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Vendredi 25 mars - «N’ayez pas peur» (5:36)


Combien de fois, dans l’Écriture, le Seigneur nous adjure-t-il de ne pas avoir peur ? Plus de 360 fois, une fois pour chaque jour de l’année, dit la tradition juive. C’est que l’homme, depuis qu’il est entré en connivence avec le malin, dans le premier jardin, est habité par la peur : «J’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché», répond piteusement l’homme au Seigneur qui le cherche (Genèse 3,10). Et ce n’est pas le moindre paradoxe de cette peur native que nous ressentons tous, qu’elle soit en nous éveillée par la proximité de Dieu. Qu’on craigne les multiples dangers qui nous menacent relève du bon sens ; mais que la présence d’un Dieu créateur et père, qui nous a appelés à la vie et veut maintenir notre vie dans l’éternité, nous effraye, cela déborde tout raisonnement et montre bien que c’est la tentation encore et toujours qui nous guette là. Pierre et les apôtres ne dérogent pas à cette tendance de notre condition et Jésus, chaque fois qu’il leur apparaît dans l’éclat de sa divinité, doit les relever et les rassurer (cf. aussi Matthieu 8,26). Cela permet de comprendre que, par-delà les bonnes raisons que nous avons de craindre, et les mauvaises que nous nous trouvons parfois, la véritable origine de la peur réside dans le manque de foi. Et pourtant comme il le fait aujourd’hui pour nous par l’oracle d’Isaïe, Dieu s’emploie à nous rassurer, à tenter de nous convaincre que sa toute-puissance veille sur notre faiblesse et que sa sollicitude pour nous n’a pas de bornes. Pourquoi ne pas faire davantage confiance ? Pourquoi ne pas écouter cette voix, puissante «comme le mugissement des grandes eaux», qui sait se faire si tendre pour nous révéler la seule raison qui tienne : «Tu comptes beaucoup à mes yeux et moi, je t’aime» ?

 

Isaïe 43,1-5
[1] Et maintenant, ainsi parle le Seigneur, celui qui t’a créé, Jacob, qui t’a modelé, Israël. Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. [2] Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. [3] Car je suis le Seigneur, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur. Pour ta rançon, j’ai donné l’Égypte, Kush et Séba à ta place. [4] Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime. Aussi je livre des hommes à ta place et des peuples en rançon de ta vie. [5] Ne crains pas, car je suis avec toi, du levant je vais faire revenir ta race, et du couchant je te rassemblerai.


Ô Père qui connais nos besoins et veilles sur nous en ta tendresse, ne laisse pas en nous s’installer l’inquiétude et la crainte qui rongent notre vie et nous empêchent de reconnaître tes bienfaits. Mets sur nos lèvres la louange qui ouvre nos yeux et dilate notre cœur dans la célébration des merveilles de ton amour. Fais grandir en nous la confiance filiale qui permet de regarder l’autre comme un frère, et non comme un rival, et qui attend tout de ta bonté, car tu es notre Père qui nous aime au-delà de toute raison. Amen.