieu est présent» !

Si toute notre existence est orientée vers la rencontre aimante et comblante avec Jésus, 

alors, dans cette rencontre, nous découvrons l’amour de notre prochain.

À la lumière du Crucifié, nous reconnaissons «le visage de Jésus chez le pauvre, 

celui qui est faible, qui souffre. 

Cela n’est possible que si le véritable visage de Jésus nous est devenu familier 

dans l’écoute de sa Parole, dans le dialogue intérieur, 

dans la pénétration de cette Parole de manière à le rencontrer réellement, 

et naturellement dans le Mystère de l’Eucharistie» (Benoît XVI, Catéchèse du 16 janvier 2013)

Alors nous aussi, nous devenons comme Lui, pauvre de cœur, cœur pur, pacifiant,

douceur et humilité.

«Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique…» (cf. Jn 3,16)

Dieu aime tant ce monde, qu’Il nous donne !

Frères et sœurs, la rencontre de Jésus, toujours transfigure !

Il fait de chacun de nous, au cœur du monde ce temps, un visage de son Amour, 

pour faire goûter à d’autres la beauté de la vie que Dieu nous donne,

une vie qui ne passe pas, une vie qui a déjà saveur d’éternité bienheureuse !

«Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur» (Ps 33,9

Méditer la Parole

9 février 2014

Saint-Jean, Strasbourg

Frère Nicolas-Marie

 

Frère Nicolas-Marie

Lectures bibliques

Isaie 58,7-10

Psaume 111

1 Corinthiens 2,1-6

Matthieu 5,13-16