Semaine Sainte et Pâques à Saint-Gervais

16-04-2009

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Un coup de marteau ouvre les célébrations de la Semaine Sainte : celui dont le célébrant, à trois reprises, frappe le grand portail de l’église pour qu’au chant du psaume 23, il s’ouvre à deux battants et laisse la longue procession des frères, des sœurs et des fidèles monter vers le sanctuaire préfigurant la Jérusalem céleste. «Qu’il entre le Roi de gloire ! Qui est ce Roi de gloire ?» La liturgie de la Passion peut alors commencer avec la lecture de l’Évangile de Marc, entrecoupé d’acclamations et d’antiennes méditatives, tandis que l’assemblée a encore en mains les palmes et les rameaux bénis. La grande Semaine, sommet de l’année liturgique, se trouve ainsi d’emblée placée sous le signe de la gloire et de la croix.

Voir le reportage photos de toute la semaine sainte (© FMJ)


Cette année encore, ils ont été très nombreux à venir avec nous célébrer, au long du triduum pascal, l’offrande d’amour qui nous a valu le salut. Le Jeudi Saint, pour la commémoration de la Cène du Seigneur où le «geste du serviteur» – lavement des mains de toute l’assemblée par les frères et sœurs – rappelle le commandement de l’amour fraternel laissé par Jésus aux siens ; puis, dans la nuit, pour l’office des ténèbres, en veillant, à l’écoute du discours des adieux en Jean et de la cantilation du psaume 21, avec celui qui, à Gethsémani, a porté toutes nos angoisses. «Eli, Eli, lama sabachtani ?» Le Vendredi Saint, pour le chemin de croix, dans les rues et sur les quais, de Saint-Louis en l’Île à Saint-Gervais, scandé par les belles méditations d’Olivier Clément, qui met en relation saisissante la croix portée pour tous par Jésus et les misères de la ville et du monde entier ; puis pour la célébration de la Croix : les rites lents et graves de la vénération de la croix, du chant des Improprères – «Ô mon peuple que t’ai-je fait ? En qui t’ai-je contristé ? Réponds-moi !» –, de la prière aux intentions du monde et de l’Église, de la communion au seul Corps, consacré la veille, puisque le corps de Jésus mort est exsangue, de la mise au tombeau où, au-delà de la douleur déjà pointe l’aurore de l’espérance –  «Ô Marie, ne pleure plus, ton fils, notre Seigneur s’endort dans la paix...» Et, pour le Samedi Saint, où l’office de la descente aux enfers, inspiré de l’Orient chrétien fait participer à ce repos du septième jour où «Dieu se reposa de toute l’œuvre qu’il avait faite».

Mais, le samedi soir déjà, «au milieu de la nuit, un cri se fait entendre : Voici l’Époux qui vient !» Le feu nouveau illuminant le cierge pascal, symbolisant le Christ ressuscité, puis toute l’assemblée au chant de l’Exsultet ; l’eau que le célébrant bénit par le Christ, en y plongeant le cierge pascal, et par l’Esprit, en soufflant sur elle ; la longue catéchèse des lectures retraçant l’histoire du salut : tout prépare à devenir, avec les catéchumènes qui s’avancent vers la cuve baptismale, une «création nouvelle» (2 Co 5,17). Ils, ou plutôt elles étaient cinq cette année à professer «dans la grande assemblée», leur foi au Christ ressuscité : Catherine, Jessica, Laurence, Marie et Marion sont «renées de l’eau et de l’Esprit» et nous ont permis, avec elles, de retrouver les sources de notre baptême. Quelle grâce que la liturgie qui nous fait revivre chaque année le déploiement du mystère pascal, dont nous ne percevons jamais toute la richesse, mais qui, de Pâques en Pâques, nous rapproche toujours davantage du retour dans la gloire de «notre grand Dieu et Seigneur Jésus Christ» !


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