Étape 5 – Adorer avec Marie

Chaque semaine, un parcours biblique vous est proposé qui conduit au dimanche suivant : une courte introduction suivie du texte biblique et d'une prière. Pensez à télécharger la version imprimable, plus pratique pour vivre votre Route de Noël un peu à distance de l'écran et n'oubliez pas non plus les podcasts !... Sur cette page, les articles «Bible en main» sont publiés jour après jour pendant toute la semaine.

Vendredi 24 décembre

La tendresse du cœur de notre Dieu

Aujourd’hui Zacharie proclame la venue de la lumière. Lui qui avait été plongé dans les ténèbres pour que son cœur s’accoutume peu à peu à la clarté nouvelle dont il avait reçu l’annonce, il clame à présent : «Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël [...] Du haut des cieux, un astre est venu nous visiter ; il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres.»


Nous aussi, ce soir, nous allons chanter la lumière qui se lève. Mais que verrons-nous en arrivant à la crèche ? L’astre qui nous a guidés s’arrêtera au seuil du mystère. Ce que nous allons contempler, c’est un enfant enveloppé de langes. Est-ce bien là la force qui nous sauve, la lumière attendue ? Est-ce bien là le Dieu que nous sommes venus adorer ?  Les peintres ont pressenti la nouveauté de cette lumière. Dans la Nativité de Georges de la Tour, par exemple, on comprend que l’enfant est la lumière non parce qu’il serait resplendissant – quoi de plus humble qu’un nouveau-né enveloppé de langes ? – mais parce qu’il projette une lumière nouvelle sur ceux qui l’entourent.


Adorer Dieu... Nous nous imaginions peut-être comme de toutes petites créatures terrassées par la lumière éclatante de la divinité. Et en un sens, c’est vrai : Dieu reste le tout autre. Mais nous voici aujourd’hui penchés sur un nouveau-né. Au lieu de nous aveugler de sa lumière, il enveloppe toutes choses d’une tendresse nouvelle. Pour l’adorer, il nous faut demander à Marie de nous enseigner la foi au Dieu véritable. Et avec elle qui médite toutes choses en son cœur, nous exultons de joie : quel Dieu est grand comme notre Dieu ?

 

Luc 1,67-79
[67] Et Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et se mit à prophétiser : [68] «Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et délivré son peuple, [69] et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, [70] selon qu’il l’avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, [71] pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. [72] Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, [73] du serment qu’il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder [74] que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions [75] en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. [76] Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, [77] pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés ; [78] grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l’Astre d’en haut, [79] pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix.»

 

Seigneur, ce soir nous allons nous prosterner devant toi. Les crèches de nos églises et de nos maisons sont parfois bien naïves... Tu ne méprises pas, pourtant, ces représentations toutes simples. Elles disent quelque chose de ton humilité, et aussi de ton amour pour notre terre. Avec Marie, nous gardons le silence : ce que nous contemplons est tellement plus grand que ce que nous en percevons ! Dans le silence, nous te demandons la grâce de l’adoration. Ainsi, nous repartirons ensuite par un autre chemin : celui de la confiance et de l’émerveillement. Nous le savons désormais : «Dieu est avec nous» !

   

Jeudi 23 décembre

Un jour redoutable ?

«Le voici qui vient... Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?» Avec la lecture du livre de Malachie, la liturgie donne aujourd’hui une tonalité nouvelle à notre adoration. Dieu est «avec nous», il se révèle à l’œuvre en chacun de ceux que nous rencontrons. Oui, et cependant «qui pourra rester debout quand il se montrera ?» Voilà bien le paradoxe de notre foi chrétienne : nous proclamons que Dieu est tout proche, mais il n’en reste pas moins trois fois saint. Plus exactement, plus Dieu se rend proche, plus nous réalisons combien nous sommes loin, incapables d’accueillir cette proximité, parce que notre cœur a perdu le don de la confiance filiale.


Malachie annonce donc la venue d’un messager pour préparer le chemin devant le Seigneur. Plus loin, il annonce la venue d’Élie, avant le jour du Seigneur. Pourtant, au début de la péricope, le «Seigneur que vous cherchez» est aussi «le messager de l’Alliance que vous désirez». On ne distingue donc pas bien la figure d’Élie de celle du messager, ni la figure du messager de celle du Seigneur lui-même. Malachie laisse ainsi pressentir le mystère de notre salut : celui qui viendra sera le Dieu Très-Haut, mais il sera aussi le messager de l’Alliance, capable de préparer nos cœurs à sa venue. Au bout du compte, c’est toujours Dieu lui-même qui nous rend digne de nous approcher de lui : c’est ce que nous proclamons en lui donnant le nom de Jésus, «Dieu sauve». Ainsi pouvons-nous, comme les fils de Lévi, «aux yeux du Seigneur» présenter l’offrande de notre adoration «en toute justice». Par pure grâce.

