Questions à frère Pierre-Marie

Les laïcs et Jérusalem

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Parlons un peu de la place des laïcs auprès de vos Fraternités. Qu’apporte, selon vous, à la communauté monastique des Fraternités de Jérusalem, la présence priante de la communauté laïque ? Et, réciproquement, comment définiriez-vous l’apport du charisme des Frères et Sœurs de Jérusalem auprès des communautés laïques ?

Les Fraternités laïques sont nées peu à peu et comme d’elles-mêmes autour de nos Fraternités monastiques. Sur la seule ville de Paris, elles sont près d’une vingtaine, représentant un millier de personnes environ. Leurs degrés d’appartenance sont divers. Mais toutes représentent une belle complémentarité par rapport à notre vie monastique. Je dirais qu’elles en sont comme le prolongement évangélique. Elles nous rappellent que notre vocation est essentiellement baptismale et que, quel que soit notre état de vie, nous sommes tous appelés à la sainteté. Le centre de cette «marguerite» aux divers pétales, est la liturgie des heures et spécialement l’Eucharistie quotidienne. À partir de là, tout s’articule et trouve son harmonie. Peut-être y a-t-il là, pour toute une part, une image de ce que peut devenir l’Église de demain ?

Je crois que les communautés laïques s’appuient sur nous un peu à la façon des oblats séculiers des monastères bénédictins. Mais il faut tout transposer dans le contexte urbain des temps modernes. Ils participent à notre permanence liturgique. Matin, midi et soir, le train passe et chacun, tout à loisir, peut y monter. Au-delà de cette quotidienneté liturgique (qui va jusqu’à l’adoration du Très Saint Sacrement proposé chaque jour de 7h30 à 21h00), le Livre de Vie est vécu par beaucoup comme un guide spirituel. Peut-être donc peut-on dire, en une formule, qu’au cœur des villes, moines et moniales, nous sommes un peu pour ceux et celles qui vivent autour de nous, comme des «veilleurs éveilleurs», sous le regard de Dieu ?