Étape 2 - Se repentir avec David

Samedi 4 décembre

Rends-moi la joie de ton salut

Le repentir de David que nous avions vu figuré en une histoire symbolique, nous l’entendons ici exprimé dans un psaume qui, traditionnellement lui est attribué. Après la mise en images, la mise en mots ; mais le trajet demeure le même. C’est vers Dieu que se tourne d’abord le priant puisqu’en Dieu seul est la source du pardon qui vient toucher le cœur de l’homme et l’ouvre au repentir (v. 3-4). Cela lui permet l’aveu de sa faute et plus encore la confession de son état de pécheur (v. 5-7). Mais loin d’être une constatation désolée, repliant sur soi-même, l’aveu tourne à nouveau vers Dieu qui seul peut «créer» – le même verbe était employé tout au début de la Genèse – créer un être nouveau, empli de son Esprit Saint (v. 12-13). Et le pécheur pardonné, l’homme sauvé, se livre à l’action de grâce et va proclamer le salut qui l’a relevé (v. 14-17). Un condensé extraordinaire des sentiments humains, de la brisure du cœur à la joie, de l’aveu impliquant le retour sur soi à l’exultation qui tourne vers les autres, de la désolation de son impuissance native à l’appel confiant envers Celui qui peut tout effacer, tout réparer, tout recréer. Le trajet du péché à la sainteté. Le trajet de l’homme sauvé.

 

Psaume 51 (50)
[1] Du maître de chant. Psaume. De David.
[2] Quand Natân le prophète vint à lui parce qu’il était allé vers Bethsabée.
[3] Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté,
en ta grande tendresse efface mon péché,
[4] lave-moi tout entier de mon mal
et de ma faute purifie-moi.
[5] Car mon péché, moi, je le connais,
ma faute est devant moi sans relâche ;
[6] contre toi, toi seul, j’ai péché,
ce qui est coupable à tes yeux, je l’ai fait.
Pour que tu montres ta justice quand tu parles
et que paraisse ta victoire quand tu juges.
[7] Vois : mauvais je suis né,
pécheur ma mère m’a conçu.
[8] Mais tu aimes la vérité au fond de l’être,
dans le secret tu m’enseignes la sagesse.
[9] Ôte mes taches avec l’hysope, je serai pur ;
lave-moi, je serai blanc plus que neige.
[10] Rends-moi le son de la joie et de la fête :
qu’ils dansent, les os que tu broyas !
[11] Détourne ta face de mes fautes,
et tout mon mal, efface-le.
[12] Dieu, crée pour moi un cœur pur,
restaure en ma poitrine un esprit ferme ;
[13] ne me repousse pas loin de ta face,
ne m’enlève pas ton esprit de sainteté.
[14] Rends-moi la joie de ton salut,
assure en moi un esprit magnanime.
[15] Aux pécheurs j’enseignerai tes voies,
à toi se rendront les égarés.
[16] Affranchis-moi du sang, Dieu, Dieu de mon salut,
et ma langue acclamera ta justice ;
[17] Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche publiera ta louange.
[18] Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice ;
un holocauste, tu n’en veux pas.
[19] Le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé ;
d’un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n’as point de mépris.
[20] En ton bon vouloir, fais du bien à Sion :
rebâtis les remparts de Jérusalem !
[21] Alors tu te plairas aux sacrifices de justice
– holocauste et totale oblation –
alors on offrira de jeunes taureaux sur ton autel.

 

Seigneur, tu mets sur nos lèvres les mots du repentir et de la louange pour que devant toi nous apaisions notre cœur. Tu nous donnes de te prier avec les mots que ton Esprit a inspirés et que tu accueilles en ta tendresse comme le seul sacrifice qui te plaise. Car tu es le Dieu de la vie, qui a créé toutes choses dans le commencement, et qui recrée continuellement en ton pardon ceux qui s’y livrent et dont tu veux faire des hommes nouveaux qui, réconciliés en eux-mêmes et avec toi, pourront bâtir un monde nouveau où la justice et la paix habiteront. Sois béni, Seigneur, pour ta miséricorde qui ne cesse de ruisseler sur le monde, pour les chants rendus à la terre, et pour la mission que tu nous confies de proclamer au monde la joie d’être sauvés, en ton Fils bien-aimé, Celui qui vient. Amen.

   

Vendredi 3 décembre

J'ai péché !