 

Malachie 3,1-4.23-24
[1] Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu’il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez ; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient ! dit le Seigneur Sabaot. [2] Qui soutiendra le jour de son arrivée ? Qui restera droit quand il apparaîtra ? Car il est comme le feu du fondeur et comme la lessive des blanchisseurs. [3] Il siégera comme fondeur et nettoyeur. Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme or et argent, et ils deviendront pour le Seigneur ceux qui présentent l’offrande selon la justice. [4] Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréée du Seigneur, comme aux jours anciens, comme aux premières années.
[23] Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que n’arrive le Jour du Seigneur, grand et redoutable. [24] Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils et le cœur des fils vers leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d’anathème.

 

Seigneur, nous t’en prions : ramène le cœur des fils que nous sommes vers leur Père. Ramène notre prière jusqu’à toi qui es plein de bonté, Dieu sauveur. Nous repentir, c’est au fond nous tourner à nouveau vers toi comme vers un Père. Il nous est difficile de connaître la vérité de ta puissance, parce que nous ne sommes jamais tout à fait sûrs que ce soit une puissance d’amour... Marie, que tu as comblée de grâce, sait que toi seul la rend digne de toi. Avec elle qui se sait aimée et sauvée gratuitement, nous t’adorons.

   

Mercredi 22 décembre

Adorer et rendre grâces

Aujourd’hui nous entendons Marie rendre grâce au Seigneur : «Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur». Et pour comprendre le mouvement profond de ce Magnificat que nous avons tant de fois entendu, la liturgie nous propose de nous tenir un peu en compagnie d’Anne, la mère de Samuel : elle vient se prosterner devant Dieu après avoir obtenu l’enfant qu’elle avait instamment demandé. Écoutons-la prier : «Le Seigneur m’a donné cet enfant en réponse à ma demande. À mon tour, je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie.» Anne est stérile. Elle a prié pour que le Seigneur mette fin à sa honte. Marie est vierge. Elle reçoit par pure grâce l’enfant qu’elle n’avait pas demandé. Tout semble séparer ces deux femmes, et pourtant le mouvement de leur cœur est le même. Qu’est-ce que l’action de grâce de Marie, sinon ce mouvement par lequel, comme Anne, elle rend au Seigneur tous les dons qu’il lui a faits ? Voilà pourquoi sa prière est à la fois fière et parfaitement humble : «tous les âges [la] diront bienheureuse», elle reconnaît la grâce dont elle est comblée. Mais elle doit tout à celui qui s’est penché sur elle. Elle lui rend grâce de toute grâce : «Saint est son nom !»


Nous nous préparons en ces jours à adorer l’enfant de la crèche. Avec Anne et Marie, il nous faut avoir l’audace de reconnaître en lui un don qui est pour nous. C’est bien ce que proclame la liturgie de Noël avec Isaïe : «un enfant nous a été donné» (Isaïe 9, 5). Adorer, rendre à Dieu toute louange, ce n’est pas d’abord proclamer sa grandeur infinie. C’est proclamer sa bonté infinie : il nous a tout donné. L’adoration chrétienne n’est jamais loin de l’action de grâces : elle sait que le Dieu immense est aussi le Dieu qui se donne.

 

1 Samuel 1,24-2,1
1 [24] Lorsqu’elle l’eut sevré, elle l’emmena avec elle, en même temps qu’un taureau de trois ans, une mesure de farine et une outre de vin, et elle le fit entrer dans le temple du Seigneur à Silo ; l’enfant était tout jeune. [25] Ils immolèrent le taureau et ils conduisirent l’enfant à Éli. [26] Elle dit : «S’il te plaît, Monseigneur ! Aussi vrai que tu vis, Monseigneur, je suis la femme qui se tenait près de toi ici, priant le Seigneur. [27] C’est pour cet enfant que je priais et le Seigneur m’a accordé la demande que je lui ai faite. [28] À mon tour, je le cède au Seigneur tous les jours de sa vie : il est cédé au Seigneur.» Et, là, ils se prosternèrent devant le Seigneur.
2 [1] Alors Anne fit cette prière : «Mon cœur exulte dans le Seigneur, ma corne s’élève en mon Dieu, ma bouche est large ouverte contre mes ennemis, car je me réjouis en ton secours.»

