Player mp3

Lundi 21 mars - «Il les emmena à l’écart sur une haute montagne» (5:12)

 

Un des axes de l’évangile selon saint Matthieu est de présenter Jésus comme un nouveau Moïse, celui qui apporte la Loi nouvelle de l’amour. Aussi lorsqu’il relate la Transfiguration de Jésus devant Pierre et ses compagnons, le fait-il en des termes et selon un modèle inspiré des récits de l’Exode. À plusieurs reprises il y est dit que Moïse part à la rencontre du Seigneur et, chaque fois, il monte. Est-ce un simple anthropomorphisme qui fait que, spontanément, nous plaçons Dieu – comme si on pouvait le localiser ! – plus haut que nous, donc au ciel ? Sans doute, mais il y a plus. Car le fait de gravir «une haute montagne» dit bien quelque chose de la démarche de la foi : elle suppose de laisser ce qui est dans la plaine, de se centrer sur le sommet, de soutenir un effort, non pas brutal, mais constant. L’alpinisme comme métaphore de la foi ? Pas tout à fait, car cela ne nous indique que la part de l’homme qui ne peut que se disposer à recevoir le don de Dieu. C’est bien ce qui arrive à Moïse, dans le passage retenu pour la méditation de ce jour : il monte, et il monte seul. Mais c’est le Seigneur qui vient à lui et lui révèle le nom d’amour sous lequel il désire être connu et invoqué. Si la démarche de foi nous dépouille – et peut conduire, les catéchumènes le savent, à des renoncements parfois difficiles –, elle comble aussi, et au-delà de ce qui est escompté, de la tendresse débordante de notre Dieu.

 

Exode 34,4-8
[4] S’étant levé de bon matin, Moïse monta sur le mont Sinaï, comme le Seigneur le lui avait ordonné, et il prit dans sa main les deux tables de pierre. [5] Le Seigneur descendit dans une nuée et il se tint là avec lui. Il invoqua le nom du Seigneur. [6] Le Seigneur passa devant lui et il cria : «YHWH, YHWH, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité, [7] qui garde sa grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché mais ne laisse rien impuni et châtie les fautes des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu’à la troisième et la quatrième génération.» [8] Aussitôt Moïse tomba à genoux sur le sol et se prosterna.


Dieu de tendresse et de pitié, riche en grâce et en miséricorde, tu nous mènes à l’écart et tu nous fais gravir la montagne pour nous combler de ta présence. Toi qui veux te découvrir à nous, ne permets pas que la rudesse de la montée nous décourage et fais-nous déjà sentir que tu es un Dieu bon et ami des hommes, toi notre grand Dieu et Seigneur qui nous appelles à toi et veux nous rassasier sans fin de ton amour. Amen.