Dieu ne se contente pas d’appeler ses fils rebelles à revenir (Jérémie 3,22) ; il agit. Ainsi est envoyé à David le prophète Natân dont le nom signifie qu’il a été donné. Donné par Dieu à David pour que celui-ci prenne conscience de sa faute. Tout dans ce récit est imagé : la parabole de la brebis de l’homme pauvre, volée et tuée, est enchâssée dans une grande parabole qui parle de mort et d’épée. Seul compte le trajet spirituel de David : la parabole éveille en lui le sentiment de justice, puis lui permet de voir, comme de l’extérieur, le mal qu’il a commis, de le reconnaître, et enfin, sans fard ni excuses, d’avouer : «J’ai péché !» Ne nous indignons pas de la mort de l’enfant qui ne symbolise ici que la conséquence du péché ; il est bien vrai que quelqu’un doit mourir : l’homme pécheur en moi, pour que naisse le fils de Dieu. Admirons plutôt la simplicité et la confiance de David, qui rendent son repentir immédiat et total. Émerveillons-nous du pardon que Dieu donne de façon tout aussi totale et immédiate. L’assurance de ce pardon est symbolisée, un peu plus loin dans le texte, par la naissance d’un autre enfant : un autre fils donné à David et Bethsabée, dont le nom signifie «bien-aimé de Dieu». Ainsi les œuvres mortes des fautes sont-elles par grâce remplacées par des œuvres de vie et de fécondité bénies de Dieu.

 

2 Samuel 12,1-14
[1] Le Seigneur envoya le prophète Natân vers David. Il entra chez lui et lui dit : «Il y avait deux hommes dans la même ville, l’un riche et l’autre pauvre. [2] Le riche avait petit et gros bétail en très grande abondance. [3] Le pauvre n’avait rien du tout qu’une brebis, une seule petite qu’il avait achetée. Il la nourrissait et elle grandissait avec lui et avec ses enfants, mangeant son pain, buvant dans sa coupe, dormant dans son sein : c’était comme sa fille. [4] Un hôte se présenta chez l’homme riche qui épargna de prendre sur son petit ou gros bétail de quoi servir au voyageur arrivé chez lui. Il vola la brebis de l’homme pauvre et l’apprêta pour son visiteur.»
[5] David entra en grande colère contre cette homme et dit à Natân : «Aussi vrai que le Seigneur est vivant, l’homme qui a fait cela est passible de mort ! [6] Il remboursera la brebis au quadruple, pour avoir commis cette action et n’avoir pas eu de pitié.» [7] Natân dit alors à David : «Cet homme, c’est toi ! Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : ‘Je t’ai oint comme roi d’Israël, je t’ai sauvé de la main de Saül, [8] je t’ai livré la maison de ton maître, j’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître, je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda et, si ce n’est pas assez, j’ajouterai pour toi n’importe quoi. [9] Pourquoi as-tu méprisé le Seigneur et fait ce qui lui déplaît ? Tu as frappé par l’épée Urie le Hittite, sa femme tu l’as prise pour ta femme, lui tu l’as fait périr par l’épée des Ammonites. [10] Maintenant l’épée ne se détournera plus jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Urie le Hittite pour qu’elle devienne ta femme.’ [11] Ainsi parle le Seigneur : ‘Je vais, de ta propre maison, faire surgir contre toi le malheur. Je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les livrerai à ton prochain, qui couchera avec tes femmes à la vue de ce soleil. [12] Toi, tu as agi dans le secret, mais moi j’accomplirai cela à la face de tout Israël et à la face du soleil !’» [13] David dit à Natân : «J’ai péché contre le Seigneur!» Alors Natân dit à David : «De son côté, le Seigneur pardonne ta faute, tu ne mourras pas. [14] Seulement, parce que tu as outragé le Seigneur en cette affaire, l’enfant qui t’est né mourra.»

 

Sois béni, Seigneur, toi qui ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Sois béni, toi qui es large en miséricorde et prompt à pardonner. Sois béni, toi qui nous envoies des anges pour nous aider à faire la vérité en nous et à nous tourner à nouveau vers toi. Nous osons te remercier même pour nos faiblesses, car elles nous donnent de prendre la mesure de ta tendresse qui est sans mesure. Viens être le secours de ceux qui ne savent même plus qu’ils peuvent être pardonnés et qui désespèrent. Viens être le pardon de ceux qui ne parviennent pas à pardonner et qui tombent dans la dureté ou l’amertume. Viens, toi qui, en ta chair, a réconcilié l’homme avec Dieu et rendu la vie à tous ses enfants rassemblés. Oui, viens, Seigneur Jésus !

