Fête de la Mère de Dieu

 Bénédictions

 Cette nouvelle année commence par une lecture de bénédictions.

Ces formules de bénédictions sont données par Dieu lui-même aux prêtres israélites :

« Voici en quels termes vous bénirez les fils d'Israël.. ».

Fidèle à la Parole de Dieu, c'est ainsi que l’Église bénit donc ses enfants

en ce nouvel an :

 

« Que le Seigneur te bénisse et te garde !

 

 

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et qu'il te prenne en grâce !

 

 

Que le Seigneur tourne vers toi son visage et qu'il t'apporte la paix ! »

 


Bénir, c'est invoquer sur l'autre le bien par une parole.

La bénédiction est le don d'un bien, d'un surcroît de vie.

Le bien qu'elle apporte n'est pas un objet précis et défini

car il n'est pas de l'ordre de l'avoir,

mais de l'être, de la vie.

La bénédiction ne relève pas en effet de l'action de l'homme,

mais du don de Dieu, 

de son acte créateur, de son souffle vital.


Que le Seigneur te bénisse et te garde,

qu'il insuffle en toi sa puissance vivifiante,

qu'il fasse de toi un homme ou une femme debout, déployé, débordant de vie,

en croissance ;

et d'une croissance qui se communique, d'une vie qui donne la vie.


Dans la bénédiction, il y a d'abord la foi en la prière,

la certitude qu'en invoquant sur l'autre le bien et la vie,

Dieu ne peut qu'agréer cette prière, 

car il est Dieu,

il est tout amour, il ne demande rien d'autre que de bénir !


Dans la bénédiction, il y a aussi l'émerveillement :

l'amour de Dieu nous éblouit par sa générosité,

sa gratuité, son abondance.

La nature même de Dieu, c'est le don.

Il est la Source vive, l'abondance du salut,

il est toute grâce, c'est à dire gratuité absolue, déroutante, sans mesure.


Il se donne à ce point qu'il peut faire briller sur toi son visage,

qu'il peut mettre en toi sa lumière, son resplendissement.


La bénédiction du livre des Nombres est admirable de tendresse :

les mots pour signifier notre relation à ce Dieu d'amour

sont ceux d'une mère pour son enfant ;

il tourne vers nous son visage,

il sourit, il se montre plein de douceur et de délicatesse,

il est là, face à face, en silence, 

il se donne et il sollicite notre acquiescement, ne serait-ce qu'un sourire timide.


Cette bénédiction a été invoquée sur les fils d'Israël depuis des temps immémoriaux.

Mais lorsqu'est venue la plénitude des temps,

Dieu nous a bénis par son Fils, il s'est donné lui-même en son Fils,

en son Fils petit-enfant,

il s'est donné comme une caresse sur la joue, avec l'infinie délicatesse de l'Amour infini.


La Vierge Marie fait partie de cette tendresse de Dieu pour les hommes.

Nous la fêtons aujourd'hui comme « Mère de Dieu »,

et si Dieu s'est choisi une telle Mère pour donner son Fils Bien-aimé au monde,

c'est bien pour que ce face à face entre Dieu et les hommes soit le plus doux possible !


Marie est l'une des nôtres,

une jeune fille d'Israël conçue sans péché 

afin qu'aucune trace d’arrogance ni d'accaparement ne soit en elle.

Rien qui puisse faire entrave à la grâce, à la volonté de don et de douceur de Dieu.


Marie est « l'aqueduc de la grâce », comme le dit saint-Bernard,

elle est le moyen admirable par lequel Dieu a donné sa bénédiction au monde :

Jésus, 

le Fils parfait et l'Époux admirable,

l'enfant et le seul à être pleinement homme, totalement homme,

homme abouti dans toute la stature d'une liberté assumée.

Jésus : la bénédiction qui nous est donnée pour que nous ayons la vie en abondance.


C'est ce que l'Apôtre chante dans la lettre aux Éphésiens :

 

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : 

 

 

Il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ.

 

 

Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde 

 

 

pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour (…) :

 

 

en Jésus, par son sang, nous sommes délivrés, 

 

en lui, nos fautes sont pardonnées, selon la richesse de sa grâce »(Ep 1, 3-7).


L'évangile révèle quelque chose de cette bénédiction qu'est Jésus à travers la Vierge Marie.

Tout se passe dans la nuit de Noël.

L'ange est apparu aux bergers pour leur annoncer cette nouvelle inouïe :

un sauveur est envoyé par Dieu 

sous la forme d'un nouveau-né couché dans une mangeoire d'animaux.


L'apparition de l'ange les saisit de crainte.

D'autant plus que le ciel s'ouvre,

et qu'une multitude d'anges se mettent à chanter sous leurs yeux !


Nul doute que l'attitude de Marie devant son fils nouveau-né 

a dû aider les bergers à entrer dans l'accueil du mystère qui est là, sous leurs yeux.

En voyant l'enfant Jésus,

en voyant aussi Marie qui le contemple avec la profondeur de son cœur,

ils entrent eux aussi dans un regard et une écoute de l'ordre de la foi,

ils voient avec leur cœur profond,

ils voient avec les yeux de l'esprit.


C'est le propre de l'attitude de Marie qui nous est rapporté à plusieurs reprises :

 

« Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. »

 

N'est-ce pas la seule attitude ajustée au don débordant de Dieu ?

Laisser creuser son cœur,

accueillir dans la profondeur de son être,

et laisser agir en nous la grâce.


La bénédiction de Dieu nous est donnée à longueur de vie,

à travers les événements qui se présentent à nous,

à travers la Parole de Dieu qui cherche une brèche pour atteindre notre cœur,

à travers l'Eucharistie qui donne corps à Jésus en notre corps à nous...


Retenir et méditer tous ces événements,

les laisser nous façonner,

s'exposer à la face rayonnante de notre Dieu pour qu'il nous communique sa lumière et sa vie.

C'est cette bénédiction de Dieu que j'invoque sur vous pour cette nouvelle année.


Dieu, en son Fils Jésus, est le seul à pouvoir faire jaillir du neuf,

une nouveauté profonde,

une vie en croissance.

Qu'il fasse resplendir sur vous le visage de Jésus,

qu'il fasse couler en vous la grâce jaillie du côté ouvert de Jésus,

qu'il vous établisse dans la paix qu'est le Christ lui-même.

Qu'il vous aide à recevoir Marie comme la mère de ses bénédictions.

Méditer la Parole

1er janvier 2015

Sainte Marie-Madeleine, Vézelay

Frère Grégoire

 

Frère Grégoire

Lectures bibliques

Nombres 6,22-29

Psaume 66

Galates 4,4-7

Luc 2,16-21