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Vendredi 18 mars - «C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras» (6:11)


À la troisième tentative, qui est aussi la troisième tentation, l’adversaire se démasque. Il frappe à découvert, caricaturant sans vergogne les promesses divines : fais alliance avec moi ! La gloire, et tous ces royaumes que tu contemples du haut de la montagne, tout peut être à toi si tu m’adores ! Jésus répond avec la même sobriété, en citant l’Écriture, toujours au livre du Deutéronome : «C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras et c’est lui seul que tu adoreras» (Matthieu 4,10). Il aurait pu parler en qualité de Fils de Dieu, opposer le lien unique et infrangible qui l’unit au Père à cette parodie d’alliance avec le Mauvais ! Mais non : c’est en disciple et en croyant que Jésus résiste pour la troisième fois à l’adversaire. La Parole lui suffit, comme elle nous suffit à nous aussi, pour peu que nous la gardions attachée «à [notre] main comme un signe, sur [notre] front comme un bandeau» (Deutéronome 6,8). «Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur» (6,4). Tout est là. Au début de ce carême, l’important n’est peut-être pas d’accumuler les efforts ou les privations – à chacun de se situer dans un vrai engagement et une sage mesure – mais plutôt de vouloir «de tout son cœur, de toute son âme et de tout son pouvoir» (6,5), écouter la Parole de Dieu, se référer à elle pour qu’elle oriente toute notre vie, la laisser réjouir notre cœur et nourrir notre âme. Alors elle fera de nous, à l’image du Fils unique, des fils à qui, déjà, est promis l’héritage : le Royaume des cieux.

 

Deutéronome 6,4-13
[4] Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. [5] Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. [6] Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! [7] Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout ; [8] tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau ; [9] tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. [10] Lorsque le Seigneur ton Dieu t’aura conduit au pays qu’il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, aux villes grandes et prospères que tu n’as pas bâties, [11] aux maisons pleines de toutes sortes de biens, maisons que tu n’as pas remplies, aux puits que tu n’as pas creusés, aux vignes et aux oliviers que tu n’as pas plantés, lors donc que tu auras mangé et que tu te seras rassasié, [12] garde-toi d’oublier le Seigneur qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. [13] C’est le Seigneur ton Dieu que tu craindras, lui que tu serviras, c’est par son nom que tu jureras.


Que j’entonne le chant de ta gloire, Seigneur, car tu as terrassé l’ennemi ! Loué sois-tu, mon Sauveur, pour la victoire de ton obéissance ! Accorde-moi d’écouter ta Parole qui appelle les pécheurs à la conversion : que, sans tarder, je revienne à la maison du Père. Exauce-moi, Toi le Dieu puissant. D’un cœur pur, apprends-moi à te prier. Alors, dans la joie, nous chanterons l’immense gloire de ton règne, quand, par ta résurrection, tu feras toute chose nouvelle (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême).