Étape 7 - Témoins de la foi


Chaque semaine, un parcours biblique vous est proposé à partir du thème du dimanche qui guide toute la semaine : une courte introduction suivie du texte biblique et d'une prière. Pensez à télécharger la version imprimable, plus pratique pour vivre votre Route de Pâques un peu à distance de l'écran et n'oubliez pas non plus les podcasts !... Sur cette page, les articles «Bible en main» sont publiés jour après jour pendant toute la semaine.

Samedi 30 avril - La foi de l'Eglise

«Allez dans le monde entier !»


Ce sont donc eux sur lesquels s’appuie notre foi en la résurrection. Elle est fondée sur un tombeau vide mais cela ne suffit pas. Elle s’appuie sur la foi de ce petit groupe d’hommes et de femmes à qui le Seigneur s’est donné à voir, qui ont eu du mal à croire, «dépassés par la réalité» (Benoît XVI), mais qui ont cru. Elle s’appuie sur la foi de ceux qui, à leur suite, sans avoir vu le Seigneur de leurs yeux ont cru et ont transmis, sous la conduite de l’Esprit, ce qu’ils ont reçu des apôtres. Et nous qui n’avons pas vu le Seigneur de nos yeux nous le reconnaissons dans sa Parole, dans la tradition vivante de l’Église, dans les sacrements où il se donne, à travers les rencontres des hommes et des femmes mis sur notre chemin. Nous ne sommes ni des parfaits, ni des impeccables, ni même des «déjà comblés», des «sans questions», mais nous savons où est la source capable de combler le cœur des hommes. Nous voulons être des hommes et des femmes sous l’emprise du Seigneur ; c’est désormais le Christ qui vit en nous (Galates 2,20). Et, comme les premiers disciples qui ont du mal à croire sont aussi ceux qui ont donné leur vie, parfois jusqu’au don de leur sang, nous voulons à notre tour donner le témoignage de notre vie à ceux qui nous demandent : «Où est-il ton Dieu ?» (Psaume 42,11). Leur conversion, ce n’est pas notre affaire, c’est le secret de Dieu. Mais nous pouvons leur dire respectueusement, et surtout montrer par notre vie, que quelque chose de nouveau a déjà germé. Chemins mystérieux de la foi que le Seigneur qui «veut que tous les hommes soient sauvés» (1 Timothée 2,4) proposera, quand il le voudra, comme il le voudra, à chacune de ses créatures.

 

Marc 16,9-15
Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d’abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. Et ceux-là, l’entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ne la crurent pas. Après cela, il se manifesta sous d’autres traits à deux d’entre eux qui étaient en chemin et s’en allaient à la campagne. Et ceux-là revinrent l’annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité. Et il leur dit : «Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création».


Seigneur Jésus, toi qui nous promets d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, donne-nous, appuyés sur le témoignage de nos frères et sœurs aînés dans la foi, de ne jamais nous lasser de t’annoncer, même quand viennent les railleries, le mépris et les contradictions. Donne-nous de vivre à la fois solidaires de ce monde auquel nous appartenons et tendus vers les réalités d’en-haut où tu nous précèdes et nous prépares une place.

   

Vendredi 29 avril - La foi de Pierre

«Ils savaient que c’était le Seigneur»


Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons Pierre dans une telle situation. Rappelons-nous le jour de la première rencontre : «Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets» (Luc 5,5). Quotidien plus que pesant, constat de la stérilité. C’est pourtant là précisément que le Seigneur vient. Il appelle et le désert refleurit. Pierre lâche tout et le suit. Nous voici quelques années plus tard. Retour à la case départ ? On a vécu des choses intenses, fortes et magnifiques et puis tout serait fini ? Ou plutôt tout recommence ? L’ennui, nos occupations prosaïques ? À quoi ce chamboulement a-t-il servi ? Qu’est-ce que cela me fait que le Christ soit ressuscité ? La pêche, les filets, les poissons, le sentiment d’échec aussi : es-tu vraiment dans tout cela Seigneur ? Oui, c’est la vie ordinaire qui reprend, mais pourtant quelque chose a changé. Le Seigneur est là mais d’une manière nouvelle qui entraîne de notre part un regard neuf et une confiance nouvelle. Pierre, lui, n’est plus le même. Il a fait l’expérience amère de la trahison. Pierre connaît plus que jamais ses fragilités, il est allé loin dans l’expérience de sa faiblesse et de son péché. Il sait maintenant combien il a besoin d’être sauvé. Jésus se manifeste et Pierre vient à lui. Ce qui nous est demandé, c’est la confiance ; celle qui fait parfois se jeter à l’eau. C’est aussi l’écoute de la Parole de Dieu et l’obéissance au Christ Jésus. Oui, pour que tout soit renouvelé par sa présence, le Seigneur nous fait revenir sur les lieux de l’ordinaire, il ne nous attend pas ailleurs. Sur les lieux de nos échecs aussi, pour que tout soit traversé avec lui. Tout ce que nous traînons, c’est lui qui le porte et maintenant il nous faut devenir pêcheurs d’hommes car c’est l’humanité entière qui doit être recréée.

