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Samedi 9 avril - «Je suis la lumière du monde» (6:45)


Au moment de quitter l’aveugle né pour poursuivre notre route vers Pâques, nous laissons résonner l’affirmation lancée par le Christ : «Je suis la lumière du monde». Elle donne, en effet, le sens de l’œuvre qu’il accomplit. Il façonne l’homme de nouveau, il le plonge dans l’eau qui purifie et redonne vie, et ce baptême est une illumination : les yeux de l’aveugle s’ouvrent à une lumière toute nouvelle.


«Je suis la lumière du monde». Jésus a déjà lancé cette affirmation, dans l’évangile selon saint Jean. Les scribes et les pharisiens s’étaient retirés, laissant face à face Jésus et une femme saisie en flagrant délit d’adultère. La femme, encore toute bouleversée d’avoir échappé au sort qui lui était réservé, avait vu le Christ se redresser pour la regarder en face, elle qui maintenant était relevée, et lui dire : «Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus» (Jean 8,11). «Je suis la lumière du monde», affirme alors le Christ. Lumière qui révèle le péché, lumière qui l’engloutit aussitôt dans la miséricorde, pour peu qu’on accepte de se retrouver là, face au Christ, avec sa misère.


Le Christ donne donc le même sens à sa rencontre avec la femme adultère et à la guérison de l’aveugle-né. Le baptême ouvre nos yeux à la lumière véritable et nous donne de confesser le Christ. Et, dans sa merveilleuse providence, le Seigneur veut faire de chacune de nos chutes l’occasion de nous laisser renouveler dans la grâce de cette nouvelle naissance. Il se penche devant cette femme que l’on a mise à terre, comme il se courbe vers le sol pour faire de la boue et guérir l’aveugle. Il la purifie dans l’eau de sa miséricorde, comme il envoie l’aveugle se laver à Siloé. Pour nous aussi, Dieu renouvelle incessamment cette merveille : notre misère devient l’occasion d’expérimenter la vérité de notre foi. Le Dieu auquel nous croyons est le Dieu qui nous sauve.

 

Jean 8,3-12
[3] Les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, [4] ils disent à Jésus : «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. [5] Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?» [6] Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin d’avoir matière à l’accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. [7] Comme ils persistaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : «Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !» [8] Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol. [9] Mais eux, entendant cela, s’en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. [10] Alors, se redressant, Jésus lui dit : «Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ?» [11] Elle dit : «Personne, Seigneur.» Alors Jésus dit : «Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus.» [12] De nouveau Jésus leur adressa la parole et dit : «Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie.»


Jésus, lumière du monde, nous croyons en toi. Tu te révèles comme celui qui guérit et qui redresse. Nous accompagnons nos frères qui se préparent à recevoir le baptême. Ils marchent vers toi avec confiance, parce qu’ils ont reconnu les traces de ton passage dans leur vie. Nous t’en prions : que les chutes ne leur fassent pas perdre courage. Au contraire, qu’elles soient l’occasion de proclamer leur foi : tu es le Dieu qui se dit dans notre histoire, et tu fais de notre misère le lieu où se révèle ta miséricorde. Avec eux, donne-nous de marcher, nous aussi, avec confiance. Que notre vie proclame que tu es venu non pour juger mais pour sauver. Toi, lumière née de la lumière, nous t’adorons !