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Lundi 14 mars - «Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour y être tenté par le démon» (6:41)

 

Aujourd’hui nous ouvrons notre bible au livre de la Genèse pour y lire le récit du premier péché, celui que l’on dit «originel» en ce sens que tous les autres trouvent en lui leur source et leur archétype. Parler d’origine, c’est parler de racine. Ce récit – dont le genre littéraire est celui du mythe – vise une vérité plus profonde que celle de l’Histoire ; il veut nous faire comprendre ce qui fait pencher le cœur de l’homme, de tout homme, vers un exercice corrompu de sa liberté, c’est-à-dire vers le péché : la défiance, autrement dit l’exact contre-pied de la foi. En jetant la confusion sur le commandement divin puis en déguisant le Créateur en tyran dominateur, le «serpent» de notre récit a ouvert la porte de la défiance : et si Dieu ne voulait pas vraiment notre plus grand bien ? et si, nous étions capables, nous, de nous donner à nous-mêmes, ce plus grand bien ? et si nous n’avions pas besoin de Dieu ? et si Dieu était en fait l’ennemi de l’homme ? Tout péché, du plus anodin au plus grave, trouve là sa racine : dans ce refus de dépendre dans l’amour du Dieu Père et Créateur de l’univers. Quand Jésus se laisse conduire «au désert par l’Esprit pour y être tenté parle démon», comme nous le méditons aujourd’hui, c’est pour y rencontrer non seulement le diable mais encore Adam, pour devenir lui-même le nouvel Adam, capable de faire le choix, à trois reprises, de la confiance absolue et de l’obéissance à Dieu ; pour nous ouvrir à tous le chemin de la foi.

 

Genèse 3,1-10
[1] Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : «Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?» [2] La femme répondit au serpent : «Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. [3] Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort.» [4] Le serpent répliqua à la femme : «Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! [5] Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.» [6] La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. [7] Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. [8] Ils entendirent le pas du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant le Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. [9] Le Seigneur Dieu appela l’homme : «Où es-tu ?», dit-il. [10] «J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché.»


Comme Adam notre père, je me suis détourné, Seigneur, de ta parole vivifiante et je n’ai pas gardé le commandement de ton amour. Ayant tendu la main vers l’arbre de mon désir, j’ai goûté l’amertume de la défiance envers toi. Accueille-moi aujourd’hui, mon Sauveur, toi qui as combattu pour nous dans le désert et l’as emporté sur le Prince de ce monde. Nouvel Adam qui fait refleurir nos déserts, béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)