 

Seigneur, en ce jour, ouvre notre cœur à l’action de grâce. Comme Marie, enseigne-nous à reconnaître que tu fais pour nous des merveilles. Apprends-nous à déceler dans notre vie les signes de ta bonté : tu te souviens de ton amour, tu relèves ceux qui espèrent en toi. Que grandisse en nous la connaissance de ta bonté : ainsi, devant l’enfant de la crèche, nous saurons t’adorer en vérité. Tu manifestes ta toute-puissance en te tournant vers nous : nous te rendons grâce pour ton immense gloire !

   

Mardi 21 décembre

Le Dieu qui vient à nous

Hier nous entendions l’ange annoncer à Marie la merveilleuse nouvelle : elle porte en son sein le Dieu éternel venu sauver son peuple. Il faut la pureté, la simplicité de Marie pour deviner tout de suite comment vivre un si grand mystère : «en ces jours-là», en ces jours où elle est devenue par grâce la demeure de Dieu, «Marie se mit en route rapidement». Elle part visiter sa cousine Élisabeth.


Adorer avec Marie, c’est apprendre à devenir familier du mystère immense de Dieu dans un quotidien très humain. Marie ne se retire pas dans la solitude pour préserver la vie divine qui s’est éveillée en elle. Elle part au contraire sur les routes. Le Dieu qu’elle porte est venu visiter son peuple. Ce grand mystère façonne en elle une prière qui le trouve en toutes choses, et qui dit son adoration tout simplement, par les gestes du service et de l’amitié.


Il nous est bon de vivre ces jours avant Noël en compagnie de Marie. Ils sont sûrement remplis de préparatifs, de travail ou de soucis. Rien de tout cela ne saurait nous empêcher d’adorer : le Dieu qui habite le tréfonds de notre cœur est aussi celui qui fait merveille pour chacun de ceux qui nous entourent. Élisabeth bénit Dieu pour son œuvre en Marie. Marie salue en sa cousine le Dieu qui lui a fait grâce. Parce que chacune accueille en l’autre le don que Dieu y a déposé, leur rencontre devient adoration : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !»

 

Luc 1,39-45
[39] En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. [40] Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. [41] Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. [42] Alors elle poussa un grand cri et dit : «Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! [43] Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? [44] Car, vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. [45] Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur !»

 

Avec la Vierge Marie, nous te le demandons, Seigneur, apprends-nous à adorer. Apprends-nous ce mouvement si simple, si naturel par lequel on passe du silence au partage, quand le cœur a appris à te trouver en toutes choses. Avec Marie nous te présentons aujourd’hui notre vie telle qu’elle est, et aussi ceux que nous aimons, tous ceux que nous côtoyons. C’est vers toi que nous allons quand nous les rencontrons. Aide-nous à contempler en eux la bénédiction dont tu les as comblés, car tu es le Dieu qui fait merveille.

   

Lundi 20 décembre

Demander un signe ?

Quoi de plus bouleversant que l’annonce d’une naissance ? Rien n’a encore changé, et pourtant tout est orienté vers cette vie qui va s’éveiller. Aujourd’hui est un jour tout particulier dans notre retraite, parce que l’Église nous fait entendre une annonce : «Sois sans crainte, Marie [...] Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils.»


Mais cette parole, dite il y a si longtemps à une vierge d’Israël, est-elle aussi pour nous ? C’est ce que suggère la première lecture de ce jour, un peu déconcertante : «Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu», dit le prophète Isaïe. Achaz refuse pour ne pas tenter Dieu. Mais le prophète insiste, et donne le signe que le peuple ne demande pas : «Voici que la jeune femme est enceinte».


Quand Achaz refuse de demander un signe, est-ce par sens de la grandeur infinie de Dieu, ou plutôt parce qu’il ne veut pas prendre le risque de croire que Dieu peut agir dans sa vie ? Veiller, se repentir, consentir… Tous ces appels que nous avons laissé retentir en ces semaines d’Avent nous conduisent là aujourd’hui : avoir le courage et la confiance de demander pour nous un signe. Un signe n’est pas un miracle, ce n’est pas non plus la réponse à toutes nos questions ou la fin de nos doutes. Cela ressemble plutôt à l’annonce d’une naissance. Le signe appelle la foi, pour croire que se prépare dans notre vie ce qui ne se voit pas encore.


