Étape 1 - La foi de Jésus


Chaque semaine, un parcours biblique vous est proposé à partir du thème du dimanche qui guide toute la semaine : une courte introduction suivie du texte biblique et d'une prière. Pensez à télécharger la version imprimable, plus pratique pour vivre votre Route de Pâques un peu à distance de l'écran et n'oubliez pas non plus les podcasts !... Sur cette page, les articles «Bible en main» sont publiés jour après jour pendant toute la semaine.

Samedi 19 mars - Croire en un Dieu proche

«Des anges le servaient»


«Alors le diable le quitte», rapporte sobrement l’évangéliste. C’est fini, «jusqu’au moment favorable», précise Luc (4,13). Et des anges le servent, signes efficaces et manifestes de la proximité de Dieu. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu proche. C’est aussi cela la foi. Non pas l’obéissance exceptionnelle et quasi héroïque d’un seul, qu’il nous reviendrait d’imiter le moins mal possible, mais la douce et quotidienne confiance dans le Père du ciel. Il voit, il sait, il est là. Qu’avons-nous à nous soucier ? Bien sûr la vie nous oblige à un certain nombre de préoccupations légitimes, mais au fond, le croyant que nous apprenons un peu plus chaque jour à devenir, sait qu’il est dans la main de Dieu. Ce qui, en Jésus, a vaincu l’ennemi, ce n’est pas une force supérieure à la nôtre, ce n’est pas une science supérieure à la nôtre, c’est son amour confiant, son amour croyant, son amour obéissant. Et ce chemin-là est à notre portée. Au terme de cette première semaine de carême, nous voici renvoyés au plus concret de nos existences. La foi qui s’est pleinement déployée en Jésus, dans sa confiance donnée une fois pour toutes à son Père, quoi qu’il en coûte, cette foi-là, puisqu’elle «rend possible la nôtre» (Romano Guardini), peut aussi transformer notre vie.

 

Matthieu 6,26-34
[25] «Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? [26] Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? [27] Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? [28] Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. [29] Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. [30] Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! [31] Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? [32] Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. [33] Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. [34] Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.»


Je crie vers toi, Seigneur, prends pitié de moi. J’ai pris la route du désert pour que mon âme te cherche dans la foi. Comme Abraham, je recevrai la terre en héritage, là où coulent le lait et le miel, là où jaillit le fleuve de la vie incorruptible. Sois béni, Fils éternel, qui as opéré le salut au milieu de la terre. Par toi le jardin inaccessible s’est rouvert devant nous. En toi, nous connaissons la foi véritable. C’est pourquoi nous te chantons : béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)

   

Vendredi 18 mars - La foi qui adore

«C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras
et c’est lui seul que tu adoreras»


À la troisième tentative, qui est aussi la troisième tentation, l’adversaire se démasque. Il frappe à découvert, caricaturant sans vergogne les promesses divines : fais alliance avec moi ! La gloire, et tous ces royaumes que tu contemples du haut de la montagne, tout peut être à toi si tu m’adores ! Jésus répond avec la même sobriété, en citant l’Écriture, toujours au livre du Deutéronome : «C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras et c’est lui seul que tu adoreras» (Matthieu 4,10). Il aurait pu parler en qualité de Fils de Dieu, opposer le lien unique et infrangible qui l’unit au Père à cette parodie d’alliance avec le Mauvais ! Mais non : c’est en disciple et en croyant que Jésus résiste pour la troisième fois à l’adversaire. La Parole lui suffit, comme elle nous suffit à nous aussi, pour peu que nous la gardions attachée «à [notre] main comme un signe, sur [notre] front comme un bandeau» (Deutéronome 6,8). «Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur» (6,4). Tout est là. Au début de ce carême, l’important n’est peut-être pas d’accumuler les efforts ou les privations – à chacun de se situer dans un vrai engagement et une sage mesure – mais plutôt de vouloir «de tout son cœur, de toute son âme et de tout son pouvoir» (6,5), écouter la Parole de Dieu, se référer à elle pour qu’elle oriente toute notre vie, la laisser réjouir notre cœur et nourrir notre âme. Alors elle fera de nous, à l’image du Fils unique, des fils à qui, déjà, est promis l’héritage : le Royaume des cieux.

 

Deutéronome 6,4-13
[4] Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. [5] Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. [6] Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! [7] Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout ; [8] tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau ; [9] tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. [10] Lorsque le Seigneur ton Dieu t’aura conduit au pays qu’il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, aux villes grandes et prospères que tu n’as pas bâties, [11] aux maisons pleines de toutes sortes de biens, maisons que tu n’as pas remplies, aux puits que tu n’as pas creusés, aux vignes et aux oliviers que tu n’as pas plantés, lors donc que tu auras mangé et que tu te seras rassasié, [12] garde-toi d’oublier le Seigneur qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. [13] C’est le Seigneur ton Dieu que tu craindras, lui que tu serviras, c’est par son nom que tu jureras.


Que j’entonne le chant de ta gloire, Seigneur, car tu as terrassé l’ennemi ! Loué sois-tu, mon Sauveur, pour la victoire de ton obéissance ! Accorde-moi d’écouter ta Parole qui appelle les pécheurs à la conversion : que, sans tarder, je revienne à la maison du Père. Exauce-moi, Toi le Dieu puissant. D’un cœur pur, apprends-moi à te prier. Alors, dans la joie, nous chanterons l’immense gloire de ton règne, quand, par ta résurrection, tu feras toute chose nouvelle (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême).

   

Jeudi 17 mars - La foi qui fait confiance

«Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu»


La seconde tentation nous emmène avec Jésus sur le pinacle du Temple. C’est la ville ; il y a probablement du monde. Ce serait l’occasion idéale pour Jésus de faire un coup d’éclat et d’emporter d’un seul coup la foi de tous ceux qui auraient vu le miracle... Il y a de quoi y réfléchir à deux fois. Le Père le laisserait-il s’écraser en bas, lui son «Fils bien aimé» en qui il a «mis tout son amour» (Matthieu 3,17) ? Certainement pas ! Mais c’est encore avec le livre du Deutéronome que Jésus répond au diable. «Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu». Jésus ne prend ni le chemin de l’éclat, ni celui de la violence, il prend celui de l’obéissance et de l’écoute de la Parole. Debout sur le pinacle, son regard domine la ville ; tout est possible. Mais Jésus choisit en cet instant de ne chercher, de n’écouter et de ne servir que Dieu. Non qu’il craigne la «colère» que Dieu réserve à ceux qui voudraient «suivre d’autres dieux, d’entre les nations» (Deutéronome 6,14) – il s’agit d’un anthropomorphisme, une façon humaine de parler de Dieu, qui vise à faire grandir la foi du peuple – ; non, Jésus ne craint pas son Père, mais il veut entièrement et totalement lui obéir. Le démon a voulu l’entraîner au plus loin, au plus tentant, là où Jésus aurait pu prendre la place de son Père, sortir de sa condition filiale, mais Jésus repousse une fois pour toutes cette perspective pour embrasser la foi. Dieu le conduira, lui aussi, lui et tous ses frères réconciliés, vers un «heureux pays» (Deutéronome 6,18). Dieu fera «des prodiges grands et terribles» (Deutéronome 6,22) à l’heure qu’il voudra et comme il voudra, et il fera vivre tous ceux qui font le choix de s’en remettre entièrement à lui. Puissions-nous être trouvés parmi eux !

 

Deutéronome 6,14-25
[14] Ne suivez pas d’autres dieux, d’entre les dieux des nations qui vous entourent, [15] car c’est un Dieu jaloux que le Seigneur ton Dieu qui est au milieu de toi. La colère du Seigneur ton Dieu s’enflammerait contre toi et il te ferait disparaître de la face de la terre. [16] Vous ne mettrez pas le Seigneur votre Dieu à l’épreuve, comme vous l’avez mis à l’épreuve à Massa. [17] Vous garderez les commandements du Seigneur votre Dieu, ses instructions et ses lois qu’il t’a prescrites, [18] et tu feras ce qui est juste et bon aux yeux du Seigneur afin d’être heureux, et de prendre possession de l’heureux pays dont le Seigneur a juré à tes pères [19] qu’il en chasserait tous tes ennemis devant toi ; ainsi l’a dit le Seigneur. [20] Lorsque demain ton fils te demandera : «Qu’est-ce donc que ces instructions, ces lois et ces coutumes que le Seigneur notre Dieu vous a prescrites ?» [21] Tu diras à ton fils : «Nous étions esclaves de Pharaon, en Égypte, et le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte par sa main puissante. [22] le Seigneur a accompli sous nos yeux des signes et des prodiges grands et terribles contre l’Égypte, Pharaon et toute sa maison. [23] Mais nous, il nous a fait sortir de là pour nous conduire dans le pays qu’il avait promis par serment à nos pères, et pour nous le donner. [24] Et le Seigneur nous a ordonné de mettre en pratique toutes ces lois, afin de craindre le Seigneur notre Dieu, d’être toujours heureux et de vivre, comme il nous l’a accordé jusqu’à présent. [25] Telle sera notre justice : garder et mettre en pratique tous ces commandements devant le Seigneur notre Dieu, comme il nous l’a ordonné.»