   

Jeudi 2 décembre

Revenez, fils rebelles !

Triste constat : l’homme, au premier jour, n’avait pas su user du don immense de la liberté que lui avait fait son Créateur et avait pris une voie conduisant à la mort ; et tout homme de même, fût-il, comme David, le plus comblé des grâces de Dieu, cède à la convoitise. Mais alors qu’à vue humaine, la rupture avec le Créateur et avec l’harmonie de la création semble consommée, Dieu, lui, ne peut se résigner à la perte de ses enfants. Le prophète Jérémie entrevoit, encore à l’obscur, que, selon le dessein divin, l’homme n’est pas appelé à une soumission d’esclave, mais à la communion avec son Seigneur. Il nous révèle un Dieu qui cherche et appelle comme un père déçu. Un Dieu qui souffre et qui supplie comme un amant bafoué. C’est Dieu qui aime toujours le premier et qui, inlassablement, veut combler la brisure, veut guérir la blessure. Ce que nous apprenons aujourd’hui, pour notre joie, par la bouche du prophète, c’est que Dieu lui-même est notre pardon et qu’il parcourt, à notre place, tout le chemin du retour, pour peu que seulement nous regardions vers lui. N’est-ce pas le Sauveur lui-même que nous allons accueillir au milieu de nous ?

 

Jérémie 3,19-23
[19] Et moi qui m’étais dit : «Comment te placerai-je au rang des fils ? Je te donnerai une terre de délices, l’héritage le plus précieux d’entre les nations. Je me disais : Vous m’appellerez ‘Mon Père’ et vous ne vous séparerez pas de moi. [20] Mais comme une femme qui trahit son compagnon, ainsi m’avez-vous trahi, maison d’Israël, oracle du Seigneur.»
[21] Sur les monts chauves, un cri s’est fait entendre : pleurs et supplications des enfants d’Israël ; car ils ont gauchi leur voie, oublié le Seigneur leur Dieu. - [22] «Revenez, fils rebelles, je veux guérir vos rébellions ! - Nous voici, nous venons à toi, car tu es le Seigneur notre Dieu.» [23] En vérité, les collines ne sont que duperie, ainsi que le tumulte des montagnes. En vérité, c’est dans le Seigneur notre Dieu qu’est le salut d’Israël..

 

Dieu éternel et tout-puissant, toi le Très-Haut, le Maître et le Créateur de toutes choses, qui aimes tes créatures d’un incompréhensible amour, tu viens nous révéler que tu es un Père qui, inconditionnellement, chérit ses enfants. Que tu veux être un Époux qui introduit l’humanité, ton épouse, dans la plénitude de la communion. Puisque nous avons perdu le chemin qui nous conduit à toi, viens toi-même nous guérir, viens nous sauver. Viens, en ta lumière, nous montrer tout ce qui nous attache à de faux biens, tout ce qui nous retient par de fausses joies, alors que toi, Seigneur, tu t’offres à nous, toi qui seul es à la mesure du bonheur que nous cherchons. «Fais-nous revenir, Seigneur, que nous revenions», car tu es notre vie et notre joie éternellement. Amen.

   

Mercredi 1er décembre

L'engrenage du mal

Il fallait bien y arriver… Nous méditons aujourd’hui sur les fautes du saint roi David, et elles ne sont pas des moindres : adultère et mensonge, ruse et homicide… Il faudrait d’ailleurs dire plutôt : la faute, car ce qui frappe en cette histoire est l’engrenage dans lequel le mal broie l’homme imprudent. Qu’y a-t-il eu en effet au départ ? Seulement un regard. Un regard qui aurait pu être d’admiration devant la beauté, et de bénédiction pour les dons du Dieu créateur. Mais qui est devenu un regard de convoitise qui a transformé l’autre en un objet dont il faut s’emparer, ou en un obstacle qu’il faut écarter. Certes nous n’avons pas commis de tels crimes. Mais il est facile de repérer en soi le mécanisme de la convoitise qui doucement peut conduire à la volonté d’accaparement, le mécanisme de la comparaison avec autrui qui peut conduire à la jalousie, et bien d’autres identiques… Non pour s’en désoler ni pour se condamner. Mais pour y être attentif dès les commencements, pour veiller à la porte de son cœur, comme disaient les premiers pères du monachisme. Et pour «apaiser notre cœur», nous dit la 1e lettre de Jean, «si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout» (1 Jean 3,19-20).

