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Samedi 2 avril - «La femme alors laissa là sa cruche, et courut à la ville» (5:32)


La source que le Christ est venu raviver dans le cœur de la femme coule déjà en un flot qui ne peut que se répandre. Il a libéré en elle l’adoration du Père, dans l’Esprit qui l’habite. Mais il libère aussi l’amour, le désir et la capacité de se donner. Il a vraiment ouvert dans le cœur de cette femme un formidable élan qui prend sa source dans la vie divine en elle, la charité en elle. «L’amour du Christ nous presse» (2 Corinthiens 5,14). Elle court à la ville comme la bien-aimée du Cantique (Cantique 3,2), mue par le seul amour du bien-aimé. Car elle est, cette femme, la bien-aimée. Cet amour reçu du Christ l’a totalement libérée de tout repliement, de toute peur. «Il m’a dit tout ce que j’avais fait». Elle se sait aimée en vérité, telle qu’elle est. Elle devient capable d’aimer à son tour, non plus d’un amour pour soi, d’un amour qui se rassure, d’un amour qui capte, mais un amour qui se donne, qui se répand, parce que sa source n’est plus elle-même mais Celui qui l’habite. Le baptême est le passage avec le Christ dans une mort à soi-même pour une vie pour lui (2 Corinthiens 5,16). Il vient comme un sceau imprimer en nos cœurs cet amour du Père, cette certitude d’être aimé en vérité, qui libère en nous une eau jaillissant pour le monde.
Qu’elle est belle, cette femme, figure de l’Église, qui court au devant de ses frères ! Elle se sait ce vase d’argile, porteur de la grâce, de l’amour de Dieu, de la présence même de Dieu en elle. Elle peut abandonner sa cruche. Elle sait où se trouve la source de la vie. Elle coulera en elle pour l’éternité, tant qu’elle-même se laissera traverser par le Don.

 

2 Corinthiens 5,14-18
tous sont morts. [15] Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. [16] Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons. [17] Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. [18] Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation.


Seigneur Jésus, par le baptême tu nous as fait passer dans une vie nouvelle. Une vie non plus pour nous-même mais pour toi. Nous croyons qu’il y a en nous, par grâce, une capacité formidable à nous donner, une capacité qui vient de toi, de ta vie en nous. Nous voulons nous laisser entraîner dans ce don. Nous voulons ne pas empêcher cette grâce de s’écouler autour de nous. Nos égoïsmes, nos peurs, notre orgueil ont souvent capté, détourné ce don. Nous t’en demandons pardon. En cette nuit de Pâques, viens raviver, renouveler en nous ce don, viens nous renouveler en ce don.