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Jeudi 17 mars - «Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu» (6:45)

 

La seconde tentation nous emmène avec Jésus sur le pinacle du Temple. C’est la ville ; il y a probablement du monde. Ce serait l’occasion idéale pour Jésus de faire un coup d’éclat et d’emporter d’un seul coup la foi de tous ceux qui auraient vu le miracle... Il y a de quoi y réfléchir à deux fois. Le Père le laisserait-il s’écraser en bas, lui son «Fils bien aimé» en qui il a «mis tout son amour» (Matthieu 3,17) ? Certainement pas ! Mais c’est encore avec le livre du Deutéronome que Jésus répond au diable. «Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu». Jésus ne prend ni le chemin de l’éclat, ni celui de la violence, il prend celui de l’obéissance et de l’écoute de la Parole. Debout sur le pinacle, son regard domine la ville ; tout est possible. Mais Jésus choisit en cet instant de ne chercher, de n’écouter et de ne servir que Dieu. Non qu’il craigne la «colère» que Dieu réserve à ceux qui voudraient «suivre d’autres dieux, d’entre les nations» (Deutéronome 6,14) – il s’agit d’un anthropomorphisme, une façon humaine de parler de Dieu, qui vise à faire grandir la foi du peuple – ; non, Jésus ne craint pas son Père, mais il veut entièrement et totalement lui obéir. Le démon a voulu l’entraîner au plus loin, au plus tentant, là où Jésus aurait pu prendre la place de son Père, sortir de sa condition filiale, mais Jésus repousse une fois pour toutes cette perspective pour embrasser la foi. Dieu le conduira, lui aussi, lui et tous ses frères réconciliés, vers un «heureux pays» (Deutéronome 6,18). Dieu fera «des prodiges grands et terribles» (Deutéronome 6,22) à l’heure qu’il voudra et comme il voudra, et il fera vivre tous ceux qui font le choix de s’en remettre entièrement à lui. Puissions-nous être trouvés parmi eux !

 

Deutéronome 6,14-25
[14] Ne suivez pas d’autres dieux, d’entre les dieux des nations qui vous entourent, [15] car c’est un Dieu jaloux que le Seigneur ton Dieu qui est au milieu de toi. La colère du Seigneur ton Dieu s’enflammerait contre toi et il te ferait disparaître de la face de la terre. [16] Vous ne mettrez pas le Seigneur votre Dieu à l’épreuve, comme vous l’avez mis à l’épreuve à Massa. [17] Vous garderez les commandements du Seigneur votre Dieu, ses instructions et ses lois qu’il t’a prescrites, [18] et tu feras ce qui est juste et bon aux yeux du Seigneur afin d’être heureux, et de prendre possession de l’heureux pays dont le Seigneur a juré à tes pères [19] qu’il en chasserait tous tes ennemis devant toi ; ainsi l’a dit le Seigneur. [20] Lorsque demain ton fils te demandera : «Qu’est-ce donc que ces instructions, ces lois et ces coutumes que le Seigneur notre Dieu vous a prescrites ?» [21] Tu diras à ton fils : «Nous étions esclaves de Pharaon, en Égypte, et le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte par sa main puissante. [22] le Seigneur a accompli sous nos yeux des signes et des prodiges grands et terribles contre l’Égypte, Pharaon et toute sa maison. [23] Mais nous, il nous a fait sortir de là pour nous conduire dans le pays qu’il avait promis par serment à nos pères, et pour nous le donner. [24] Et le Seigneur nous a ordonné de mettre en pratique toutes ces lois, afin de craindre le Seigneur notre Dieu, d’être toujours heureux et de vivre, comme il nous l’a accordé jusqu’à présent. [25] Telle sera notre justice : garder et mettre en pratique tous ces commandements devant le Seigneur notre Dieu, comme il nous l’a ordonné.»


Seigneur, s’il m’arrive de faire de moi une idole et d’endurcir mon cœur, de ne pas écouter ta voix et de désobéir à ta Parole, prends pitié de moi ! Guide-moi sur le sentier de tes commandements. Enseigne-moi, ô mon Sauveur, à faire ta volonté. Cache-moi dans les profondeurs du repentir et relève-moi au matin de ta Pâque. Toi le seul Ami des hommes qui a le pouvoir de pardonner, béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)