Seigneur, s’il m’arrive de faire de moi une idole et d’endurcir mon cœur, de ne pas écouter ta voix et de désobéir à ta Parole, prends pitié de moi ! Guide-moi sur le sentier de tes commandements. Enseigne-moi, ô mon Sauveur, à faire ta volonté. Cache-moi dans les profondeurs du repentir et relève-moi au matin de ta Pâque. Toi le seul Ami des hommes qui a le pouvoir de pardonner, béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)

   

Mercredi 16 mars - Le pain de la foi

«Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu»


Le pain de la foi. Il nous est dit qu’au désert, Jésus n’a rien mangé pendant quarante jours... Ce chiffre «quarante» n’est évidemment pas anodin : il est là comme un marqueur pour renvoyer le lecteur averti que nous voulons être à la grande expérience fondatrice d’Israël au désert : l’exode. Jésus s’inscrit dans la ligne du peuple de Dieu. Jésus revisite l’histoire de son peuple pour la mener à son terme. Dans le désert, le peuple avait réclamé de quoi boire et de quoi manger et Dieu avait fait sourdre l’eau du rocher (Exode 17,6 ; Nombres 20,11) et tomber la manne (Exode 16,14-18.31 ; Deutéronome 8,3) – et même les cailles (Exode 16,13 ; Nombres 11,31-32) ! Mais Jésus ne mange pas de pain, pour qu’il soit clair non seulement que «l’homme ne vit pas seulement de pain» – c’est sa réponse au diable – (Deutéronome 8,3), mais encore que sa nourriture à lui «est de faire la volonté de celui qui [l’]a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin» (Jean 4,34). La première tentation de Jésus le conduit là où se joue la confiance concrète : le boire et le manger, le souci de son propre corps... Toutes choses bonnes et importantes cependant, mais que le temps du carême, le «saint jeûne», comme l’appelle la liturgie, nous invite à relativiser, c’est-à-dire à rapporter à Dieu qui, non seulement veille sur nous mais encore nous promet le meilleur : l’«heureux pays» où coulent l’huile de sa compassion et le miel de sa tendresse.

 

Deutéronome 8,1-10
[1] Vous garderez tous les commandements que je vous ordonne aujourd’hui de mettre en pratique, afin que vous viviez, que vous multipliiez et que vous entriez dans le pays que le Seigneur a promis par serment à vos pères et le possédiez. [2] Souviens-toi de tout le chemin que le Seigneur ton Dieu t’a fait faire pendant 40 ans dans le désert, afin de t’humilier, de t’éprouver et de connaître le fond de ton cœur : allais-tu ou non garder ses commandements ? [3] Il t’a humilié, il t’a fait sentir la faim, il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n’aviez connue, pour te montrer que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur. [4] Le vêtement que tu portais ne s’est pas usé et ton pied n’a pas enflé, au cours de ces 40 ans ! [5] Comprends donc que le Seigneur ton Dieu te corrigeait comme un père corrige son enfant, [6] et garde les commandements du Seigneur ton Dieu pour marcher dans ses voies et pour le craindre. [7] Mais le Seigneur ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d’eau, de sources qui sourdent de l’abîme dans les vallées comme dans les montagnes, [8] pays de froment et d’orge, de vigne, de figuiers et de grenadiers, pays d’oliviers, d’huile et de miel, [9] pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne manqueras de rien, pays où il y a des pierres de fer et d’où tu extrairas, dans la montagne, le bronze. [10] Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras le Seigneur ton Dieu en cet heureux pays qu’il t’a donné.


À ton peuple, Seigneur, tu as donné la manne, le pain du ciel, figure de la chair de ton Fils, lui le pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde. Aujourd’hui accorde-moi la faim de ta Parole, que je me rassasie de tes volontés. Convertis-moi, Seigneur et je serai converti, toi qui connais mon désir le plus caché. Relève-moi, ô Christ, que j’achève sans encombre la course qui me conduit vers l’heureux pays préparé pour tous ceux qui te cherchent ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)

   

Mardi 15 mars - La foi du Fils de l'homme

«Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim»


Dieu a pris le chemin de l’homme. Reprendre sa création pour la conduire à son accomplissement, c’est-à-dire à la pleine réconciliation, c’était passer par tous les chemins par lesquels passe l’homme : la peur, la fatigue, l’angoisse, la douleur, la faim, rien n’est resté étranger à Dieu dans la personne de son Fils. Il n’a pas triché avec la condition humaine. Il fallait qu’il soit «en tout semblable à ses frères», dit la lettre aux Hébreux (2,17) dont nous méditons aujourd’hui deux passages. Les Pères l’ont toujours souligné : ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé. «Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine» (Hébreux 2,11). Si le Christ n’avait pas ouvert la voie, nous ne saurions pas vraiment, pas totalement, ce que c’est que croire. Sans doute saurions-nous ce qu’est un acte de foi, peut-être même serions-nous capables de réciter un «credo», mais nous ne connaîtrions pas la véritable profondeur de la foi qui ne se révèle en plénitude que dans l’être de Jésus. Aujourd’hui, une invitation nous est adressée : rejeter l’incrédulité qui nous détacherait du Dieu vivant (cf. Hébreux 3,12) et marcher sur les traces du «chef de notre foi» (Hébreux 12,2) en «retenant inébranlablement jusqu’à la fin, dans toute sa solidité, notre confiance initiale» (Hébreux 3,14).

 

Hébreux 3,12-14
[12] Prenez garde, frères, qu’il n’y ait peut-être en quelqu’un d’entre vous un cœur mauvais, assez incrédule pour se détacher du Dieu vivant. [13] Mais encouragez-vous mutuellement chaque jour, tant que vaut cet aujourd’hui, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. [14] Car nous sommes devenus participants du Christ, si toutefois nous retenons inébranlablement jusqu’à la fin, dans toute sa solidité, notre confiance initiale.
Hébreux 10,19-22
[19] Ayant donc, frères, l’assurance voulue pour l’accès au sanctuaire par le sang de Jésus, [20] par cette voie qu’il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile – c’est-à-dire sa chair –, [21] et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu, [22] approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d’une conscience mauvaise et le corps lavé d’une eau pure.»


En toi Seigneur, vainqueur de la mort, je possède une source de vie. Vers toi je crie du fond de mon cœur : que je ne me laisse pas séduire par les sirènes de l’incrédulité ! Je crie vers toi, Seigneur, aie pitié de moi : augmente en moi la foi, que je sois vraiment le fils du Père des cieux. Affermis-moi sur la pierre de tes commandements, que je voie le jour de ton salut ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète)

   

Lundi 14 mars - La foi du Fils de Dieu

«Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour y être tenté par le démon»


Aujourd’hui nous ouvrons notre bible au livre de la Genèse pour y lire le récit du premier péché, celui que l’on dit «originel» en ce sens que tous les autres trouvent en lui leur source et leur archétype. Parler d’origine, c’est parler de racine. Ce récit – dont le genre littéraire est celui du mythe – vise une vérité plus profonde que celle de l’Histoire ; il veut nous faire comprendre ce qui fait pencher le cœur de l’homme, de tout homme, vers un exercice corrompu de sa liberté, c’est-à-dire vers le péché : la défiance, autrement dit l’exact contre-pied de la foi. En jetant la confusion sur le commandement divin puis en déguisant le Créateur en tyran dominateur, le «serpent» de notre récit a ouvert la porte de la défiance : et si Dieu ne voulait pas vraiment notre plus grand bien ? et si, nous étions capables, nous, de nous donner à nous-mêmes, ce plus grand bien ? et si nous n’avions pas besoin de Dieu ? et si Dieu était en fait l’ennemi de l’homme ? Tout péché, du plus anodin au plus grave, trouve là sa racine : dans ce refus de dépendre dans l’amour du Dieu Père et Créateur de l’univers. Quand Jésus se laisse conduire «au désert par l’Esprit pour y être tenté parle démon», comme nous le méditons aujourd’hui, c’est pour y rencontrer non seulement le diable mais encore Adam, pour devenir lui-même le nouvel Adam, capable de faire le choix, à trois reprises, de la confiance absolue et de l’obéissance à Dieu ; pour nous ouvrir à tous le chemin de la foi.

 

Genèse 3,1-10
[1] Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : «Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?» [2] La femme répondit au serpent : «Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. [3] Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort.» [4] Le serpent répliqua à la femme : «Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! [5] Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.» [6] La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. [7] Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. [8] Ils entendirent le pas du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant le Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. [9] Le Seigneur Dieu appela l’homme : «Où es-tu ?», dit-il. [10] «J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché.»


Comme Adam notre père, je me suis détourné, Seigneur, de ta parole vivifiante et je n’ai pas gardé le commandement de ton amour. Ayant tendu la main vers l’arbre de mon désir, j’ai goûté l’amertume de la défiance envers toi. Accueille-moi aujourd’hui, mon Sauveur, toi qui as combattu pour nous dans le désert et l’as emporté sur le Prince de ce monde. Nouvel Adam qui fait refleurir nos déserts, béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)