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Mardi 15 mars - «Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim» (5:49)


Dieu a pris le chemin de l’homme. Reprendre sa création pour la conduire à son accomplissement, c’est-à-dire à la pleine réconciliation, c’était passer par tous les chemins par lesquels passe l’homme : la peur, la fatigue, l’angoisse, la douleur, la faim, rien n’est resté étranger à Dieu dans la personne de son Fils. Il n’a pas triché avec la condition humaine. Il fallait qu’il soit «en tout semblable à ses frères», dit la lettre aux Hébreux (2,17) dont nous méditons aujourd’hui deux passages. Les Pères l’ont toujours souligné : ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé. «Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine» (Hébreux 2,11). Si le Christ n’avait pas ouvert la voie, nous ne saurions pas vraiment, pas totalement, ce que c’est que croire. Sans doute saurions-nous ce qu’est un acte de foi, peut-être même serions-nous capables de réciter un «credo», mais nous ne connaîtrions pas la véritable profondeur de la foi qui ne se révèle en plénitude que dans l’être de Jésus. Aujourd’hui, une invitation nous est adressée : rejeter l’incrédulité qui nous détacherait du Dieu vivant (cf. Hébreux 3,12) et marcher sur les traces du «chef de notre foi» (Hébreux 12,2) en «retenant inébranlablement jusqu’à la fin, dans toute sa solidité, notre confiance initiale» (Hébreux 3,14).

 

Hébreux 3,12-14
[12] Prenez garde, frères, qu’il n’y ait peut-être en quelqu’un d’entre vous un cœur mauvais, assez incrédule pour se détacher du Dieu vivant. [13] Mais encouragez-vous mutuellement chaque jour, tant que vaut cet aujourd’hui, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. [14] Car nous sommes devenus participants du Christ, si toutefois nous retenons inébranlablement jusqu’à la fin, dans toute sa solidité, notre confiance initiale.
Hébreux 10,19-22
[19] Ayant donc, frères, l’assurance voulue pour l’accès au sanctuaire par le sang de Jésus, [20] par cette voie qu’il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile – c’est-à-dire sa chair –, [21] et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu, [22] approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d’une conscience mauvaise et le corps lavé d’une eau pure.»


En toi Seigneur, vainqueur de la mort, je possède une source de vie. Vers toi je crie du fond de mon cœur : que je ne me laisse pas séduire par les sirènes de l’incrédulité ! Je crie vers toi, Seigneur, aie pitié de moi : augmente en moi la foi, que je sois vraiment le fils du Père des cieux. Affermis-moi sur la pierre de tes commandements, que je voie le jour de ton salut ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète)