Étape 5 - La foi de Lazare


Chaque semaine, un parcours biblique vous est proposé à partir du thème du dimanche qui guide toute la semaine : une courte introduction suivie du texte biblique et d'une prière. Pensez à télécharger la version imprimable, plus pratique pour vivre votre Route de Pâques un peu à distance de l'écran et n'oubliez pas non plus les podcasts !... Sur cette page, les articles «Bible en main» sont publiés jour après jour pendant toute la semaine.

Samedi 16 avril - L'œuvre de la foi

«Déliez-le et laissez-le aller» (Jean 11,44)


Lazare n’est pas Jésus. La pierre de sa tombe doit être roulée par des mains d’homme, alors qu’on trouvera «enlevée» celle du tombeau vide (Jean 20,1). Lazare sort à la voix du Fils de l’homme, «les pieds et les mains liés de bandelettes, et le visage enveloppé d’un suaire», et il faut encore le délier ; tandis que, Jésus s’étant lui-même délivré des ténèbres de la mort, il ne reste, dans le tombeau vide, que «des bandelettes gisant à terre» et «le suaire qui avait recouvert sa tête, roulé à part» (20,6-7). Lazare n’est pas Jésus : il retourne à sa vie d’homme qu’à nouveau n’épargnera pas la mort. Mais il est délié et rendu à la liberté des fils de Dieu. La foi de Lazare prend alors la coloration de la confiance : tel le nouveau baptisé délivré, par la grâce sacramentelle, de ce qui en lui était complice des forces du mal et entrant dans une vie renouvelée. La foi de Lazare prend aussi une coloration de charité : des hommes, ses frères, ont aidé à le délier ; ainsi les baptisés deviennent-ils la bouche, les mains, les pieds du Christ, pour collaborer à son œuvre libératrice et rédemptrice. Faire reculer la mort, sous toutes ses apparences, devient aussi, après la victoire du Christ, l’œuvre des hommes, œuvre seconde, certes, et toujours finalement défaite, mais œuvre nécessaire qui travaille à l’humanisation du monde.


Lazare n’est pas Jésus. Il est bien l’un de nous, rené à la voix du Christ qui s’exprime désormais par les sacrements de son Église. «C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés» (Galates 5,1). Il nous invite aujourd’hui, avec les mots du psalmiste, à rendre grâce pour notre délivrance et à concourir, par la prière et la technique, par l’intelligence humaine et la force de l’Esprit, à réduire le plus possible l’espace de la mort. Jusqu’à l’entrée de tous dans la plénitude de la vie. «Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ; tu as défait mes liens. Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce.».

 

Psaume 116,1-4.12-19
[1] J’aime, lorsque le Seigneur entend le cri de ma prière,
[2] lorsqu’il tend l’oreille vers moi, le jour où j’appelle.
[3] Les lacets de la mort m’enserraient, les filets du shéol ;
l’angoisse et l’affliction me tenaient,
[4] j’appelai le nom du Seigneur. De grâce, Seigneur, délivre mon âme ! (…)
[12] Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?
[13] J’élèverai la coupe du salut, j’appellerai le nom du Seigneur.
[14] J’accomplirai mes vœux envers le Seigneur, oui, devant tout son peuple !
[15] Elle coûte aux yeux du Seigneur, la mort de ses amis.
[16] De grâce, Seigneur, je suis ton serviteur, je suis ton serviteur fils de ta servante, tu as défait mes liens.
[17] Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâces, j’appellerai le nom du Seigneur.
[18] J’accomplirai mes vœux envers le Seigneur, oui, devant tout son peuple,
[19] dans les parvis de la maison du Seigneur, au milieu de toi, Jérusalem !


Sois béni, Père saint, qui as envoyé ton Fils dans le monde pour que le monde soit sauvé par lui. Sois béni, Fils bien-aimé du Père, d’être mort de notre mort pour que nous soyons libérés de ses liens qui nous retiennent loin de toi. Sois béni, Esprit du Père et du Fils, d’ouvrir en nous la source de la vie éternelle et de nous combler de tes dons d’intelligence et de force pour que nous participions à la gestation du monde encore entravé. Sois bénie, Trinité sainte, vivante et vivifiante, que nous voulons chanter sans fin, dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu que nous sommes. Amen.

   

Vendredi 15 avril - L'enjeu de la foi

«Lazare, viens dehors !» (Jean 11,43)


Contempler la douleur de Dieu peut nous bouleverser. Mais, si nous en restions là, l’incarnation du Verbe n’aurait en rien changé notre vie ni notre mort. «Si les morts ne ressuscitent pas, écrit Paul aux Corinthiens pour dissiper leurs doutes, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés» (1 Corinthiens 15,16-17). Lazare qui gît au tombeau depuis quatre jours, pleuré par ses sœurs, représente l’impuissance extrême : déjà hors du temps, il n’est plus que chair corrompue, entravée, emmurée derrière une pierre scellée. Lui dont le nom signifie «Le Seigneur vient en aide», va être arraché à ses ténèbres, rappelé à la vie pour être signe : «Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?» (Jean 11,40). Signe du véritable but de la créature – qui dépasse de loin sa réanimation présente – qui est de croire en la glorification du Fils, pour partager un jour sa gloire. Et le Seigneur «vient» effectivement «en aide» à Lazare, à tous les «Lazare» que sont les hommes mortels. La voix du Verbe appelle chacun par son nom, avec la force et l’efficience qu’elle manifestait lors de la première création. «Elle vient l’heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront» (Jean 5,29). L’heure où le Fils de Dieu devenu fils de l’homme, le Verbe, sortira du tombeau scellé, au matin de Pâques, «prémices de ceux qui se sont endormis». Car, si la réanimation de Lazare prophétisait la résurrection du Christ, à la manière d’une ébauche imparfaite, la résurrection du Christ est la réalité efficace qui permet la nôtre. En même temps qu’elle est la pierre de touche de notre foi. «Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi.»

 

1 Corinthiens 15,12-20.51-53
[12] Si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment certains parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? [13] S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. [14] Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. [15] Il se trouve même que nous sommes des faux témoins de Dieu, puisque nous avons attesté contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. [16] Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. [17] Et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés. [18] Alors aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ ont péri. [19] Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. [20] Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. (…) [51] Oui, je vais vous dire un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. [52] En un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. [53] Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité.


Seigneur Jésus, nous croyons de toute la force de notre foi, que tu es ressuscité d’entre les morts, que tu t’es relevé du tombeau, au matin de Pâques, et qu’à partir de ce jour, une création nouvelle est advenue, non plus soumise à la corruption de la mort, mais ordonnée à la vie et à la gloire. Nous croyons que cette vie nouvelle germe en nous depuis notre baptême et qu’elle s’accomplira à travers le passage que représente désormais la mort. Sois béni pour la vie que tu as créée et recréée. Sois béni pour «notre sœur la mort corporelle» (S. François d’Assise) qui nous fera passer en toi et exulter ensemble, tous rassemblés dans l’amour que tu es avec le Père et l’Esprit. Amen.

   

Jeudi 14 avril - Les larmes de la foi

«‘Seigneur, viens et vois.’ Jésus pleura» (Jean 11,34-35)


La foi n’empêche pas les larmes – et Marie le montre en cet évangile. Elle que Luc présente «assise aux pieds du Seigneur, écoutant ses paroles» (10,39), elle qui semble se nourrir et vivre de la seule présence de Jésus, attachée au seul nécessaire, à la «meilleure part» qui lui est échue (10,42), voici que nous la retrouvons dévastée par la mort de son frère Lazare. Incapable de dire à Jésus autre chose que cette déploration qui sonne comme un reproche plus que comme un hommage : «Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort !» (Jean 11,32). Larmes de Marie qui disent le désespoir d’une vie qui ne serait qu’une marche à la mort et d’un amour qui n’engendrerait que douleur et séparation.


Mais à ce désespoir, Jésus n’oppose aucune réprimande. Lui qui avait qualifié ses disciples, pris par la peur, d’«hommes de peu de foi» (Matthieu 8,26), ne dit ici rien de semblable, mais au contraire mêle ses larmes à celles de Marie et compatit de tout son être à cette détresse humaine qu’il est venu guérir. Car Jésus n’a pas fait semblant d’être homme. Il a voulu tout connaître de notre condition, et jusqu’à notre souffrance, pour pouvoir tout rédimer. Par sa souffrance et ses larmes, il a été «rendu parfait», dit le passage de la lettre aux Hébreux que nous méditons aujourd’hui. Non pas qu’il lui manquait quelque perfection, mais parce qu’il est ainsi devenu totalement apte à remplir sa mission de Rédempteur. «Du fait qu’il a souffert par l’épreuve, dit encore l’épître aux Hébreux, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés» (2,18). Contemplons en ce jour ces larmes de compassion de Dieu, mêlées aux larmes des hommes. Larmes du Dieu fait homme, déchiré en ses entrailles de père, en son cœur d’amant, par la douleur de l’homme dont l’amour s’abîme dans la mort.

 

Hébreux 5,7-10
7] C’est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, [8] tout Fils qu’il était, apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance ; [9] après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel, [10] puisqu’il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech.


Seigneur Jésus, toi qui es venu parmi nous et as voulu connaître la souffrance et la mort, nous te présentons en ce jour tous ceux qui pleurent. Que leurs larmes, parfois mêlées de colère ou de désespoir, deviennent, purifiées par les tiennes, larmes de compassion et de pardon. Nous te bénissons d’être venu nous rejoindre jusque là, d’être venu habiter notre souffrance pour qu’en toi elle prenne sens. Et nous te bénissons plus encore d’être ce Dieu qui veut, à la fin des temps, essuyer toute larme de nos yeux et nous garder dans ta joie, éternellement. Amen.

   

Mercredi 13 avril - La victoire de la foi

«Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu,
celui qui devait venir dans le monde» (Jean 11,27)


Quelle est notre réponse au don de la vie offert par Dieu ? La réponse de Marthe, en tous les cas, ne se fait pas attendre. D’un coup elle passe dans la nouvelle alliance. Au début de son dialogue avec Jésus, se mêlaient en elle la confiance à l’égard de ce rabbi à qui «Dieu accorde tout ce qu’il demande» (Jean 11,22) et le souvenir de la foi pharisienne lentement acquise au cours des siècles, affirmant la rétribution au dernier jour. La réponse de Jésus la place ailleurs : dans la foi au Fils de Dieu qui comble les promesses faites aux pères, car il est «celui qui devait venir», et, en même temps, les déborde totalement, en s’identifiant, lui, à la Résurrection.


Voilà ce qui nous est proposé à nous aussi, comme le rappelle le passage de l’épître médité aujourd’hui : «croire que Jésus est le Fils de Dieu». Là est bien le nœud de notre foi, notre passage à la nouvelle alliance en lui : identifier Jésus de Nazareth, homme mortel entre les hommes, au Dieu unique dont l’être même est la vie. Le «témoignage» suprême donné à la croix ne peut se recevoir que dans l’Esprit qui nous donne de reconnaître en cet homme mourant défiguré, le Dieu de la beauté et de la vie ; il passe par «l’eau et le sang» qui coulent de son côté ouvert et deviennent l’eau de nos baptêmes et le sang de nos eucharisties qui, sacramentellement, nous donnent déjà part à sa vie. Si lui, Jésus, a vaincu le mal en l’assumant entièrement à la croix pour que ne demeure que la vie, notre «victoire» sur «le monde» – c’est-à-dire, selon le sens donné à ce terme par Jean, sur tout ce qui en nous et hors de nous s’oppose à Dieu –, c’est «notre foi». «Crois-tu cela ?» (Jean 11,26).

 

1 Jean 5,4-13
[4] Telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi.[5] Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? [6] C’est lui qui est venu par eau et par sang : Jésus Christ, non avec l’eau seulement mais avec l’eau et avec le sang. Et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la Vérité. [7] Il y en a ainsi trois à témoigner : [8] l’Esprit, l’eau, le sang, et ces trois tendent au même but. [9] Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. Car c’est le témoignage de Dieu, le témoignage que Dieu a rendu à son Fils. [10] Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui. Celui qui ne croit pas en Dieu fait de lui un menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. [11] Et voici ce témoignage : c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est dans son Fils. [12] Qui a le Fils a la vie ; qui n’a pas le Fils n’a pas la vie. [13] Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle.


Seigneur Jésus, avec Marthe, je reconnais que tu es celui qui vient accomplir la longue attente, que tu es celui qui doit venir, le Christ de Dieu. Avec Jean à la croix, je te rends grâce pour le témoignage du plus grand amour qui livre sa vie pour que le monde ait la vie en abondance. Que ce témoignage, Seigneur, s’étende par la foi de tes disciples à tous ceux qui ne savent pas encore qu’en toi est leur vie, et à tout ce qui en moi est encore soumis à la mort. Afin que le monde sauvé par toi te reconnaisse et te chante éternellement. Amen.

   

Mardi 12 avril - Le don fait à la foi

«Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais» (Jean 11,25)


Voilà la promesse de Dieu – nous l’entendons en ce second jour de la semaine. Contre le mal présent sous de multiples formes dans toute vie humaine, la promesse d’une vie plus forte que la mort, qui est la vie même du Christ. À l’affirmation de foi, vibrante mais encore inchoative, de Marthe : «Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour», Jésus répond par une identification inouïe : «Je suis la Résurrection». Tout comme il avait dit, dans la synagogue de Capharnaüm : «Je suis le pain de vie» (Jean 6,35a). Deux affirmations équivalentes puisqu’elles associent le Nom de Dieu («Je Suis») au don de la vie ; deux affirmations qui sont suivies d’une proclamation solennelle : «Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais» (11,25), «Qui vient à moi n’aura jamais faim, qui croit en moi n’aura jamais soif» (6,35b). Deux promesses qui indiquent à la fois le but et le chemin : si la vie ne peut exister éternellement qu’en Dieu, c’est par Jésus-Christ, son envoyé, qu’elle nous est rendue ; et, plus concrètement encore, c’est la nourriture qu’il nous a laissée – son Corps et son Sang, témoins de sa vie livrée pour mettre fin au règne de la mort et prémisses de la vie divine qui croît en nous jusqu’à notre propre résurrection. Le don a été fait – la vie de Jésus a bien été livrée pour nous faire accéder à la vie éternelle – avant même que la foi ne s’exprime. Le don ne répond pas à la foi, il la sollicite. Le don est fait, gratuitement. Quelle va être notre réponse ?

