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Mercredi 16 mars - «L’homme ne vit pas seulement de pain» (6:49)

 

Le pain de la foi. Il nous est dit qu’au désert, Jésus n’a rien mangé pendant quarante jours... Ce chiffre «quarante» n’est évidemment pas anodin : il est là comme un marqueur pour renvoyer le lecteur averti que nous voulons être à la grande expérience fondatrice d’Israël au désert : l’exode. Jésus s’inscrit dans la ligne du peuple de Dieu. Jésus revisite l’histoire de son peuple pour la mener à son terme. Dans le désert, le peuple avait réclamé de quoi boire et de quoi manger et Dieu avait fait sourdre l’eau du rocher (Exode 17,6 ; Nombres 20,11) et tomber la manne (Exode 16,14-18.31 ; Deutéronome 8,3) – et même les cailles (Exode 16,13 ; Nombres 11,31-32) ! Mais Jésus ne mange pas de pain, pour qu’il soit clair non seulement que «l’homme ne vit pas seulement de pain» – c’est sa réponse au diable – (Deutéronome 8,3), mais encore que sa nourriture à lui «est de faire la volonté de celui qui [l’]a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin» (Jean 4,34). La première tentation de Jésus le conduit là où se joue la confiance concrète : le boire et le manger, le souci de son propre corps... Toutes choses bonnes et importantes cependant, mais que le temps du carême, le «saint jeûne», comme l’appelle la liturgie, nous invite à relativiser, c’est-à-dire à rapporter à Dieu qui, non seulement veille sur nous mais encore nous promet le meilleur : l’«heureux pays» où coulent l’huile de sa compassion et le miel de sa tendresse.

 

Deutéronome 8,1-10
[1] Vous garderez tous les commandements que je vous ordonne aujourd’hui de mettre en pratique, afin que vous viviez, que vous multipliiez et que vous entriez dans le pays que le Seigneur a promis par serment à vos pères et le possédiez. [2] Souviens-toi de tout le chemin que le Seigneur ton Dieu t’a fait faire pendant 40 ans dans le désert, afin de t’humilier, de t’éprouver et de connaître le fond de ton cœur : allais-tu ou non garder ses commandements ? [3] Il t’a humilié, il t’a fait sentir la faim, il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n’aviez connue, pour te montrer que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur. [4] Le vêtement que tu portais ne s’est pas usé et ton pied n’a pas enflé, au cours de ces 40 ans ! [5] Comprends donc que le Seigneur ton Dieu te corrigeait comme un père corrige son enfant, [6] et garde les commandements du Seigneur ton Dieu pour marcher dans ses voies et pour le craindre. [7] Mais le Seigneur ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d’eau, de sources qui sourdent de l’abîme dans les vallées comme dans les montagnes, [8] pays de froment et d’orge, de vigne, de figuiers et de grenadiers, pays d’oliviers, d’huile et de miel, [9] pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne manqueras de rien, pays où il y a des pierres de fer et d’où tu extrairas, dans la montagne, le bronze. [10] Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras le Seigneur ton Dieu en cet heureux pays qu’il t’a donné.


À ton peuple, Seigneur, tu as donné la manne, le pain du ciel, figure de la chair de ton Fils, lui le pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde. Aujourd’hui accorde-moi la faim de ta Parole, que je me rassasie de tes volontés. Convertis-moi, Seigneur et je serai converti, toi qui connais mon désir le plus caché. Relève-moi, ô Christ, que j’achève sans encombre la course qui me conduit vers l’heureux pays préparé pour tous ceux qui te cherchent ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)