Étape 3 - Espérer avec Jean le Baptiste

Samedi 11 décembre

La joie imprenable

«Ils arriveront à Sion, hurlant de joie ; un bonheur éternel transfigurera leur visage» (Isaïe 35,10). L’Espérance ultime est là. Un jour nous arriverons à Sion hurlant de joie. En cette Jérusalem céleste où Dieu sera pleinement et éternellement tout en tous. Elle attire nos regards, aimante nos vies, oriente nos pas, et déjà éclaire, réjouit, transfigure nos existences.

Notre lectio divina veut nous plonger dans cette grande Espérance, en rejoignant la joie, la formidable joie de Jean-Baptiste. Jean, dans la mouvance du courant essénien de son temps, attendait le Messie qui viendrait comme un Époux. Il reconnaît en Jésus celui qui vient épouser l’humanité. Et toute sa joie, sa toute gratuite joie, sa toute pure joie est là. Il est l’ami de l’Époux. Et il se réjouit de ces Noces, il se réjouit pour l’Époux, pour l’Épouse. Est vraiment ami celui qui se réjouit de l’accomplissement de l’autre. Il y a la joie de l’Épousée ; c’est la joie de l’Église, qui dès maintenant, même à travers les déserts, les épreuves, goûte les prémices de la joie des Noces, la joie de l’Esprit Saint. Mais la joie que Jean-Baptiste nous invite à partager, c’est la joie de l’Ami de l’Époux, la joie de la grande Espérance, la joie de la Jérusalem céleste qui nous attend, la joie de savoir que tous sont promis, la joie pour les autres, la joie pour l’Épouse, la joie pour l’humanité. La joie pour ceux-là mêmes qui ne savent pas, qui ne l’attendent pas, qui ne l’espèrent pas. La joie qui comble. L’imprenable joie.

 

Jean 3,25-29
[25] Il s’éleva alors une discussion entre les disciples de Jean et un Juif à propos de purification : [26] ils vinrent trouver Jean et lui dirent : «Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui !» [27] Jean répondit : «Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. [28] Vous-mêmes, vous m’êtes témoins que j’ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. [29] Qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux qui se tient là et qui l’entend, est ravi de joie à la voix de l’époux. Telle est ma joie, et elle est complète. [30] Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse.
[31] Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel [32] témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l’accueille.[33] Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique.

 

Seigneur, tu nous as fait le don de l’Espérance, de cette grande Espérance qui nous attend un jour et qui nous accompagne, nous porte, nous éclaire, tous les jours. Nous te rendons grâce. Nous te demandons, puisqu’elle un don de toi, de la faire grandir en nous. Nous te demandons, de faire grandir en nous aussi l’humble joie dont elle est pleine, et de nous donner de la répandre autour de nous, pour indiquer silencieusement à ce monde sa lumineuse destinée.

   

Vendredi 10 décembre

L'admirable échange

«Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur» (Isaïe 35,10). Le chemin qui mène à Dieu est un chemin de retour. Un retour vers le lieu d’où nous sommes. La fin ultime de notre vie, notre espérance, est ce retour au Père. La terre aride n’a qu’un temps. Le Christ est l’unique chemin pour ce retour. Il nous ramène au Père.

Le texte que nous méditons aujourd’hui nous donne de nous tenir avec Jean-Baptiste devant Jésus qui s’avance et de l’entendre nous révéler la certitude qui habite son cœur : «Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde». Cela seulement pouvait nous ramener au Père. Le péché nous éloigne de la communion avec Dieu, il nous rend distants, étrangers, différents, inconciliables. Seul le Christ peut nous réconcilier avec Dieu. La vie d’union avec Dieu, la vie d’enfant de Dieu, la vie avec Dieu est la vie de l’Esprit Saint en nous. Là encore, Jean-Baptiste est au seuil. Seul Jésus peut donner ce baptême-là. Pour que l’Esprit Saint habite en nous, il fallait que le péché soit enlevé. Et le Christ réalise l’«admirable échange» que chante la liturgie de Noël. Il prend notre péché, pour nous donner l’Esprit Saint. Il prend chair de la Vierge et nous fait participer de sa divinité. Dans la bouche de l’évangéliste Jean, l’agneau est ce jeune bélier vainqueur dont parle l’Apocalypse. Celui qui part en avant de la mort pour nous en libérer.

 

Jean 1,29-34
[29] Le lendemain, il voit Jésus venir vers lui et il dit : «Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. [30] C’est de lui que j’ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu’avant moi il était. [31] Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c’est pour qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l’eau.»
[32] Et Jean rendit témoignage en disant : «J’ai vu l’Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. [33] Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-là m’avait dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. [34] Et moi, j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu.»

 

Seigneur, aujourd’hui, avec Jean, nous contemplons ta venue, parmi les hommes. Nous contemplons tout ce chemin qui te mènera à ta Passion, et que tu entreprends en toute liberté, en toute souveraineté, pour nous racheter. Tu veux nous donner l’Esprit Saint, afin que nous soyons un avec toi, avec le Père. Pour ce don, nous te magnifions et nous t’adorons. Nous savons que notre péché, s’il est déposé devant toi, devient lieu où tu peux faire surabonder ta grâce. Nous espérons en ton salut.

   

Jeudi 9 décembre

Celui qui vient

«Voici votre Dieu : Il vient lui-même et va vous sauver» (Isaïe 35,4). Voilà qui est bien extraordinaire ! Dieu vient lui-même. Notre espérance est extraordinaire ! Elle est à la hauteur de notre Dieu, de son amour pour nous, de sa fidélité. Parce que Dieu s’est révélé sauveur, parce que tant et tant de fois il l’a prouvé dans l’histoire de son peuple, et dans mon histoire, je sais que je peux attendre cela, avec certitude, sans risquer d’être déçu.

Avec son peuple, au milieu de lui, Jean-Baptiste attend. «Es-tu celui qui vient ?» Non pas celui qui doit venir, ou qui viendra, mais, littéralement : «celui qui vient», celui qui est en train de venir. Il est tout attente parce que pour lui Dieu est Celui qui toujours vient, qui vient dans l’éternel présent. Est-ce que pour moi Dieu est Celui qui vient ? Est-ce que pour moi Jésus est Celui qui vient ? Non pas seulement Celui qui est venu, qui reviendra, mais qui vient. L’Avent veut nous prendre dans cette réalité, présente, actuelle. L’Avent, c’est la célébration de la venue du Seigneur. Notre espérance est bien là – et elle est extraordinaire ! – et elle s’appuie sur des signes concrets, visibles, de la venue, déjà, de Dieu dans nos vies, autour de nous, dans le monde. Déjà, dans nos vies, Dieu a guéri, purifié, relevé ; déjà il a ouvert, sauvé, ressuscité dans nos vies. Il est Celui qui vient et qui agit dans nos vies ; qui a agi, qui agit et qui agira.

 

Luc 7,18-23
[18] Appelant à lui deux de ses disciples, Jean [19] les envoya dire au Seigneur : «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?» [20] Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : «Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?» [21] À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. [22] Puis il répondit aux envoyés : «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; [23] et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi !»

 

Seigneur, tant de fois déjà tu as manifesté en nos vies ta présence, ton amour, ta miséricorde, ton salut. Tu es le Dieu qui sauve. Tu viens dans les situations les plus contrariées, les plus désespérées, dans tous les ratés, les loupés, dans les relations les plus sensibles, les lieux les plus blessés. Et tu sauves. Nous voulons t’adresser pour cela notre reconnaissance. Et te dire notre espérance, encore. Nous savons, nous croyons, qu’aujourd’hui encore tu peux venir, que tu viens, pour sauver. Viens, Seigneur, nous t’attendons.

   

Mercredi 8 décembre

Dans la force de l'espérance

«Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent» (Isaïe 35,3). Parce que c’est dur de marcher dans le désert, et parce qu’une vie encore fragile est en train d’y naître, le désert est à la fois le lieu où on est tenté de se décourager, et le lieu où il ne faut pas se décourager. L’espérance est cette force en nous, cette motion en nous, cette certitude en nous qui soutient ce qui ne doit pas défaillir.

«Que nous faut-il donc faire ?», demande le peuple à Jean-Baptiste. L’espérance nous tend vers un bien promis. Mais comment nous faut-il marcher vers lui ? Faut-il seulement attendre ? Le peuple sent bien qu’il faut «faire quelque chose», mais quoi ? La réponse de Jean vient toucher chacun, là où il est : «Ouvrez-vous ! Élargissez l’espace ! Poussez les murs !» Non pas pour mériter quelque chose, non pas pour faire nous-mêmes notre salut. Mais parce que comment un cœur resserré sur lui-même pourrait-il recevoir ce torrent de grâce qui se prépare ? Jean n’est pas celui qui donnera la grâce. Il est là pour préparer, pour affermir, pour encourager. Parce que, derrière lui, vient celui qui veut se donner sans mesure. Sur cette route vers ce bien qui est toujours devant, notre pas à pas est celui-là. Celui de ces petits gestes à notre portée, ces renoncements à nous-mêmes, qui nous ouvrent à ce bien plus grand. Ces petits actes sont actes d’espérance, parce qu’ils professent que ce monde passe et qu’il est le lieu où nous pouvons recevoir le bien qui ne passera pas. Et c’est pour cela que ces actes mêmes nous fortifient.

 

Luc 3,10-16
[10] Et les foules l’interrogeaient, en disant : «Que nous faut-il donc faire ?» [11] Il leur répondait : «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.» [12] Des publicains aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent : «Maître, que nous faut-il faire ?» [13] Il leur dit : «N’exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit.» [14] Des soldats aussi l’interrogeaient, en disant : «Et nous, que nous faut-il faire ?» Il leur dit : «Ne molestez personne, n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde.» [15] Comme le peuple était dans l’attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s’il n’était pas le Christ, [16] Jean prit la parole et leur dit à tous : «Pour moi, je vous baptise avec de l’eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.»

 

Seigneur, tu nous montres que tu es avec nous sur le chemin, nous inspirant les gestes qui nous ouvrent à toi, et venant toi-même les accomplir en nous. Tu es ce bien que nous attendons, et ce bien qui se donne chaque jour. Tu es notre espérance et notre force au jour le jour. Nous te rendons grâce et nous te prions. Oui, nous voulons renoncer à ces biens qui passent, pour te faire toute la place. Tu viens, petit enfant de la grâce, et notre vie veut être ce lieu où tu vas naître. Viens, Seigneur Jésus !

   

Mardi 7 décembre

Devenir enfants de Dieu

«La gloire du Liban lui est donnée. On verra la gloire du Seigneur» (Isaïe 35,2). La gloire du pays luxuriant est donnée à la terre aride. Le désert ne se transformera pas en pays luxuriant. Si le désert attendait cela, il resterait dans sa désolation. Mais c’est la même gloire qui lui est donnée. Et s’il attend cela, cela seulement, il verra sur lui, en lui, la gloire des humbles, la gloire du Seigneur.

Nos vies peuvent avoir ce côté désertique, aride. Nous pouvons cependant y accueillir la gloire du Seigneur, la même gloire qui déborde à nos yeux de ces lieux apparemment plus féconds. La gloire d’être enfant de Dieu. Le texte que nous méditons aujourd’hui met devant nos yeux la merveilleuse annonce. «Il nous a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.» Notre grande espérance est bien là : vivre devant Dieu, en sa présence, aimés, réconciliés, abandonnés, unis à lui. Notre être enfant de Dieu est inscrit dans le ciel de toute éternité. Il est inscrit dans la Personne du Verbe. Il nous fait fils par la Parole. C’est en accueillant la Parole, c’est en recevant sa Lumière, que nous pouvons nous laisser enfanter à cette vie nouvelle, qui est grâce (c’est un don, gratuit) et vérité (nous sommes cela !). Et c’est de cette lumière que Jean-Baptiste rend témoignage. Témoin de cette espérance, pour nous conduire à la foi.

 

Jean 1,1-15
[1] Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.
[2] Il était au commencement avec Dieu. [3] Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. [4] Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, [5] et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. [6] Il y eut un homme envoyé de Dieu. Son nom était Jean. [7] Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. [8] Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. [9] Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde. [10] Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. [11] Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. [12] Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, [13] lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. [14] Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. [15] Jean lui rend témoignage et il clame : «C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.»

 

Seigneur, nous contemplons cette espérance, qui est la lumière de nos vies. Par ton Fils, tu nous donnes d’être tes enfants. Rien ne peut nous séparer de cette vérité, inscrite en nous depuis notre baptême. Donne-nous de nous ouvrir toujours plus à ta Parole, afin qu’elle prenne et éclaire notre intelligence, notre cœur, notre âme ; qu’elle prenne notre vie, telle qu’elle est, avec ses aridités, et en fasse peu à peu et de plus en plus, une vie d’enfant de Dieu. Notre gloire est là. Nous n’en désirons pas d’autre.

   

Lundi 6 décembre

Dieu fait grâce !

«Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il fleurisse !» (Isaïe 35,1). Ça, c’est de l’espérance ! Ils sont lieux de désolation, de stérilité et pourtant ils sont invités à exulter ! Pourquoi un désert peut-il exulter si ce n’est parce qu’il porte en lui la vie et qu’elle va jaillir, parce qu’au lieu d’être ce qu’on croyait qu’il serait à jamais, il va donner naissance à quelque chose de neuf et les surprendre tous ?

 

Le texte que nous méditons aujourd’hui est l’Évangile de l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste. Jean qui est comme une fleur qui naît dans le désert. Le désert de la stérilité de ce couple, le désert de la stérilité de la Loi. On met souvent en avant dans ce texte l’incrédulité de Zacharie. Certes il n’a pas cru, Zacharie, mais il a espéré. Il avait toutes les raisons, pourtant, avec Élisabeth, de se croire désert. Et pourtant – et c’est cela qui est étonnant – il garde l’espérance, puisqu’il continue de supplier Dieu (1,13). L’espérance est étonnante, elle ne va pas de soi. Est-ce qu’on voit des fleurs pousser dans le désert ? Et cela a suffi au Seigneur pour fondre sur lui, et déployer en lui son dessein de salut. Comme elle est forte la «petite fille Espérance» (Charles Péguy) ! Comme c’est vrai que c’est elle qui tire ses deux grandes sœurs, quand le chemin de la vie est plus aride ! Elle aussi peut faire advenir le dessein de salut. Car la fleur qui doit naître dans l’aridité et la stérilité de la Loi, c’est l’ère de la grâce.

 

Luc 1,5-20
[5] Il y eut aux jours d’Hérode, roi de Judée, un prêtre du nom de Zacharie, de la classe d’Abia, et il avait pour femme une descendante d’Aaron, dont le nom était Élisabeth. [6] Tous deux étaient justes devant Dieu, et ils suivaient, irréprochables, tous les commandements et observances du Seigneur. [7] Mais ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile et que tous deux étaient avancés en âge. [8] Or il advint, comme il remplissait devant Dieu les fonctions sacerdotales au tour de sa classe, [9] qu’il fut, suivant la coutume sacerdotale, désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y brûler l’encens… [11] Alors lui apparut l’Ange du Seigneur, debout à droite de l’autel de l’encens. [12] À cette vue, Zacharie fut troublé et la crainte fondit sur lui. [13] Mais l’ange lui dit : «Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée ; ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jean. [14] Tu auras joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance. [15] Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni boisson forte ; il sera rempli d’Esprit Saint dès le sein de sa mère [16] et il ramènera de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu. [17] Il marchera devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé.» [18] Zacharie dit à l’ange : «A quoi connaîtrai-je cela ? Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge.» [19] Et l’ange lui répondit : «Moi je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle. [20] Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps.»

 

Seigneur, toi qui vois l’espérance la plus secrète, toi qui entends la prière de celui qui se confie à toi, toi qui attends notre espérance pour y déployer le don de ta grâce, nous te confions ces déserts dans nos vies, ces lieux où nous ne croyons plus, où plus personne n’attend de voir naître quoique ce soit, ces lieux morts. Nous croyons que tu peux y déposer la vie. Viens, Seigneur, nous espérons en toi.

   

Du 6 au 12 décembre

Espérer avec Jean-Baptiste

«Qu’êtes-vous allés voir au désert ?» En commençant cette troisième semaine de notre Route de Noël, cette question vient réinterroger notre désir, raviver la détermination qui nous a mis en route, qui nous a poussés à prendre chaque jour, ce temps de retrait, ce temps de silence, ce temps, oui, de désert. C’est la question que, dans l’Évangile de dimanche prochain, Jésus pose aux foules qui avaient suivi Jean-Baptiste. Et en effet, pourquoi va-t-on au désert ? Que cherche-t-on au désert ? Que va-t-on voir au désert, sinon s’il ne serait pas capable de fleurir, lui le stérile, l’inhospitalier ? Il n’attire que pour cela, que parce qu’on espère y voir apparaître les fleurs qui, selon toute évidence, ne devraient pas y pousser. Le désert est un lieu d’espérance.

Ainsi, pour cette troisième étape de notre route, nous allons emboîter le pas à Jean-Baptiste et le laisser réveiller en nous l’espérance. L’espérance est le bien indispensable des marcheurs. Elle est à la fois ce bien que nous ne possédons pas, ce bien qui est devant, toujours, sur lequel nous ne pouvons mettre la main, et à la fois cette lumière, cette force qui nous accompagne. C’est l’espérance qui nous permet de garder le pas, et, «comme si nous voyions l’invisible», de tenir ferme.

Le fil qui nous conduira cette semaine est la première lecture de la liturgie de dimanche, la grande prophétie d’Isaïe du retour d’exil (Isaïe 35,1-10). Tout au long de ce texte, court une formidable espérance. Chaque verset semble nous renvoyer à la personne de Jean-Baptiste, dessiner un trait du visage de Jean-Baptiste qui semble presque incarner cette espérance, être cette espérance en personne. Nous les suivrons donc pas à pas pour qu’ils nous conduisent à Jean, à son espérance, afin que lui-même nous porte au Christ.

Notre espérance n’est pas qu’au terme d’une route qui nous épuise déjà tant elle nous semble longue. Même si elle en est la fin ultime, c’est une fin qui fait irruption à tous les pas de cette route. Il nous faut contempler, aimer, attendre cette grande Espérance, pour pouvoir en reconnaître les jaillissements dans nos vies, pour la laisser éclairer, fortifier, réjouir chacun de ces jours qui nous rapprochent d’elle, pour la reconnaître quand elle vient nous rejoindre, aussi brusquement que des fleurs qui surgissent dans le désert. Demandons la grâce d’être attentifs à ces fleurs que le Seigneur vient faire éclore pour nous cette semaine. Elles sont discrètes, mais tellement belles, les fleurs qui fleurissent dans les déserts !