 

2 Samuel 11,2-17
[2] Il arriva que, vers le soir, David, s’étant levé de sa couche et se promenant sur la terrasse du palais, aperçut, de la terrasse, une femme qui se baignait. Cette femme était très belle. [3] David fit prendre des informations sur cette femme, et on répondit : «Mais c’est Bethsabée, fille d’Eliam et femme d’Urie le Hittite !» [4] Alors David envoya des émissaires et la fit chercher. Elle vint chez lui et il coucha avec elle, alors qu’elle venait de se purifier de ses règles. Puis elle retourna dans sa maison. [5] La femme conçut et elle envoya dire à David : «Je suis enceinte !» [6] Alors David expédia un message à Joab : «Envoie-moi Urie le Hittite», et Joab envoya Urie à David. [7] Lorsqu’Urie fut arrivé auprès de lui, David demanda comment allaient Joab et l’armée et la guerre. [8] Puis David dit à Urie : «Descends à ta maison et lave-toi les pieds.» Urie sortit du palais, suivi d’un présent de la table royale. [9] Mais Urie coucha à la porte du palais avec tous les gardes de son maître et ne descendit pas à sa maison. [10] On en informa David : «Urie, lui dit-on, n’est pas descendu à sa maison.» David demanda à Urie : «N’arrives-tu pas de voyage ? Pourquoi n’es-tu pas descendu à ta maison ?» [11] Urie répondit à David : «L’arche, Israël et Juda logent sous les huttes, mon maître Joab et la garde de Monseigneur campent en rase campagne, et moi j’irais à ma maison pour manger et boire et coucher avec ma femme ! Aussi vrai que le Seigneur est vivant et que tu vis toi-même, je ne ferai pas une chose pareille !» [12] Alors David dit à Urie : «Reste encore aujourd’hui ici, et demain je te donnerai congé.» Urie resta donc à Jérusalem ce jour-là. Le lendemain, [13] David l’invita à manger et à boire en sa présence et il l’enivra. Le soir Urie sortit et s’étendit sur sa couche avec les gardes de son maître, mais il ne descendit pas à sa maison. [14] Le matin suivant, David écrivit une lettre à Joab et la fit porter par Urie. [15] Il écrivait dans la lettre : «Mettez Urie au plus fort de la mêlée et reculez derrière lui : qu’il soit frappé et qu’il meure.» [16] Joab, qui bloquait la ville, plaça Urie à l’endroit où il savait que se trouvaient de vaillants guerriers. [17] Les gens de la ville firent une sortie et attaquèrent Joab. Il y eut des tués dans l’armée, parmi les gardes de David, et Urie le Hittite mourut aussi..

 

Donne-nous, Seigneur, la vigilance du cœur. Que ton Esprit de science et de sagesse, que tu as répandu sur le monde et dans nos cœurs, nous aide à discerner les tendances, les inclinaisons, les mouvements en nous qui ne donneront pas des fruits de vie. Que ton Esprit de force et d’adoration nous aide à les remplacer par des regards d’admiration, par des pensées de bienveillance, par des mots de bénédiction qui, peu à peu, modèleront notre cœur à l’image du tien. Sois béni, Seigneur, d’être avec nous jusque dans notre péché, toi qui as voulu descendre aux enfers pour en tirer l’homme exilé loin de toi et pour tout ramener dans la lumière. Toi qui vas nous advenir au cœur des ténèbres de l’hiver pour y briller comme notre Soleil de justice et nous rendre la paix. Amen.

   

Mardi 30 novembre

Tous pécheurs

L’homme a tout reçu de Dieu, mais il reste fragile, ballotté entre le bien et le mal que lui découvre sa liberté. «Fais-moi savoir, Seigneur, quelle est la mesure de mes jours, que je sache combien je suis fragile», suppliait le psalmiste (Psaume 39,5). L’apôtre, lui, dans le passage que nous lisons aujourd’hui, nous avertit sans ménagement : tout homme est pécheur et ne pas le reconnaître, c’est se tromper soi-même ; c’est s’opposer à la vérité qui est le Christ. Chacun, même comblé de tous les dons de la grâce de Dieu, demeure un être double, capable de générosité et de dissimulation, désirant Dieu et fuyant loin de lui, dans les ténèbres, alors qu’il est lumière et veut nous aider à faire la clarté en nos vies. Y a-t-il de quoi désespérer ? Non, car si notre nature fragile et blessée nous incline facilement au péché, Dieu se penche avec encore plus de tendresse et de miséricorde sur ses enfants perdus. Jusqu’à leur envoyer son Fils, Jésus, «le Juste», qui a pris notre nature mortelle pour nous revêtir de sa justice.

