Nuit de la Nativité

Avce Jésus, c'est Noël chaque jour 

 Bienvenue à chacun/chacune !

Bienvenue à ceux et celles qui viennent souvent prier ici,

à ceux et celles qui viennent peut-être pour la première fois.


Ce bienvenue, je ne le dis pas seulement 

en mon nom et au nom de la communauté :

je le dis au nom d’un Enfant !

C’est un Enfant qui nous accueille ici ;

les maisons de la terre sont toujours la maison d’un adulte.

Ici… c’est la maison d’un Enfant 

parce que Dieu s’est fait petit enfant. 

C’est cela Noël.


Noël vient du verbe naître.

Noël célèbre la naissance d’un enfant

qui transforma l’histoire du monde.

Jusqu’à cet Enfant, l’au-delà de cette vie 

restait une immense question.

Il n’y avait aucun visage au-delà de la mort.

Depuis que cet Enfant est né, 

toute notre vie humaine a trouvé son vrai sens, sa vraie destinée.

L’Enfant est né à notre vie humaine 

pour que nous recevions mystérieusement une autre Vie.

Les chrétiens sont bien les mêmes que tous les humains

mais une autre Vie nous habite, une joie, une espérance.


Nous vivons avec l’Enfant dans le cœur.

Sa Présence nous nourrit et elle nourrit notre espérance.

Depuis que cet Enfant est né,

tous nos démons intérieurs se sont mis à trembler,

toutes nos noirceurs intérieures ont perdu leur pouvoir 

et un espace tout neuf s’est ouvert en nous.

C’est un vide d’amour.

C’est une tendresse qui nous donne le goût de Dieu

et nous découvre les autres sous un jour nouveau.

Noël c’est un cadeau immense.

C’est pour cela que l’on offre des cadeaux à Noël.

Chaque cadeau est comme un petit signe 

du Grand Cadeau qu’est Jésus.


Ce qui fait la valeur d’un cadeau,

ce n’est pas son prix,

c’est l’amour qu’il reflète.

Parce que l’Enfant est Amour.

Il est l’Amour qui vient loger en nous.


Et, vous l’avez entendu dans l’Évangile :

ce n’est pas dans un hôtel de luxe que naît l’Enfant.

C’est dans un abri de fortune,

dans la pauvreté qui ressemble tant à celle de nos cœurs.

C’est là qu’il se donne.


Noël, c’est une abondance, une surabondance d’Amour

puisque Dieu est amour, débordement d’amour

et que ce débordement vient rejoindre notre histoire.

C’est cela que disent nos sapins de Noël.

Le sapin est un arbre toujours vert.

Il est le signe d’un amour qui ne connaît pas d’hiver.

L’amour de Dieu qui vient à nous par l’Enfant

ne s’éteint jamais et il est couvert de fruits.

Les bébelles que nous accrochons au sapin

sont là pour dire que l’Arbre de Dieu

est couvert de fruits.


Viens auprès de l’Arbre du Dieu fait Homme.

L’Arbre de la grâce.

L’Arbre de la Croix.

L’Arbre de Vie désormais accessible.

Jadis, on accrochait au sapin des hosties.

Aujourd'hui on y accroche toutes sortes de décorations,

mais le message est le même :

une surabondance de fruits !


Car le fruit de Noël,

c’est la Paix comme le chantent les anges de Noël ;

c’est la joie comme en témoignent les bergers ; et

c’est la douceur, la miséricorde, la tendresse

et toute la grâce de Dieu

dont saint Paul nous a dit qu’elle nous enseigne (cf. Tt 2,10).


Et qu’y a-t-il au sommet du sapin ?

Une étoile.

C’est l’étoile qui conduit à la crèche

ceux qui ne connaissent pas la tendresse de Dieu.

Il y a ceux qui ne croient pas en Dieu.

Il y a ceux qui croient en Dieu mais ignorent son Amour.