 

Jean 21,1-14
près cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il se manifesta ainsi : Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble. Simon-Pierre leur dit : «Je m’en vais pêcher.» Ils lui dirent : «Nous venons nous aussi avec toi.» Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage ; pourtant les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Jésus leur dit : «Les enfants, vous n’avez pas du poisson ?» Ils lui répondirent : «Non !» Il leur dit : «Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez.» Ils le jetèrent donc et ils n’avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : «C’est le Seigneur !» À ces mots : «C’est le Seigneur !», Simon-Pierre mit son vêtement – car il était nu – et il se jeta à l’eau. Les autres disciples, qui n’étaient pas loin de la terre, mais à environ 200 coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit : «Apportez de ces poissons que vous venez de prendre.» Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons : 153 ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. Jésus leur dit : «Venez déjeuner.» Aucun des disciples n’osait lui demander : «Qui es-tu ?», sachant que c’était le Seigneur. Jésus vient, il prend le pain et il le leur donne ; et de même le poisson. Ce fut là la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d’entre les morts.


Père du Ciel dont les dons et l’appel sont sans repentance (Romains 11,29), tu sais combien nous pouvons être versatiles et lâches. Que nous ne nous refermions jamais sur nos échecs mais qu’ils soient l’occasion de découvrir plus profondément ton inépuisable miséricorde. Et puisque, hors du Christ Jésus, nous ne pouvons rien faire, qu’il donne à nos vies une fécondité au service de ton Royaume.

   

Jeudi 28 avril - La foi des apôtres

«Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire et restaient saisis d’étonnement»


Est-ce trop beau pour être vrai ? C’est étonnant cette propension que nous avons souvent à croire davantage aux mauvaises nouvelles. Les premiers disciples sont aussi faits de ce bois-là. Entre stupeur, incrédulité, débordement de joie et incompréhension. Certains d’entre eux viennent de rapporter leur divine rencontre sur le chemin d’Emmaüs. Et le Seigneur se donne de nouveau à voir aux disciples. Ils l’accueillent des pensées, des troubles plein la tête, et nous les comprenons : Seigneur tu es là sans être là ; tu es le même sans être le même ! Et puis fallait-il vraiment en arriver là ? Alors, une fois encore, il leur ouvre l’Esprit à l’intelligence des Écritures : «Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi», «Regardez-moi, saisissez-moi, voyez mes plaies». Non je ne suis pas un fantôme. Je vous ai pris au sérieux. Je n’ai pas fait semblant. Il n’y a rien que vous ayez traversé ou que vous traverserez encore que je n’ai porté : injustice, lâcheté, haine, humiliation, solitude, péché, maladie, condamnation, souffrance, la mort et tout ce qu’elle entraîne. Tout ce que vous portez et qui rend la vie parfois si lourde. Tout cela je l’ai traversé pour vous et tout peut être déposé à mes pieds. Regardez ces blessures : à travers elles passent la miséricorde, la lumière pascale. C’est cela le baptême : tout est plongé dans sa mort et remonté avec lui dans la vraie vie. Et cela il faut le dire, parce que nous l’avons nous-mêmes déjà perçu. Raconter maladroitement, avec les mots qui sont les nôtres, sans avoir forcément tout compris mais dire ce que le Seigneur a fait dans notre vie. Ce n’est pas «raconter sa vie» ni «étaler son intimité». De cela nous sommes témoins.

 

Luc 24,35-48
Les deux disciples racontaient ce qui s’était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. Tandis qu’ils disaient cela, lui se tint au milieu d’eux et leur dit : «Paix à vous !» Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. Mais il leur dit : «Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds ; c’est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai.» Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d’étonnement, il leur dit : «Avez-vous ici quelque chose à manger ?» Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il leur dit : «Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.» Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures, et il leur dit : «Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. De cela vous êtes témoins.


Seigneur Jésus, toi qui t’es donné à voir dans un corps à la fois transfiguré et marqué de tes plaies, nous venons déposer à tes pieds tout ce qui abîme, blesse et fait souffrir notre monde. Que la lumière de ta résurrection et la puissance de ta miséricorde viennent le transfigurer. Donne-nous les mots pour rendre compte de cette foi qui nous habite. Pour la puissance de ta résurrection que tu viens déployer dans nos vies, Seigneur, gloire à toi ! Alleluia !

   

Mercredi 27 avril - La foi des disciples d'Emmaüs

«Alors leurs yeux s'ouvrirent»


«S’il fallait donner tout l’Évangile pour une seule scène où il soit tout entier résumé, je n’hésiterais guère», a écrit Jean Guitton, «je désignerais les disciples d’Emmaüs.» En effet, tout y est. Deux hommes sont en route et l’on peut imaginer le poids de désillusions, de fatigue, qu’ils portent en chemin, représentants d’une humanité lasse et désemparée. Cette fois-ci encore, Jésus s’approche et a pour eux les traits d’un étranger. Les disciples confient ce qu’ils ont sur le cœur. Lui les invite à ouvrir les Écritures. Comme une liturgie de la Parole qu’il préside lui-même, clef des Écritures. Puis il prend le pain, le bénit, le rompt et le distribue. Les yeux des disciples s’ouvrent. Mais une question jaillit : que s’est-il passé entre le moment où ceux-ci «étaient empêchés de le reconnaître» et celui où ils le reconnaissent ? On peut avoir entendu la Parole de Dieu et assister à l’Eucharistie nombre de fois sans pour autant avoir été saisi. Et de fait, ce n’est pas une évidence. Pour les disciples d’Emmaüs, c’était le moment, l’heure de la foi. C’est leur Seigneur qui s’est approché d’eux le premier et leur a ouvert les yeux. Eux savaient leur besoin d’être sauvés et l’ont simplement accueilli là où ils en étaient. Mais c’est à une nouvelle manière d’être présent que le Seigneur veut les initier. Présence dans les saintes Écritures où il nous donne de comprendre ce qu’il a vécu et ce que nous vivons. Oui, il fallait aller jusque-là pour que mon amour pour vous soit révélé. Présence eucharistique où nous sommes déjà liés ici-bas de la manière la plus intime avec lui et les uns aux autres. Sacrement qui déjà nous fait entrer dans la vie éternelle jusqu’au jour où nous verrons Dieu face à face, festin des noces où nous serons tous rassemblés, formant le Corps, l’Épouse de l’Agneau (Apocalypse 19,7).

 

Luc 24,13-35
Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. (...)
Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d’aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant : «Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme.» Il entra donc pour rester avec eux. Et il advint, comme il était à table avec eux, qu’il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : «Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ?» À cette heure même, ils partirent et s’en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, qui dirent : «C’est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon !» Et eux de raconter ce qui s’était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.


Seigneur Jésus, toi qui as été éprouvé en tout, tu sais combien la route peut parfois être désespérante et nous lasser. Apprends-nous à toujours sortir de la tentation du repli sur nous-mêmes lorsque viennent déceptions et désillusions. Fais grandir en nous la certitude que nous pouvons tout te confier «comme un homme parle à un ami» (Exode 33,11) et conduis-nous tous ensemble vers le festin que tu nous as préparé dans les cieux où la mort aura disparu et où tu essuieras toi-même les pleurs sur tous les visages (Isaïe 25,8). Pour la consolation éternelle que nous apporte ta résurrection, Seigneur, gloire à toi ! Alleluia !