 

Jean 6,35-40
[35] Jésus leur dit : «Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. [36] Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. [37] Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; [38] car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. [39] Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. [40] Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.»


Seigneur Jésus, toi qui es Dieu, Fils de Dieu, sois béni d’être venu te faire Dieu-avec-nous. Sois béni d’avoir, pour nous, donné au Nom de Dieu le goût concret du pain que tu es toi-même et qui, chaque jour, nous est donné pour la route. Sois béni d’avoir pris sur toi notre mort humaine, afin de nous faire participer, par ta résurrection, à ta vie de plénitude. Ouvre les oreilles de notre cœur, que nous entendions ta promesse, plus douce que nos morts quotidiennes, plus forte que la mort du dernier jour, toi qui es notre Dieu de toute éternité. Amen.

   

Lundi 11 avril - La foi à l’épreuve du mal

«Seigneur, celui que tu aimes est malade» (Jean 11,3)


La prière de Marthe et de Marie, sœurs de Lazare, rassemble toutes les plaintes de l’humanité. Elle monte non pas pour soi, mais pour l’autre, le frère, et elle tient inséparablement deux vérités : le constat que tout homme est malade, et la confiance en l’amour de Dieu sauveur. L’évangile de Jean ne précise pas de quelle maladie souffrait Lazare ; il ne dit que l’essentiel : Lazare en est mort. Mais le psalmiste que nous écoutons en ce jour, comme la voix de tous les Lazare de notre terre, détaille en son cri toutes les formes de maladie qui se mêlent : il est atteint en son corps – «ma gorge brûle» – et en son esprit – «tu sais ma folie» ; il est atteint tout à la fois par les forces de la nature – «le flot me submerge» –, par les autres qui lui «nuisent sans cause» et par son propre péché. Il est tout ensemble malade, malheureux et pécheur, figure d’une humanité souffrant du mal et des maux depuis l’origine.


Mais cette situation n’est pas présentée en un cri de désespoir, mais en une prière. Marthe et Marie en appellent à l’amour de Jésus pour Lazare. Le psalmiste clôt sa lamentation par un cri de foi : «Que ton salut, Dieu, me redresse !» – tellement sûr d’être exaucé qu’il débouche immédiatement sur l’action de grâce : «Je louerai le nom de Dieu par un cantique». Et Dieu ne fait pas défaut. Dieu vient combler le désir du priant. «Je vais aller le réveiller», affirme Jésus (Jean 11,2). Le mal n’est pas supprimé, comme par un coup de baguette magique ; il est dépassé par une promesse plus haute. Celle que Jésus est venu lui-même vivre en sa chair souffrante et ressuscitée, afin d’ouvrir pour nous une brèche dans le mal.

 

Psaume 69,2-5.30-34
[2] Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me sont entrées jusqu’à l’âme.
[3] J’enfonce dans la bourbe du gouffre, et rien qui tienne ;
je suis entré dans l’abîme des eaux et le flot me submerge.
[4] Je m’épuise à crier, ma gorge brûle, mes yeux sont consumés d’attendre mon Dieu.
[5] Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause ;
ils sont puissants ceux qui me détruisent, ceux qui m’en veulent à tort. (…)

[30] Et moi, courbé, blessé, que ton salut, Dieu, me redresse !
[31] Je louerai le nom de Dieu par un cantique, je le magnifierai par l’action de grâces ;
[32] cela plaît au Seigneur plus qu’un taureau, une forte bête avec corne et sabot.
[33] Ils ont vu, les humbles, ils jubilent ; chercheurs de Dieu, que vive votre cœur !
[34] Car le Seigneur exauce les pauvres, il n’a pas méprisé ses captifs.


Seigneur, au début de cette semaine, nous te présentons l’humanité confrontée depuis toujours au mal. Intercédant pour elle, comme un frère, comme une sœur, nous te présentons tous les malades, tous ceux qui souffrent la violence ou qui sont tourmentés par leurs propres angoisses. Regarde, Seigneur, les affamés et les torturés, les bourreaux et ceux qui veulent détruire le visage de l’homme fait à ta ressemblance. Pardonne, Seigneur, guéris, toi qui es le Dieu de vie. Console, toi le Dieu de tout amour, aie pitié de tes enfants égarés, toi notre Père de toute éternité, qui veux rendre à la vie et redonner la vie en abondance. Amen.