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Mardi 5 avril - «Il fit de la boue avec sa salive» (6:27)


Nous avons vite remarqué que Jésus ne répond pas vraiment à la question des disciples : «Qui a péché ?». Il écarte seulement les fausses réponses qui feraient de la souffrance un châtiment du pécheur. Mais, immédiatement après, il se met à l’œuvre : «il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l’aveugle». Puis, il l’envoie se laver à la piscine de Siloé. L’œuvre du Christ se dit par deux symboles : celui de l’eau qui purifie, et celui de la terre qui se laisse refaçonner. Quand nous pensons au salut qui nous est offert dans le baptême, nous pensons à cette eau qui ruisselle sur nos fronts. Mais cette eau ne lave pas seulement : elle est comme une nouvelle création dans laquelle le Christ s’engage tout entier. Il se penche vers la terre, fait de la boue avec sa salive et nous en enduit les yeux. Au commencement, Dieu «modela l’homme avec la glaise du sol» (Genèse 2,6), dans un geste étonnamment semblable. C’est la merveille du dessein de Dieu : il avait créé l’homme à son image, et celui-ci s’est détourné. Alors, il ne s’est pas contenté de réparer au mieux, de laver un peu : il s’est mêlé comme une eau à l’argile de notre fragilité, et il nous a recréés plus merveilleusement encore.

 

Genèse 2,4-7
[4] Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au temps où le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, [5] il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol. [6] Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. [7] Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. [8] Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé.


Père de bonté, nous sommes ton œuvre : aux premiers jours, tu nous as créés dans le Christ. Par le baptême, tu nous as lavés et recréés, tu nous as façonnés de nouveau, afin de faire de nous des fils dans le Fils unique. Et au long des jours, à chaque fois que tu ravives en nous la grâce de notre baptême, tu nous laves en nous recréant, en faisant encore une fois toutes choses nouvelles. Avec l’aveugle qui se laisse guérir, nous découvrons le vrai visage du Dieu auquel nous croyons : Dieu dont le pardon redonne vie, Dieu qui incessamment nous engendre à nouveau, dans le Fils de son amour.