Étape 0 - Entrer dans la foi


Chaque semaine, un parcours biblique vous est proposé à partir du thème du dimanche qui guide toute la semaine : une courte introduction suivie du texte biblique et d'une prière. Pensez à télécharger la version imprimable, plus pratique pour vivre votre Route de Pâques un peu à distance de l'écran et n'oubliez pas non plus les podcasts !... Sur cette page, les articles «Bible en main» sont publiés jour après jour pendant toute la semaine.

Samedi 12 mars - La foi pour tous

«C’est maintenant le moment favorable»


Qui peut être sauvé ? C’est la question posée par des disciples un peu découragés devant les exigences de la «sequela Christi»... Mais l’évangile de ce jour nous répond : tous ! Tous peuvent être sauvés parce que tous sont invités à la table du Royaume. Même Lévi dont les poches devaient déborder de trafics en tous genre, même la femme adultère devant qui Jésus baisse les yeux comme on le ferait devant plus grand que soi, même la ribambelle de pécheurs attablés chez Matthieu pour profiter de l’aubaine du festin offert autant, sinon plus, que de la présence du rabbi de Nazareth, même nous qui nous condamnons parfois plus vite que le tribunal céleste – si «tribunal» il y avait ! – n’aurait jamais pu le faire... Tous peuvent être sauvés car tous sont appelés au salut. Or, «c’est maintenant le moment favorable», nous dit l’apôtre. Ne remettons pas à demain notre mise en route ! Le chemin est clairement tracé devant nous : c’est celui du «repentir». Entrer dans le repentir, ce n’est pas autre chose que d’entrer dans la foi : si je peux, sans crainte, être ce que je suis en vérité devant Dieu, quelles que soient mes failles et mes pauvretés, mes compromissions avec le péché, n’est-ce pas parce que je crois que Dieu m’appelle, m’aime et me sauve ? Que ce jour soit donc pour nous celui de la confiance.

 

Luc 5,27-32
[27] Jésus remarqua un publicain du nom de Lévi assis au bureau de la douane, et il lui dit : «Suis-moi.» [28] Et, quittant tout et se levant, il le suivait. [29] Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de publicains et d’autres gens qui se trouvaient à table avec eux. [30] Les Pharisiens et leurs scribes murmuraient et disaient à ses disciples : «Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ?» [31] Et, prenant la parole, Jésus leur dit : «Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades ; [32] je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir.»


Seigneur de miséricorde et de pardon, aujourd’hui tu appelles tout homme à entrer dans ton salut. En toi il n’y a de place ni pour le mépris ni pour l’exclusion : tu aimes tout ce qui existe et tu appelles tout homme à ta joie. Que ton Esprit transforme nos cœurs parfois si prompts à condamner ou à exclure et les fasse entrer dans la joie du repentir. En reconnaissant nos fautes, nous serons pardonnés ; en ouvrant notre cœur à ta tendresse, nous serons relevés ; en aimant nos frères, nous nous approcherons, ensemble, de ton Royaume. Béni sois-tu !

   

Vendredi 11 mars - La foi qui aime

«Dieu l’a fait péché pour nous»


On accuse souvent Dieu soit d’impuissance soit d’indifférence devant le mal. Le monde souffre et pleure, et parfois tout près de nous, parfois dans notre propre maison, notre propre famille… Et Dieu ? De deux choses l’une : soit il ne veut rien faire, soit il ne peut rien faire. C’est l’un ou l’autre. Il n’y a pas d’autre possibilité. Mais écoutons ce que nous dit l’évangile de ce jour : l’Époux est avec nous. Nous ne sommes pas seuls. L’Époux qui est Dieu est avec nous. Dieu dont notre foi nous dit qu’il est avec nous est aussi le Dieu qui nous aime, le Dieu qui est «pour nous». Et il ne nous aime pas du haut d’un ciel confortablement protégé : «Dieu l’a fait péché pour nous», nous dit saint Paul. Quand on aime, on est capable de tout échanger – et même on voudrait le faire, n’est-ce pas ? – : la meilleure place contre la dernière, la santé contre la maladie, le péché contre la communion retrouvée avec Dieu. Quand elle contemple ce mystère sur le visage du Christ, la liturgie de l’Église parle de «l’admirable échange». Tout ce qui nous coupait de Dieu, le Fils l’a pris sur lui pour nous donner à la place ce qu’il pouvait nous donner de plus précieux : l’indéfectible confiance du Fils envers son Père qui est aussi son Dieu. Tel l’époux qui donne sa vie pour son épouse, il a pris la place de celui qu’éprouvent le mal et le péché. Il a pris son visage. Que je puisse en ce jour le contempler sur le visage de tout homme qui souffre !

 

Matthieu 9,14-15
[14] Les disciples de Jean s’approchent de Jésus en disant : «Pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous, et tes disciples ne jeûnent pas ?» [15] Et Jésus leur dit : «Les compagnons de l’Époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’Époux est avec eux ? Mais viendront des jours où l’Époux leur sera enlevé ; et alors ils jeûneront.»


Seigneur, tu te tiens au milieu de ton peuple comme l’époux devant l’épouse. Par amour, tu sers ; par amour, tu livres ta vie en sacrifice pour que coule le vin nouveau au pressoir du Golgotha. Tu es l’époux qui attend l’épouse. Que nous ne te laissions pas attendre, Seigneur ! Que nous nous hâtions d’échanger avec toi nos tuniques de faiblesse et de péché contre la robe nuptiale dont tu revêts tous ceux qui s’approchent avec foi de ta croix. Parce que tu nous as aimés jusqu’à l’extrême, Seigneur, béni sois-tu.

   

Jeudi 10 mars - La foi pascale

«Laissez-vous réconcilier avec Dieu»


Aujourd’hui l’appel se précise : «Laissez-vous réconcilier avec Dieu». Remarquons qu’il n’est pas dit «Réconciliez-vous», mais «Laissez-vous réconcilier». Car c’est Dieu, une fois de plus, qui a l’initiative. C’est Dieu qui prononce le premier mot de l’amour et se laisse lui-même entraîner jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la mort. «Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté, qu’il soit tué et que, le troisième jour, il ressuscite», lisons-nous dans l’évangile de ce jour. La foi que nous voulons vivre est une foi pascale, une foi qui n’a pas peur de la mort parce que le Christ l’a regardée en face une fois pour toutes et qu’il s’est montré plus fort qu’elle. Voilà pourquoi nous pouvons le suivre, même en prenant «notre croix chaque jour», même s’il fallait y «perdre sa vie», car alors, et alors seulement, nous serons sauvés. Entrer dans la Pâque du Christ – et c’est bien ce que nous voulons vivre en ce Carême –, c’est nous laisser faire par l’Esprit comme le Christ s’est laissé faire par l’amour brûlant de son Père. C’est nous laisser recréer au souffle de la grande réconciliation pascale qui naît de la croix. Se laisser faire… Il y a là plus de souplesse que de passivité ; plus de docilité que d’abaissement. Simplement marcher derrière lui, avec le poids du jour comme il vient, comme il est, dans une grande espérance pascale. Et si c’était notre chemin de ce jour ?

 

Luc 9,22-25
[22] Jésus disait à ses disciples : «Le Fils de l’homme, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.» [23] Et il disait à tous : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive. [24] Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. [25] Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?»


Seigneur et maître de nos vies, par ta croix, tu as réduit la mort à l’impuissance et c’est pourquoi nous ne craignons pas de te suivre, même dans la mort. Ce que tu es devant ton Père, apprends-nous à le devenir à ta suite : fils de la confiance et de l’espérance. Sois béni d’être venu nous réconcilier avec le Père, avec nos frères et avec nous-même. Que la certitude d’être aimés et pardonnés nous pousse au large, afin que, quels que soient le poids du jour et les obstacles sur le chemin, nous marchions joyeusement à ta suite, jusqu’en ton Royaume.

   

Mercredi 9 mars - La foi en secret

«Dieu vous adresse un appel»


Dieu nous appelle. Seule cette certitude peut nous mettre en route. Ce n’est pas nous qui allons trouver le moyen d’aller vers Dieu mais c’est d’abord lui qui nous appelle à nous tourner vers lui et, en nous appelant, nous donne les moyens, la force et la joie de le faire ! Oui, Dieu nous adresse un appel. Mais à quoi ? Dans l’évangile de ce jour, l’appel est triple : prier, jeûner et faire l’aumône. Autant de «pratiques» typiques du Carême, n’est-ce pas ? Mais à la limite, si l’on s’y arrêtait, elles pourraient nous faire passer à côté du véritable enjeu de ce que la liturgie décrit comme un «combat spirituel» (voir l’oraison d’ouverture de l’eucharistie de ce mercredi des Cendres). Car il ne s’agit pas tant de faire de nouvelles choses ou de nouveaux efforts, d’inventer de nouveaux sacrifices ou de nouvelles privations – en quoi cela réjouirait-il notre Dieu ? – que de nous tourner radicalement vers lui pour apprendre de lui ce que veut dire être son fils ; que d’entrer, sous la conduite de l’Esprit Saint, à l’école de la foi. Un mot nous guidera pour cette journée : le «secret». «Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra», affirme l’évangile à trois reprises. Voilà donc l’appel qui nous est adressé. Le Père qui est présent dans le secret, t’invite, aujourd’hui, à le rejoindre dans le secret. Le Père qui veut faire de toi son fils, t’invite à faire le premier pas de la foi, au plus secret de ton cœur.

 

Matthieu 6,1…18
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : [1] «Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d’eux ; sinon, vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. [2] Quand donc tu fais l’aumône, ne va pas le claironner devant toi ; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d’être glorifiés par les hommes ; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. [3] Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, [4] afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. [5] Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu’on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. [6] Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. […] [16] Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu’ils jeûnent. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. [17] Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, [18] pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.»


Seigneur de tendresse, tu nous appelles aujourd’hui à nous tourner résolument vers toi. Tu nous ouvres les portes de la prière, du jeûne et de la charité pour que se brise la suffisance de notre cœur et que nous consentions à être en vérité ce que nous sommes : tes enfants. Tu nous marques du signe de la croix pour que, comme et avec les catéchumènes, «nous nous appliquions à connaître le Christ et à le suivre». Et puisqu’en nous, la source du baptême ne demande qu’à s’épancher pour vivifier nos déserts, montre-nous le chemin, au plus secret de notre cœur, qui nous conduira sûrement et sans faillir jusqu’à la joie qui ne passe pas.