Et c’est peut-être ainsi que le cœur s’ouvre à l’adoration : en découvrant que Dieu n’est pas loin, et qu’il nous encourage à guetter les signes de son amour. Isaïe lui donne un nom qui dit de façon toute neuve la grandeur de Dieu : «Emmanuel, Dieu avec nous».

 

Isaïe 7,10-16
[10] Le Seigneur parla encore à Achaz en disant : [11] «Demande un signe au Seigneur ton Dieu, au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus.» [12] Et Achaz dit : «Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas le Seigneur». [13] Il dit alors : «Écoutez donc, maison de David ! est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ? [14] C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. [15] Il mangera du lait caillé et du miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. [16] Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te jettent dans l’épouvante.

 

Seigneur, en ce jour tu interroges notre désir. Avec Isaïe, nous osons te demander un signe : au fond des vallées, dans ces zones ténébreuses où nous n’attendons plus la lumière. Et aussi en haut sur les sommets, parce que tu te révèles dans nos abîmes mais aussi comme le cœur de toutes nos joies. Te demander cela, c’est reconnaître – et ce n’est pas si facile – que toi seul peux faire du nouveau en nos vies. Viens te révéler comme le Dieu proche, afin que nous ayons le courage de te demander d’être présent et vivant en nos existences. Toi le Très-Haut, tu es aussi l’Emmanuel : Dieu avec nous, viens, ne tarde plus !

   

Du 20 au 25 décembre

Adorer avec Marie

Dans quelques jours, à peine une petite semaine, l’Église entière va résonner de cette invitation joyeuse : «Venez adorer !»

Adorer... Nous imaginons Moïse prosterné face contre terre sur la montagne du Sinaï, toute fumante encore de la manifestation de Dieu dans le tonnerre et les éclairs. Adorer, cela nous parle de la grandeur de Dieu et de sa sainteté redoutable. Pourtant, celui que les anges nous invitent à adorer dans la nuit de Noël est un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire.

Peut-être est-ce pour cela que nous sommes en route depuis plus de trois semaines vers la crèche de Bethléem : Dieu dérange toujours un peu – ou beaucoup – les idées que nous avons de lui. Pour découvrir le visage du vrai Dieu, il nous a fallu veiller et nous repentir. Il nous a fallu aussi espérer et consentir. Il faut du temps, en effet, pour oser croire à la façon étonnante et si simple dont Dieu choisit d’être à l’œuvre... Tout cela nous a préparé à adorer : non parce que nous serions ainsi plus «présentables» devant l’enfant de la crèche, mais plutôt parce que notre cœur est un peu plus désarmé, désencombré, pour accueillir la merveille qui va nous être révélée.

À vrai dire, terminer notre retraite en cette semaine qui précède Noël pourrait sembler un véritable défi... Ces jours seront remplis des préparatifs de la fête qui approche. Peut-être sont-ils aussi marqués par l’épreuve, les soucis, ou le poids de la solitude plus douloureuse à l’approche de ce temps de joie et de convivialité. Mais rien de tout cela n’est étranger au chemin que nous avons commencé. Une retraite, bien sûr, nous invite à venir un peu à l’écart, mais ce n’est pas pour oublier ce qui fait la trame de notre quotidien. Il s’agit plutôt d’apprendre, dans l’écoute de la Parole, à y lire les signes de Dieu qui vient nous rejoindre.

Pour nous guider jusqu’à la crèche et nous introduire dans l’adoration véritable, nous allons vivre cette semaine en compagnie de Marie : une fille de notre terre, qui a connu nos joies et nos peines. En elle, la Parole s’est incarnée parce qu’elle a trouvé un cœur disponible pour l’écouter. Avec Marie, nous lirons les textes que propose chaque jour la liturgie. En cette semaine préparatoire à Noël, tout nous invite à attendre la lumière qui va se lever, qui déjà se lève.

En route donc, jusqu’à Bethléem ! Emportons avec nous ce que nous avons de plus précieux, pour l’offrir bientôt à l’enfant de la crèche : notre désir, mais aussi nos inquiétudes, nos pauvretés et nos richesses. Toute l’épaisseur de notre vie d’homme, qui peut devenir adoration du Dieu qui vient à notre rencontre !