L’étoile vient les rejoindre tous

pour les amener à la plus belle découverte qui soit :

nous sommes aimés de Dieu !


L’étoile c’est la création, aussi.

La création qui, lorsqu’on la regarde avec un cœur d’enfant,

nous dit la bonté de Dieu.


Et le Père Noël ?

À l’origine, il s’agissait de saint Nicolas,

un homme d’une grande bonté

qui se dépensa sans réserve pour les plus pauvres,

afin que chacun retrouve sa liberté.

En lui se voit ce que produit la joie de Noël

dans un cœur qui la reçoit :

une générosité toute neuve,

un souci des plus petits, des plus pauvres, des réfugiés, des exilés.

C’est bien pour cela que Noël reste une fête familiale.


Le repas de Noël est comme un prolongement 

de la messe de minuit.

Parce que Dieu se donne

dans l’Enfant,

dans la messe.

Nous ne pouvons pas ne pas nous retrouver,

nous regarder d’une manière nouvelle,

nous pardonner s’il le faut,

et partager la joie d’une belle table.

Là encore, ce qui fait la beauté d’un repas de Noël,

ce n’est pas le luxe des aliments,

c’est la disponibilité des cœurs,

l’accueil inconditionnel des autres

et particulièrement des pauvres.


Le sapin et ses décorations,

l’étoile, 

le Père Noël,

le repas de Noël…

Que reste-t-il ?

La crèche !


La crèche, c’est un souci de Dieu.

Un signe tellement simple et beau,

ré-interprété de 1.000 manières selon les cultures.

La crèche, c’est une Maman, la toute sainte,

la plus belle des femmes, au cœur immaculé,

la Femme dont la compassion est sans mesure,

Marie, celle qui a pour nous un amour maternel extraordinaire.


La crèche, c’est aussi Joseph, le père de famille.

L’homme dans sa virilité, sa joie, sa force,

qui assume sa paternité sans complexe et dans l’amour.


Et l’Enfant…

L’Enfant qui est Dieu.

L’Amour de Dieu qui paraît au grand jour,

et qui se fait don.

Il se donne. 

Il est là pour toi, ton Sauveur et ton Dieu.


Marie, Joseph et l’Enfant.

Et l’âne…

Fidèle compagnon qui a porté la Mère et l’Enfant

sur le chemin qui menait à Bethléem.

Et le bœuf,

l’habitant de l’étable fort surpris d’une si céleste visite…


Et encore ?

La mangeoire.

Dépose-t-on un enfant nouveau-né dans une mangeoire ?

Jamais !

Jamais, sauf lorsque la pauvreté l’exige.

Mais quel enseignement !

L’Enfant est déposé là où l’on met ce qui doit être mangé.

Pourquoi ?

Parce que cet Enfant vient pour être notre pain,

notre pain de Vie,

pour que nous vivions une vie qui mène à Dieu,

qui mène en Dieu.


La mangeoire, c’est cet autel,

car c’est là que de nouveau 

Jésus va nous dire qu’il veut être notre nourriture.

Jésus ne veut pas que nous souffrions 

de la famine spirituelle de notre Occident encombré de richesses.

Alors il vient de nouveau pour nous nourrir.

Tout à l’heure, ceux d’entre nous qui sont baptisés

et qui ont le cœur préparé,

recevront un petit morceau de pain

qui est la Présence bouleversante de Jésus 

qui aime tant se donner.

Et ceux qui ne s’avanceront pas,

soyez sûrs que Jésus viendra vous rencontrer 

au fond de votre cœur pour vous dire 

qu’il a tellement soif de vous rendre heureux.


C’est Noël…

Et avec Jésus, c’est Noël chaque jour !

 

Méditer la Parole

24 décembre 2015

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

 

Frère Antoine-Emmanuel

Lectures bibliques

Isaie ,1-6

Psaume 95

Tite 2,11-14

Luc ,11-14