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Jeudi 31 mars - «Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif» (7:17)

 

Aujourd’hui nous laisserons résonner la voix de la femme. Après avoir commencé par garder la distance, elle reconnaît sa soif. Elle reconnaît que rien encore n’est parvenu à l’apaiser. Et dans le même élan, elle entrevoit que Jésus est celui qui pourrait lui donner une eau, inconnue d’elle encore, mais dont elle pressent qu’elle seule la désaltérerait. C’est le moment où dans cet évangile, tout bascule. L’humble reconnaissance de ce qu’elle ressent en vérité ouvre à Jésus une brèche. Il va s’y engager : «Va, appelle ton mari» (Jean 4,16). Il la touche au cœur. Il lui révèle qu’il existe en elle une soif fondamentale, une soif de ce qui fait le cœur de toute vie humaine, une soif infinie d’aimer. Et il pose un regard d’infinie douceur sur cette soif, sur cette femme, sur sa vie qui cherchait si mal. Et la femme se laisse regarder, sonder, accueillir pour ce qu’elle est au plus vrai d’elle-même.
Au cours de la lectio divina de ce jour, nous laisserons la Parole descendre en nous et toucher cette soif, notre soif. Nous laisserons la Parole la mettre en lumière, la mettre à nu. Nous laisserons le regard d’infinie douceur du Christ se poser sur elle, sur nous, sur notre vie. Le Christ est venu libérer notre désir le plus profond. Il le peut parce qu’il est en même temps celui qui peut le combler, le seul qui peut le combler. Notre foi avec la Samaritaine aujourd’hui est celle-là. Simplement notre soif. Notre soif de Dieu.

 

Psaume 41
[2] Comme languit une biche* après l’eau vive,
ainsi languit mon âme* vers toi, mon Dieu.
[3] Mon âme a soif de Dieu,* du Dieu de vie ;
quand pourrai-je aller voir* la face de Dieu ?
[4] Je n’ai de pain que mes larmes,* la nuit, le jour,
moi qui tout le jour entends dire :* «Où est-il, ton Dieu ?»
[5] J’irai vers la tente admirable,* vers la maison de Dieu,
parmi les cris de liesse et de louange* et la foule jubilante.
[6] Qu’as-tu, mon âme, à défaillir,* à gémir sur moi ?
Espère en Dieu : je le louerai encore,* mon Sauveur [7] et mon Dieu.
Mon âme vient-elle à défaillir,* je songe à toi,
des pays du Jourdain et de l’Hermon,* à toi, humble montagne.
[8] L’abîme appelant l’abîme* au fracas de tes écluses,
la masse de tes flots et de tes vagues* a passé sur moi.
[9] Plaise au Seigneur d’accorder,* le jour, sa grâce
et, la nuit, que son chant avec moi* prie le Dieu de ma vie.
[12] Qu’as-tu, mon âme, à défaillir,* à gémir sur moi ?
Espère en Dieu ; je le louerai encore* mon Sauveur et mon Dieu.


Seigneur Jésus, je crois que tu n’es pas venu pour juger le monde mais pour le sauver. Ma vie est une terre sèche, altérée, sans eau. Mais, sous ton regard, je veux reconnaître cette aridité. Cette soif ne me fait pas peur, car je crois que tu vas l’étancher. Tu es mon Sauveur et mon Dieu. Sois béni pour cette soif qui me tourne vers toi, cette soif qui me sauve, cette soif qui est la vérité de mon être, cette soif que je ne veux plus cacher.