   

Mardi 26 avril - La foi de Marie-Madeleine

«On a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l’a mis»


Qui a déjà été amoureux comprendra Marie de Magdala, lancée dans une quête éperdue de celui que son cœur aime. Et c’est elle qui a raison. C’est de cet amour qu’il nous faudrait brûler. Mais si elle désire tant ce bien-aimé, c’est que lui l’a désirée le premier. Son Dieu, qui l’a créée, a déposé en elle l’amour dont elle brûle. Mais son désir à elle est mal orienté. Encore maladroit, courbé par le péché qui voudrait posséder, garder pour lui. Et lui, qu’elle appelle «Rabbouni», vient la purifier. Travail de transfiguration qu’il opère pour elle et pour chacune de ses créatures, par son Esprit, par sa grâce, pour nous rendre capables de participer à la vie divine. Passage de «l’homme psychique» à «l’homme spirituel» (1 Corinthiens 2,14). «Je t’ai appelé par ton nom» (Isaïe 45,4) : «Marie !» Notre nom à chacun a été prononcé au jour de notre baptême et nous avons été marqués du «sceau du Seigneur» (Saint Augustin). «Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras», soupirait l’amante du Cantique (8,6). Mais qu’avons-nous fait de cette empreinte ? Demandons-lui de raviver en nous ce que nous avons laissé s’enfouir, mais ne cherchons pas cet époux dans l’extraordinaire ou dans le tumulte des sentiments inconstants : il se donne à nous dans la simplicité, au détour des pages de notre Bible, dans les sacrements, dans le visage de nos frères, dans les temples de sa présence que nous sommes. Qu’il nous donne des yeux pour le reconnaître, au-delà de l’absence apparente.

 

Jean 20,11-18
Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ceux-ci lui disent : «Femme, pourquoi pleures-tu ?» Elle leur dit : «Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis.» Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?» Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : «Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai.» Jésus lui dit : «Marie !» Se retournant, elle lui dit en hébreu : «Rabbouni» – ce qui veut dire : «Maître.» Jésus lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.» Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu’elle a vu le Seigneur et qu’il lui a dit cela.


Seigneur Jésus, toi qui n’as pas repoussé les marques d’amour que te portait une pécheresse, tu nous vois encore ballottés entre différents désirs, comme à la surface de nous-mêmes. Viens nous faire descendre dans les profondeurs de notre cœur où tu as fait ta demeure et donne-nous d’y puiser la force pour aller annoncer à nos frères et sœurs ce que tu as fait en nous. Pour la merveille de ta résurrection dans nos vies, Seigneur, gloire à toi ! Alleluia !

   

Lundi 25 avril - La foi des saintes femmes

«Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie,
elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.»


En ce commencement du premier jour de la semaine, on était affairé à des tâches diverses : on visitait les morts pour les unes ou on gardait le tombeau pour les autres. Et voici que soudain le ciel s’invite et qu’apparaît l’Ange du Seigneur au message renversant : «Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit». En d’autres termes : la mort est vaincue ! «Ne craignez pas»... mais il y a de quoi être ému tout de même, non ? Et l’on part courir annoncer ce qu’on a vu et entendu, aux disciples, aux chefs des prêtres. Ce sont alors deux attitudes qui se dessinent : «Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ?» (Jean 3,12). Une fois encore il va falloir se décider : pour un cœur disponible ou pour un cœur endurci. Soit garder la face à tout prix, quitte à inventer l’invraisemblable, soit offrir un cœur simple, qui ne se perd pas en soupçons, décentré de soi, ouvert à la grâce. Et il vient justement, celui à qui on laisse de la place : «Je vous salue», «ne crains pas», c’étaient aussi les paroles de l’ange à la «comblée de grâces» (Luc 1,28). D’un côté, la lourdeur de l’intrigue et de la supercherie, de l’autre, la légèreté des pas de celles qui courent, joyeuses et fragiles à la fois, portant leur message capable de «renverser les puissants de leur trône» (Luc 1,52) et d’«illuminer ceux qui demeurent à l’ombre de la mort» (Luc 1,79).

 

Matthieu 28,8-15
Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre : «Je vous salue», dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. Alors Jésus leur dit : «Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront.» Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, avec cette consigne : «Vous direz ceci : Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui.» Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour.


Père, toi qui te penches avec prédilection sur ceux dont le cœur n’est pas encombré, à la prière de Marie et des saintes femmes, nous te demandons un cœur humble et disponible qui sait qu’il ne se suffit pas à lui-même, qui ne ressasse pas sans cesse les «ombres du trouble et de la crainte», capable d’accueillir et de faire de la place à ton Fils, lui qui vient à nous pour nous conduire vers toi. Pour la joie donnée dans la résurrection de ton Fils, Seigneur, gloire à toi ! Alleluia !