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Mercredi 6 avril - «Je ne sais qu’une chose : j’étais aveugle et à présent j’y vois» (7:15)

 

L’histoire de cet homme n’est pas seulement celle d’une guérison. Celle-ci n’occupe d’ailleurs que deux versets du chapitre 9. Plutôt, l’histoire de cet homme commence avec sa guérison, et se déploie avec toutes les répercussions d’un tel bouleversement. L’aveugle, qui voit désormais, est assailli de questions : «Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ?», «où est-il» celui qui a fait cela ?


Nos frères catéchumènes en ont sûrement fait l’expérience : la rencontre avec le Christ ouvre une voie nouvelle, mais ne fournit pas de réponses définitives à toutes les questions, au contraire… Elle ébranle même bien des fondements : l’entourage ne les reconnaît plus bien. Cet homme nouveau qui est en train de naître dans la rencontre du Christ, est-ce lui, ou un autre qui lui ressemble ?


Dans sa simplicité, cet homme est un bon guide sur notre chemin de foi. Ce qu’il sait, c’est ce qui lui est arrivé. Mais il ne prétend pas pour autant tout savoir de cet homme qui l’a relevé. «Où est-il ? - Je ne sais pas», a-t-il le courage de répondre... Est-ce un pécheur parce qu’il a fait cela un jour de sabbat ? L’homme ne rentre pas dans le débat. Mais il se fie à ce qu’il a expérimenté : «Je ne sais qu’une chose : j’étais aveugle et à présent j’y vois.»


Les pharisiens disent beaucoup : «nous savons», et leur savoir trace des lignes de démarcation, leur permettant de se retrancher derrière leurs certitudes. Nicodème aussi se présentait à Jésus en disant : «nous savons», et c’était pour honorer le Christ... Mais Jésus l’appelle à renaître d’en haut, et s’étonne que celui qui est maître en Israël ne sache pas ces choses-là.


Croire, c’est peut-être aussi accepter de ne pas savoir. Ou du moins avoir des certitudes qui obligent à poser d’autres questions. Accepter ce grand large d’un Dieu plus grand, consentir à ne pas pouvoir l’enfermer dans une définition ou dans une expérience. Ne pas savoir, pour le laisser libre de se révéler comme le Dieu inattendu et sauveur.

 

Jean 3,1-10
[1] Il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. [2] Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : «Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui.» [3] Jésus lui répondit : «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu.» [4] Nicodème lui dit : «Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?» [5] Jésus répondit : «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. [6] Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. [7] Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous faut naître d’en haut. [8] Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.» [9] Nicodème lui répondit : «Comment cela peut-il se faire ?» [10] Jésus lui répondit : «Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ?


Esprit Saint, en ce jour nous te confions une fois encore nos frères catéchumènes. Engendre-les à la foi véritable qui se tient éloignée de toute erreur, parce qu’elle a le courage de ne pas chercher des réponses plus faciles, plus immédiates que la vérité à laquelle tu les conduis peu à peu. Quand l’Église te demande de les libérer du mal, elle te demande pour eux le don de la liberté véritable, qui accepte de se laisser entraîner toujours plus loin dans la confiance. Donne-nous, à nous aussi, de renaître en ces jours à la confiance : que notre foi soit audacieuse, pour te laisser nous guider vers la vérité tout entière, amen !