2e Dimanche du Temps Ordinaire B

 Voiic l'Agneau de Dieu !

 « Voici l’Agneau de Dieu »


Au cœur du désert, la voix d’un prophète a retenti.

Nous sommes au bord du Jourdain, 

Jean-Baptiste se tient là, en compagnie de ses disciples. 

De jour en jour, une foule de gens vient à lui 

pour l’écouter, pour se faire baptiser. 

Une foule nombreuse sans doute, 

une foule diverse aux désirs multiples. 

Une foule en quête de sens, 

au cœur d’un monde assoiffé de Vérité, 

une foule en quête de connaissance, 

au-delà de tout savoir et de toute science, 

une foule en discernement, 

en quête de la vraie Lumière qui éclaire tout Homme. 


Cette foule au bord du Jourdain, 

nous la connaissons, 

ou du moins, nous pourrions la reconnaître, au cœur de notre ville. 

C’est le cœur du monde qui bat 

et qui espère la Vie véritable, 

ne sachant trop où aller.

Sur les bords du Jourdain, 

« le lendemain, 

Jean se trouvait là avec deux de ses disciples, 

et fixant les yeux sur Jésus qui passait, il dit :

 "Voici l’Agneau de Dieu " ».

Aujourd’hui encore, 

au lendemain du Baptême et de l’Épiphanie, 

la voix du Baptiste retentit à nos oreilles, 

dans notre désert urbain : 

« Voici l’Agneau de Dieu » 

Par cette annonce du Baptiste, 

la liturgie de l’Église oriente nos regards 

vers un Homme 

qui se tient au milieu de nous 

mais que nous ne connaissons pas encore. 


« Voici l’Agneau de Dieu » 

« Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, 

et ils suivirent Jésus. » 

Pour nous également en ce matin, 

cette Parole éveille nos oreilles, 

un désir habite nos cœurs, un appel résonne 

et semble orienter nos pas vers un Autre Homme, 

vers un Maître encore inconnu à nos yeux.


***


« Voici l’Agneau de Dieu » « Voici l’Homme »


Mais comment découvrir cet Homme ?

Comment L’entendre pour L’écouter ?

Comment Le suivre pour Le contempler ?

Comment Le connaître 

pour L’annoncer comme Jean le Baptiste ?

« Mais lui, Jésus, 

se retournant et voyant que les disciples le suivaient leur dit : 

Que cherchez-vous ? » 


« Que cherchez-vous ? » : 

le Verbe nous livre sa première parole. 

Un simple regard 

et déjà le souci de l’homme habite le cœur de Dieu. 

Voici qu’il se tient à la porte de notre cœur 

et il nous demande à notre tour :

« Que cherchez-vous ? » 


Que cherchons-nous au cœur de ce monde ? 

Que cherchons-nous en ce matin 

où nous sommes venus le rencontrer ?

Essayons d’écouter Jésus nous parler, 

pour mieux le suivre.

Essayons de le contempler 

pour mieux l’annoncer.


***


Comment écouter Jésus ?


Pour cela, laissons-nous enseigner par le jeune Samuel. 

Cet enfant demeurait dans le temple de Silo 

et ne connaissait pas encore le Seigneur. 

La Parole du Seigneur ne lui était  pas encore révélée 

et pourtant, par trois fois, 

le Seigneur éveilla son oreille, 

pour qu‘il écoute comme un disciple. 

Par la veille du cœur et avec l’aide du prêtre Eli, 

il la saisira toute entière.


Frères et sœurs, 

de cet enfant, apprenons que 

pour écouter, 

il nous faut veiller avec la lampe de la Parole, 

il nous faut discerner, avec d’autres, les évènements de notre vie. 

Il nous faudra également nous lever au cœur de la nuit 

pour répondre à l’appel que nous aurons perçu. 


De cet enfant,

apprenons à nous ouvrir au mystère de l’écoute 

et devenons des disciples de la Parole. 