 

1 Jean 1,5,-2,1
1 [5] Voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons : Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres. [6] Si nous disons que nous sommes en communion avec lui alors que nous marchons dans les ténèbres, nous mentons, nous ne faisons pas la vérité. [7] Mais si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché. [8] Si nous disons : «Nous n’avons pas de péché», nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous. [9] Si nous confessons nos péchés, lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité. [10] Si nous disons : «Nous n’avons pas péché», nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous.
2 [1] Petits enfants, je vous écris ceci pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu’un vient à pécher, nous avons comme avocat auprès du Père Jésus Christ, le Juste.

 

Toi qui es le Chemin et la Vérité, Seigneur Jésus, tu as voulu tout connaître de notre humanité, la fatigue et la faim, la joie de l’amitié et le rejet, l’amour et la violence. Et jusqu’à notre mort douloureuse. Toi qui «sais ce qu’il y a dans l’homme», tu connais notre cœur malade et compliqué, et notre impuissance foncière. Mais toi, le Juste, tu es venu chercher les égarés dans l’injustice ; toi l’Innocent, tu es venu nous justifier. Sois béni de faire route encore vers nous en cet Avent, de venir déchirer les ténèbres qui voilent ton visage et nous dissimulent à nous-mêmes que nous sommes faits pour toi. Oui, viens, Seigneur Jésus, toi qui portes la joie de la réconciliation. Amen.

   

Lundi 29 novembre

Un homme comblé de grâces

La figure de David qui guide notre prière toute cette semaine, semble exceptionnelle : voilà un homme qui, dès l’enfance, est choisi par le prophète Samuel, de préférence à tous ses frères, et qui reçoit l’onction d’huile l’emplissant de l’Esprit de Dieu, faisant de lui un grand roi et l’ancêtre du Messie attendu. Cette histoire ne nous apparaîtrait-elle pas bien lointaine ? Et cependant, chacun de nous est un nouveau David, car chacun de nous est choisi par Dieu, «élu en lui dès avant la fondation du monde» (Éphésiens 1,4) ; chacun de nous est «beau», comme David, de la beauté de Dieu qui l’a créé à son image et ressemblance ; chacun de nous, à son baptême, a reçu l’onction qui l’a fait «prêtre, prophète et roi» et lui donne part à l’Esprit Saint. «Merveille que je suis et que tes œuvres !» (Psaume 139,14)..

 

1 Samuel 16,1.4-13
[1] Le Seigneur dit à Samuel : «Emplis d’huile ta corne et va ! Je t’envoie chez Jessé le Bethléemite, car je me suis choisi un roi parmi ses fils.» (…) [4] Samuel fit ce que le Seigneur avait ordonné. Quand il arriva à Bethléem, les anciens de la ville vinrent en tremblant à sa rencontre et demandèrent : «Ta venue est-elle de bon augure, voyant ?» - [5] «Oui, répondit Samuel, je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur. Purifiez-vous et venez avec moi au sacrifice.» Il purifia Jessé et ses fils et les invita au sacrifice. [6] Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Eliab, il se dit : «Sûrement, le Seigneur a son oint devant lui !» [7] Mais le Seigneur dit à Samuel : «Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais le Seigneur regarde au cœur.» [8] Jessé appela Abinadab et le fit passer devant Samuel, qui dit : «Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi.» [9] Jessé fit passer Shamma, mais Samuel dit : «Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi.» [10] Jessé fit ainsi passer ses sept fils devant Samuel, mais Samuel dit à Jessé : «Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là.» [11] Il demanda à Jessé : «En est-ce fini avec tes garçons ?», et celui-ci répondit : «Il reste encore le plus jeune, il est à garder le troupeau.» Alors Samuel dit à Jessé : «Envoie-le chercher, car nous ne nous mettrons pas à table avant qu’il ne soit venu ici.» [12] Jessé l’envoya chercher : il était roux, avec un beau regard et une belle tournure. Et le Seigneur dit : «Va, donne-lui l’onction : c’est lui !» [13] Samuel prit la corne d’huile et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit du Seigneur fondit sur David à partir de ce jour-là et dans la suite.

