Mardi 23 novembre

Déjà dans la lumière

L’histoire de Noé – comme souvent les premières pages du livre de la Genèse – trouve un écho à la fois dans le reste de l’Écriture et dans nos propres vies. L’évangile de dimanche prochain nous dit que «l’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé» – «Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis» – et en tire la conclusion qu’il nous faut «veiller». Le texte de Paul, que nous méditons aujourd’hui dans notre lectio divina, nous aide à comprendre ce que recouvre cette «vigilance» – la «nepsis» si chère aux pères du christianisme ancien – à laquelle nous sommes invités. Celui qui veille même en pleine nuit échappe à la nuit et à son cortège de dissimulations ténébreuses pour appartenir déjà au jour. Celui qui veille est déjà dans la lumière. À la nuit l’ivresse et le lourd sommeil ; au jour et à ceux qui en sont les «fils», ce que Paul appelle la «sobriété» et qu’il présente comme la vertu des combattants. Veiller, c’est donc un acte de foi : le Jour du Seigneur viendra ; qu’il nous trouve donc déjà dans la lumière !

 

1 Thessaloniciens 5,1-11
[1] Quant aux temps et moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. [2] Vous savez vous-mêmes parfaitement que le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuit. [3] Quand les hommes se diront : Paix et sécurité ! c’est alors que tout d’un coup fondra sur eux la perdition, comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper. [4] Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, de telle sorte que ce Jour vous surprenne comme un voleur : [5] tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres. [6] Alors ne nous endormons pas, comme font les autres, mais restons éveillés et sobres. [7] Ceux qui dorment dorment la nuit, ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. [8] Nous, au contraire, nous qui sommes du jour, soyons sobres ; revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l’espérance du salut. [9] Dieu ne nous a pas réservés pour sa colère, mais pour entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, [10] qui est mort pour nous afin que, éveillés ou endormis, nous vivions unis à lui. [11] C’est pourquoi il faut vous réconforter mutuellement et vous édifier l’un l’autre, comme déjà vous le faites.

 

Seigneur, tu viens dans notre monde pour le remplir de ta lumière et de ton amour. Accorde-nous, dans l’attente de ton Jour, d’être trouvés fils de la lumière et non des ténèbres, fils de la vigilance et non de l’oubli, fils de l’espérance et non de la colère, de la foi et non du découragement, de la charité et non de l’indifférence. Que déjà, la certitude d’être aimés et d’être sauvés nous remplisse de ta joie. Amen.