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Samedi 26 mars - «Ils ne virent plus personne que lui, Jésus, seul» (5:48)


Le chemin de la foi commence ici. La finale de l’évangile en effet peut s’entendre de deux façons. «Plus que Jésus, seul» – avec une virgule – suppose que l’instant où la gloire s’est révélée est passé ; et se referment les cieux qui s’étaient déchirés laissant entrevoir Moïse et Élie, symbolisant la Loi et les prophètes, aux côtés de celui qui accomplit les prophéties et apporte la loi nouvelle. La divinité de Jésus à nouveau se dissimule sous le voile de la chair. Il n’y a plus, devant Pierre, que l’homme Jésus avec qui il va continuer à marcher vers les épreuves qui s’annoncent. Il est temps de redescendre dans la plaine. Mais, si l’on supprime la virgule, l’expression «plus que Jésus seul» indique que, Pierre ayant, dans l’éclat de la lumière thaborique, compris qui était vraiment son Maître, rien ne compte plus désormais à ses yeux que de le suivre jusqu’au bout, de l’aimer de tout son être jusqu’à désirer donner sa vie pour lui. Dans les deux cas, plus laborieusement ou plus amoureusement, c’est bien un chemin de foi nue qui se dessine. Et le texte attribué à Pierre que nous lisons aujourd’hui en garde l’exultation : «nous étions avec lui sur la montagne sainte !» ; comme il dit aussi l’obscurité et la peine. Mais l’obscurité à jamais est trouée par cette «lampe», le souvenir de ce jour où la gloire a habité la terre, réalisation et anticipation de ce que sera l’éternité du jour où nous le contemplerons. La foi de Pierre, celle qu’il a mission d’affermir en tous les membres du Corps qu’est l’Église, brille avec la timidité et l’espérance de «l’étoile du matin», fragile encore mais précédant inéluctablement le Jour. La marche de l’Église, notre marche, devient une marche à l’étoile. Vers lui, Jésus seul.

 

2 Pierre 1,16-19
[16] Ce n’est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. [17] Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.» [18] Cette voix, nous, nous l’avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte. [19] Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique : vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que l’astre du matin se lève dans vos cœurs.


Ô Christ qui en ta main portes les sept étoiles, tu es l’Alpha et l’Omega, le principe et la fin. Tu es l’étoile qui se lève en nos cœurs, la lampe qui guide nos pas sur la route, et la lumière sans déclin vers qui nous marchons. Toi, lumière venue dans le monde, dissipe les ténèbres du doute et de la peur ; éclaire ceux qui gisent encore dans les ténèbres de la mort ; réchauffe en ta clarté ceux dont la foi demeure fragile et vacillante. Afin que tous soient un jour rassemblés dans la Jérusalem céleste dont tu es le flambeau, avec le Père et dans l’Esprit. Amen.