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Samedi 19 mars - «Des anges le servaient» (6:29)


«Alors le diable le quitte», rapporte sobrement l’évangéliste. C’est fini, «jusqu’au moment favorable», précise Luc (4,13). Et des anges le servent, signes efficaces et manifestes de la proximité de Dieu. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu proche. C’est aussi cela la foi. Non pas l’obéissance exceptionnelle et quasi héroïque d’un seul, qu’il nous reviendrait d’imiter le moins mal possible, mais la douce et quotidienne confiance dans le Père du ciel. Il voit, il sait, il est là. Qu’avons-nous à nous soucier ? Bien sûr la vie nous oblige à un certain nombre de préoccupations légitimes, mais au fond, le croyant que nous apprenons un peu plus chaque jour à devenir, sait qu’il est dans la main de Dieu. Ce qui, en Jésus, a vaincu l’ennemi, ce n’est pas une force supérieure à la nôtre, ce n’est pas une science supérieure à la nôtre, c’est son amour confiant, son amour croyant, son amour obéissant. Et ce chemin-là est à notre portée. Au terme de cette première semaine de carême, nous voici renvoyés au plus concret de nos existences. La foi qui s’est pleinement déployée en Jésus, dans sa confiance donnée une fois pour toutes à son Père, quoi qu’il en coûte, cette foi-là, puisqu’elle «rend possible la nôtre» (Romano Guardini), peut aussi transformer notre vie.

 

Matthieu 6,26-34
[25] «Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? [26] Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? [27] Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? [28] Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. [29] Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. [30] Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! [31] Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? [32] Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. [33] Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. [34] Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.»


Je crie vers toi, Seigneur, prends pitié de moi. J’ai pris la route du désert pour que mon âme te cherche dans la foi. Comme Abraham, je recevrai la terre en héritage, là où coulent le lait et le miel, là où jaillit le fleuve de la vie incorruptible. Sois béni, Fils éternel, qui as opéré le salut au milieu de la terre. Par toi le jardin inaccessible s’est rouvert devant nous. En toi, nous connaissons la foi véritable. C’est pourquoi nous te chantons : béni sois-tu ! (d’après le grand Canôn de saint André de Crète, au VIIIe siècle, prière traditionnelle pour le temps du Carême)