Samedi 18 décembre

Collaborer pour le bien

«Avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien.» Au terme de cette semaine où nous avons médité avec Joseph sur l’attitude spirituelle juste, face à ce que toute vie humaine recèle d’imprévu, de contrariétés, d’épreuves, voici que la clé théologique nous est apportée par l’apôtre Paul. Et plus clairement encore dans la traduction qu’en donne le latin de la Vulgate : «Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu». Il ne s’agit pas de nier la souffrance ou l’injustice, ni de se satisfaire béatement de la marche faussée du monde. Pas plus qu’il ne convient de voir en «ceux que d’avance Dieu a discernés» une caste d’élus qui jouiraient de privilèges particuliers. Non, c’est tout homme que Dieu a «discerné», ou encore, comme le dit Paul aux Éphésiens, qu’il a «élu en lui dès avant la fondation du monde» (1,4) ; c’est tout homme qui a vocation à «reproduire l’image de son Fils», c’est-à-dire à développer, avec la grâce venue de l’incarnation rédemptrice du Christ, l’image de Dieu déposée en lui au premier jour, jusqu’à redevenir pleinement fils et entrer dans le partage de la gloire et du bonheur trinitaires. Tel est le dessein de Dieu et tel il s’offre à tout homme. Tous ne sont pas appelés à «collaborer» à ce dessein de Dieu à la manière de Joseph, c’est certain ! Mais chacun est appelé à prendre conscience que la manière dont il vit les joies et les épreuves qui tissent toute existence peut hâter ou contrarier la réalisation du Royaume de Dieu. Chacun est appelé à acquiescer profondément à tout ce qui fait croître, en lui et autour de lui, non la division mais l’unité, non la rancune mais la fraternité, non la tristesse mais la joie, non l’accusation et le ressentiment mais l’amour et la paix. Pour que la vie, par-delà les vicissitudes qu’elle peut connaître, déjà lui soit plus douce, et qu’elle porte des fruits d’éternité.

 

Romains 8,28-32
[28] Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a appelés selon son dessein. [29] Car ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères ; [30] et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. [31] Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? [32] Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ?

 

Seigneur, tu as mis en nous, dès avant la fondation du monde, ton image inaltérable pour que nous la fassions grandir vers la ressemblance parfaite. Tu nous as envoyé ton Fils afin qu’il nous apprenne à vivre devant toi en fils libres et aimants, et nous rassemble par sa mort-résurrection, dans l’unité de ton amour. Sois béni pour cet incompréhensible amour qui a mené le Fils à la mort pour que vivent les fils. Sois béni pour ta grâce qui nous fait traverser les plus larges déchirures de nos vies secouées par le mal. Sois béni pour la paix que tu donnes – non pas à la manière du monde – et pour la joie fragile que tu fais éclore jusqu’au cœur des épreuves. Donne-nous de nous abandonner à toi, avec la confiance de l’Enfant de la crèche que nous allons fêter, toi qui es notre Père. Amen.