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Lundi 11 avril - «Seigneur, celui que tu aimes est malade» (6:14)

 

La prière de Marthe et de Marie, sœurs de Lazare, rassemble toutes les plaintes de l’humanité. Elle monte non pas pour soi, mais pour l’autre, le frère, et elle tient inséparablement deux vérités : le constat que tout homme est malade, et la confiance en l’amour de Dieu sauveur. L’évangile de Jean ne précise pas de quelle maladie souffrait Lazare ; il ne dit que l’essentiel : Lazare en est mort. Mais le psalmiste que nous écoutons en ce jour, comme la voix de tous les Lazare de notre terre, détaille en son cri toutes les formes de maladie qui se mêlent : il est atteint en son corps – «ma gorge brûle» – et en son esprit – «tu sais ma folie» ; il est atteint tout à la fois par les forces de la nature – «le flot me submerge» –, par les autres qui lui «nuisent sans cause» et par son propre péché. Il est tout ensemble malade, malheureux et pécheur, figure d’une humanité souffrant du mal et des maux depuis l’origine.


Mais cette situation n’est pas présentée en un cri de désespoir, mais en une prière. Marthe et Marie en appellent à l’amour de Jésus pour Lazare. Le psalmiste clôt sa lamentation par un cri de foi : «Que ton salut, Dieu, me redresse !» – tellement sûr d’être exaucé qu’il débouche immédiatement sur l’action de grâce : «Je louerai le nom de Dieu par un cantique». Et Dieu ne fait pas défaut. Dieu vient combler le désir du priant. «Je vais aller le réveiller», affirme Jésus (Jean 11,2). Le mal n’est pas supprimé, comme par un coup de baguette magique ; il est dépassé par une promesse plus haute. Celle que Jésus est venu lui-même vivre en sa chair souffrante et ressuscitée, afin d’ouvrir pour nous une brèche dans le mal.

 

Psaume 69,2-5.30-34
[2] Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me sont entrées jusqu’à l’âme.
[3] J’enfonce dans la bourbe du gouffre, et rien qui tienne ;
je suis entré dans l’abîme des eaux et le flot me submerge.
[4] Je m’épuise à crier, ma gorge brûle, mes yeux sont consumés d’attendre mon Dieu.
[5] Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause ;
ils sont puissants ceux qui me détruisent, ceux qui m’en veulent à tort. (…)

[30] Et moi, courbé, blessé, que ton salut, Dieu, me redresse !
[31] Je louerai le nom de Dieu par un cantique, je le magnifierai par l’action de grâces ;
[32] cela plaît au Seigneur plus qu’un taureau, une forte bête avec corne et sabot.
[33] Ils ont vu, les humbles, ils jubilent ; chercheurs de Dieu, que vive votre cœur !
[34] Car le Seigneur exauce les pauvres, il n’a pas méprisé ses captifs.


Seigneur, au début de cette semaine, nous te présentons l’humanité confrontée depuis toujours au mal. Intercédant pour elle, comme un frère, comme une sœur, nous te présentons tous les malades, tous ceux qui souffrent la violence ou qui sont tourmentés par leurs propres angoisses. Regarde, Seigneur, les affamés et les torturés, les bourreaux et ceux qui veulent détruire le visage de l’homme fait à ta ressemblance. Pardonne, Seigneur, guéris, toi qui es le Dieu de vie. Console, toi le Dieu de tout amour, aie pitié de tes enfants égarés, toi notre Père de toute éternité, qui veux rendre à la vie et redonner la vie en abondance. Amen.