Le psaume de ce jour nous y invite également. 

Avec le psalmiste,

laissons nous entraîner vers le Maître 

en lui redisant à notre tour : 

Seigneur, tu as ouvert mes oreilles ; 

tu ne demandais ni holocauste ni victime,

alors j’ai dit : 

« Voici, je viens »


***


« Voici je viens »


C’est la réponse des deux disciples du Baptiste 

qui n’ont pas hésité à suivre le Maître, 

à tout quitter d’un regard 

pour mieux contempler Celui que leur cœur semblait aimer. 

« Ils allèrent donc, 

ils virent où il demeurait,

et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. »

Leur attente ne fut pas déçue. 

En s’engageant aveuglément à la suite du maître, 

ils ont pu contempler sa Lumière. 

Ils virent sa demeure, 

ils marchèrent en sa présence, 

comme au désert.

De ces disciples,

nous pouvons apprendre 

à cheminer régulièrement vers notre cœur. 

Nous pouvons nous laisser conduire au désert 

afin que le Seigneur parle à notre cœur. 

Dans le désert de notre cœur,

nous verrons sa demeure, 

nous reconnaitrons notre sauveur.


***


« Nous avons trouvé le Messie », telle est notre joie.


« André, le frère de Simon-Pierre, 

était l’un des deux disciples 

qui avaient entendu la parole de Jean 

et qui avaient suivi Jésus. » 

Ce que ses yeux ont vu, 

ce que ses oreilles ont entendu, 

il ne pouvait l’oublier, 

il se devait de le partager avec son frère. 

Aussi peut-il lui annoncer : 

« Nous avons trouvé le Messie. 

 Ce que nous avons entendu, 

ce que nous avons vu de nos yeux, 

ce que nous avons contemplé, 

ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, 

nous en rendons témoignage »


Jésus posa son regard sur Simon et dit : 

« Tu es Simon, fils de Jean ; 

tu t’appelleras Képhas »

Avec Pierre, 

laissons-nous regarder par Jésus. 

Laissons-nous surprendre 

par les appels de Dieu dans notre existence, 

laissons-nous transformer 

par le déploiement de notre propre vocation, 

tout au long de notre pèlerinage sur la terre. 

La vie entière est un appel 

que nous n’aurons jamais fini de découvrir. 


Avec André, 

apprenons et recevons cette joie missionnaire 

qui fait connaître le Christ 

et qui donne à Le contempler. 

Notre vie baptismale 

est missionnaire par nature 

et il convient de la déployer, 

chacun selon sa grâce et son appel, 

pour appeler tout homme à la vraie Lumière.


Avec Pierre et André enfin, 

laissons-nous interpeller 

par la joie de la communion, 

dans la foi et l’amour fraternel. 

Laissons-nous habiter 

par le souci de la fraternité et de l’unité 

dans l’Église, 

dans nos familles 

et dans nos communautés. 

Notre vocation baptismale passe par cette communion, 

notre mission est au service de cette même unité.


***


Frère et sœurs que cherchons-nous ?


Que cherchons-nous, 

sinon cette rencontre du Christ ?


Seigneur, 

en cette Eucharistie, 

c’est ta Face que nous cherchons, 

c’est la Vie éternelle que nous espérons. 

À la suite du jeune Samuel, 

apprends-nous à T’écouter, 

pour mieux Te suivre.

Avec André, 

apprends-nous à Te contempler 

au cœur de nos vies, 

pour demeurer fidèles à Ta présence en nous.

Avec Simon-Pierre, 

apprends-nous à t’aimer 

dans la communion fraternelle, 

pour mieux t’annoncer au cœur de notre monde.

Méditer la Parole

18 janvier 2015

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

 

Frère Charles

Lectures bibliques

1 Samuel 3,3...19

Psaume 39

1 Corinthiens 6,13..20

Jean 1,35-42