Nativité - Messe de l'aurore 

 La lumière venue de la terre

 Comme toutes les nuits, les bergers veillaient 

sur leurs troupeaux aux alentours de Bethléem.

L’obscurité couvrait la terre.

Seules les étoiles au firmament 

et le croissant de lune dans la voûte céleste 

apportaient un peu de lumière venant du ciel.

Il faudra attendre le lever du soleil 

pour que l’astre du matin 

vienne caresser de ses rayons lumineux 

les méandres de la terre endormie.

Mais, en cette nuit de Noël, 

les bergers en attente de l’aurore 

ont reçu la visite d’anges 

leur annonçant la naissance d’un sauveur.

Leurs cœurs éblouis par une telle visitation, 

ils sont partis «voir ce qui était arrivé, 

l’événement que le Seigneur leur a fait connaître».

Ils ont trouvé une grotte où, dans le plus obscur de la nuit, 

un enfant est venu au monde.

Il faisait nuit noire 

et pourtant devant eux, une lumière a resplendi.

Bien avant le jour, la clarté du soleil s’est levée 

sur le visage endormi d’un Enfant nouveau-né.

Les bergers ne connaissaient pas encore son nom 

mais pour eux, il est devenu l’enfant de la lumière.

La nuit est devenue jour.

Qui s’approchait de cet Enfant 

sentait sur son visage la douceur 

des premiers rayons qui réchauffent le cœur.

Oui, quel événement à contempler à Bethléem !

Pour la première fois dans l’histoire des hommes, 

la lumière d’un jour nouveau 

ne s’est pas levée du ciel mais de la terre !

«C’est Noël !

La lumière n’est plus à guetter dans le ciel 

car désormais elle habite notre terre».

(cf. Christine Fontaine, www.dieumaintenant.com)

Les bergers sont repartis dans la nuit 

mais tout illuminés de l’intérieur.

Une lampe s’est allumée en eux.

Désormais les nuits de Judée ne seront plus comme avant 

car la nuit comme le jour illumine 

quand Jésus est vivant dans nos cœurs.


Un jour, un jeune pâtre s’est joint aux bergers pour la nuit.

Un ancien l’interroge :

- «À quoi peux-tu reconnaître le moment 

où la nuit s’achève et où le jour  se lève ?»

Le jeune répond :

- «C’est lorsque les étoiles disparaissent dans le ciel 

et que la terre est caressée 

par les premières lueurs du soleil.»

- «Non», répond l’ancien.

- «Alors c’est lorsque l’on peut sans peine 

distinguer de loin un chien d’un mouton.»

- «Non» dit encore l’ancien.

- «Mais alors quand est-ce donc ?», demande le jeune pâtre.

Et le vieux berger, après un long temps de silence, répondit :

«Tu reconnaîtras le moment où le jour se lève 

lorsque, regardant le visage de n’importe quel homme, 

tu reconnaîtras en lui ton frère.

Jusque-là, il fait encore nuit dans ton cœur.

Car la lumière ne vient pas du ciel.

Quand elle naît, c’est du cœur de l’homme.»


Depuis cette nuit où il a trouvé la lumière du jour 

sur le visage d’un nouveau-né nommé Jésus, 

le vieux berger a compris que la lumière 

peut jaillir du cœur de tout homme qui vit sur la terre.

Depuis cette nuit, il n’attend plus 

que vienne du ciel la lumière 

qui apporte la vie et la joie.

Il la quête dans le regard du frère à aimer.

Sa vie a totalement changé.

Car il a compris qu’en aimant son frère, 

il fait naître le jour sur la terre.

Chaque instant devient jour nouveau 

quand les liens d’amitié et de paix se tissent 

entre les hommes.

Chaque instant devient lumière éternelle 

quand tombent les murs de la peur et de la haine.


Depuis ce Noël à Béthléem, 

avec le psalmiste, le vieux pasteur des brebis chante :

«C’est ta face Seigneur que je cherche, 

ne me cache point ta face» (Ps 26,8-9).

À chaque fois qu’elle se révèle sur le visage de son frère, 

c’est un Noël de lumière qui se lève dans son cœur.

Méditer la Parole

25 décembre 2014

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Isaie 62,11-12

Psaume 96

Tite 3,4-7

Luc 2,15-20