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Lundi 4 avril - «Afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu» (4:53)

 

«Qui a péché, pour qu’il soit né aveugle ?» «Ni lui, ni ses parents», répond clairement Jésus. La souffrance de cet homme n’est pas le châtiment de son péché. Puis il ajoute : «c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu». «Afin que» ? Si cela voulait dire que cet homme souffre pour donner au Christ la possibilité de manifester sa puissance, ce serait absurde. Mais si c’était une façon d’entrer dans la compréhension du regard que Dieu pose sur nous ? Quand nous souffrons, le Seigneur écarte résolument de nous tous ceux qui cherchent des coupables pour expliquer ce mal. Et, si nous le voulons, il fait de cette souffrance le lieu où pourraient se manifester les «œuvres de Dieu».


L’homme qui va confesser sa foi est d’abord ce mendiant aveugle : un homme dont la fragilité devient le lieu de Dieu. Si nous voulons que notre foi soit vraie, peut-être faut-il d’abord oser reconnaître que nous sommes un peu comme ce mendiant aveugle, au bord de la route. Comme saint Paul nous y invite dans la lettre aux Romains, il faut oser dire que nous gémissons avec toute la création dans l’attente de la rédemption. Ne pas nier notre malheur ou notre finitude, mais accepter que se pose sur nous – qui ne pouvons même pas encore le voir – le regard du Christ. C’est un regard qui dévoile certes notre misère, mais qui ne nous condamne pas. Au contraire, il discerne en ce creux le lieu où peut se vivre la Pâque de notre salut.

 

Romains 8,22-25
22] Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. [23] Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. [24] Car notre salut est objet d’espérance ; et voir ce qu’on espère, ce n’est plus l’espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? [25] Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance.


Seigneur Jésus, au bord du chemin où tu passes, nous sommes comme ce mendiant aveugle : nous ne savons pas demander que tu ouvres nos yeux à la lumière, car nous ne connaissons pas nos ténèbres. Nous ne pouvons te voir, et pourtant, déjà, tu t’approches. Déjà tu nous regardes, et tu discernes en nous les merveilles que Dieu désire accomplir pour nous. Avec nos frères catéchumènes nous te prions : donne-nous de passer des ténèbres à la lumière, toi qui es venu vers nous le premier, afin que nous devenions des fils de la lumière !