Route de Pâques 2011 - Étape 0

Entrer dans la foi

Voilà. Ça y est. Il faut partir. «Maintenant s’ouvre pour vous le chemin de l’Évangile, dit le prêtre à ceux qui commencent leur chemin vers le baptême. Entrez dans la foi : faites la connaissance du Dieu vivant qui a vraiment parlé aux hommes ; confiez-vous à sa sagesse, en marchant à la lumière du Christ ; croyez en lui de tout votre cœur, en lui remettant chaque jour votre vie. Sur ce chemin de la foi, le Christ vous conduira, dans la charité, pour que vous ayez la vie éternelle» (rituel de l’entrée en catéchuménat). Que nous soyons baptisés depuis des années déjà ou bien encore comme ces nouvelles plantes qui s’abreuvent assidûment à la source encore toute neuve de leur baptême, la route est la même : en marchant vers Pâques, nous marchons vers la source, celle qui «jaillit en vie éternelle» (Jean 4,14).

 

Comment faire ? Deux signes nous sont donnés aujourd’hui : celui du chemin, pour que nous y avancions résolument, et puis – le signe des signes – celui de la croix. Comme le nouveau catéchumène qui reçoit sur son front, puis sur son être tout entier, le signe de sa «nouvelle condition» au jour de son entrée dans l’Église, nous allons aujourd’hui nous laisser marquer de la croix et nous entendrons : «Convertis-toi et crois à l’Évangile». Tout est là : notre fragilité signifiée par la cendre ; la puissance de la croix du Christ tracée au cœur même de cette fragilité ; le chemin ouvert pour que nous y courions vers l’amour de notre Père ; et le moyen d’y parvenir : la foi.

Avançons-nous donc avec joie ! Le Carême n’est pas le temps de la tristesse ou de la morosité, mais celui de la renaissance. Ce qui est mort en nous revivra, pour peu que nous laissions la croix s’y «poser comme un sceau» (Cantique 8,6). Que ce ne soit donc pas seulement notre front mais aussi, comme les nouveaux membres de l’Église, nos oreilles qui soient «marquées de la croix (…) pour que nous écoutions la voix du Seigneur» ; nos yeux, «pour que nous voyions la lumière de Dieu» ; notre bouche, «pour que nous répondions à la parole de Dieu» ; notre cœur, «pour que le Christ habite en nous par la foi» ; et nos épaules, «pour que nous portions joyeusement le joug du Christ» (rituel de l’entrée en catéchuménat). Marqués tout entier du signe de la croix, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, nous marcherons sans faiblir vers le jour sans fin de notre salut : la pâque du Seigneur.