 

Seigneur, je te rends grâce pour ton amour qui m’a choisi et voulu de toute éternité. Je te rends grâce pour les dons que tu as déposés en moi, et d’abord pour le don du baptême qui, en ton Fils unique, m’a fait redevenir ton fils – ta fille – bien-aimé. Ne permets pas, Seigneur, qu’au fil des jours ce souvenir de ta miséricorde s’estompe et que je laisse en moi ternir ta ressemblance. Donne-moi de te reconnaître en tous les hommes, mes frères, que tu as créés aussi dans ton amour, porteurs de ton image et animés de ton Esprit, toi qui es notre Père qui veut que tous tes enfants soient sauvés. Amen.

   

Du 29 novembre au 5 décembre

Se repentir avec David

Au terme de la première semaine de l’Avent – que nous entamons aujourd’hui – se dresse la haute silhouette de Jean le Précurseur. La semaine dernière, les textes nous invitaient à veiller, à rentrer en nous-mêmes comme Noé reclus dans son arche, pour y retrouver et y attiser le fragile désir de la venue du Seigneur ; cette semaine ils nous convient plutôt à nous lever et à sortir de nous-mêmes pour aller écouter cet homme. Cet homme reconnaissable entre tous à sa tenue de prophète, puisque le prophète ne se vêt que de matières d’origine animale, cuir et poil, qui rappellent la vie nomade du désert et les débuts fervents de l’alliance avec le Seigneur. Cet homme à la voix puissante, qui s’adresse à tous, au peuple des campagnes galiléennes comme aux grands venus de la capitale, aux religieux comme aux mécréants, avec la vigueur et l’exigence d’un nouvel Élie : «Produisez un fruit qui exprime votre conversion !»

C’est qu’avant d’annoncer le Sauveur, il lui faut ouvrir les cœurs à sa venue. C’est que, derrière sa rudesse, se cache une infinie pitié pour ces hommes faibles et fatigués qui accourent vers lui, soulevés par l’espérance d’ils ne savent quel salut. À travers la véhémence de Jean, à travers l’exigence de conversion qu’il clame, mais aussi par l’issue qu’il offre grâce au baptême d’eau, il nous faut, cette semaine, prendre le temps de nous mêler à cette foule, venue de partout ; de nous reconnaître pour ce que nous sommes : homme parmi les autres, homme comme les autres, «un homme faible à la vie éphémère, peu apte à comprendre la justice», comme se définissait lui-même le grand roi Salomon (Sagesse 9,5).

Et c’est un roi précisément qui nous servira de guide en ce cheminement : le roi David, aimé et choisi par Dieu. Qui a reçu dès l’enfance l’onction de l’Esprit, mais qui est resté capable des plus grands crimes, comme il est capable des plus beaux élans. Un homme pécheur, mais surtout un homme repentant qui, sans cacher sa misère, sait crier vers Dieu. N’est-ce pas seulement ainsi en s’éprouvant en manque de salut que l’on peut commencer à attendre, non plus abstraitement, mais de tout son cœur et de toute sa chair, Celui qui est le Sauveur ?

Car si notre attente est distraite, c’est que nous ne ressentons guère le besoin d’être sauvés. C’est pourquoi il nous faut considérer notre péché. Non pas nos péchés – au pluriel, les fautes et manquements, petits et grands, que nous accumulons au fil des jours, mais qui ne sont que gouttes d’eau dans l’océan de la miséricorde de Dieu – mais notre péché, au singulier : notre état de pécheur ; c’est-à-dire d’être blessé, parfois écartelé entre des désirs contraires, parfois confondant le bien-être et le bien, le plaisir et le bonheur. Ce n’est pas forcément une démarche agréable ni facile. Mais c’est tout l’inverse d’une démarche désespérante. Au contraire : c’est la condition même de notre espérance, car à cette condition seulement nous pourrons éprouver la miséricorde de Dieu. C’est en reconnaissant notre besoin de lui que nous le découvrirons présent à l’horizon de nos vies. À l’horizon de ce temps de l’Avent.