WE Bruegel - Échos d'une participante

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Odile Célier, avec bonne humeur et un brin d’insolence (insolentia : ce qui n’est pas habituel, ce qui nous déshabitue), nous a conduits à regarder les tableaux de Peter Bruegel l’Ancien avec les yeux de la foi, ou : comment voir quand on ne voit rien.

 

En replaçant le peintre dans son contexte historique, politique et religieux nous avons commencé à avoir un éclairage sur ses œuvres paradoxales et les différentes significations des thèmes, des personnages et des paysages.

 

Ainsi nous avons décrypté : les Aveugles, la Chute d’Icare, le Dénombrement de Bethléem, l’Adoration des Mages, l’Epiphanie, la Conversion de saint Paul, le Triomphe de la Mort, la Prédication de Jean-Baptiste, les Proverbes flamands, le Massacre des Innocents, la Pie sur le gibet.

 

Enfin, nous avons pu aborder avec un regard averti et plus clairvoyant, le Portement de Croix, œuvre magistrale, fourmillante, où tel ou tel détail déroute notre regard du point central du tableau, le Christ, seul dans cette foule, disparaissant sous le poids de sa Croix.

 

Nous savons maintenant que le cortège de soldats, les gibets, piloris représentent aussi l’oppression féroce de la Flandre par Charles Quint. Nous découvrons que seuls ceux qui, arrêtés, tournent le dos à la scène signifient par leur regard intérieur leur communion avec le Christ, et à quel point nous sommes tous appelés à la conversion du cœur.

Noémie Mainguet