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Vendredi 15 avril - «Lazare, viens dehors !» (7:35)


Contempler la douleur de Dieu peut nous bouleverser. Mais, si nous en restions là, l’incarnation du Verbe n’aurait en rien changé notre vie ni notre mort. «Si les morts ne ressuscitent pas, écrit Paul aux Corinthiens pour dissiper leurs doutes, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés» (1 Corinthiens 15,16-17). Lazare qui gît au tombeau depuis quatre jours, pleuré par ses sœurs, représente l’impuissance extrême : déjà hors du temps, il n’est plus que chair corrompue, entravée, emmurée derrière une pierre scellée. Lui dont le nom signifie «Le Seigneur vient en aide», va être arraché à ses ténèbres, rappelé à la vie pour être signe : «Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?» (Jean 11,40). Signe du véritable but de la créature – qui dépasse de loin sa réanimation présente – qui est de croire en la glorification du Fils, pour partager un jour sa gloire. Et le Seigneur «vient» effectivement «en aide» à Lazare, à tous les «Lazare» que sont les hommes mortels. La voix du Verbe appelle chacun par son nom, avec la force et l’efficience qu’elle manifestait lors de la première création. «Elle vient l’heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront» (Jean 5,29). L’heure où le Fils de Dieu devenu fils de l’homme, le Verbe, sortira du tombeau scellé, au matin de Pâques, «prémices de ceux qui se sont endormis». Car, si la réanimation de Lazare prophétisait la résurrection du Christ, à la manière d’une ébauche imparfaite, la résurrection du Christ est la réalité efficace qui permet la nôtre. En même temps qu’elle est la pierre de touche de notre foi. «Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi.»

 

1 Corinthiens 15,12-20.51-53
[12] Si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment certains parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? [13] S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. [14] Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. [15] Il se trouve même que nous sommes des faux témoins de Dieu, puisque nous avons attesté contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. [16] Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. [17] Et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés. [18] Alors aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ ont péri. [19] Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. [20] Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. (…) [51] Oui, je vais vous dire un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. [52] En un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. [53] Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité.


Seigneur Jésus, nous croyons de toute la force de notre foi, que tu es ressuscité d’entre les morts, que tu t’es relevé du tombeau, au matin de Pâques, et qu’à partir de ce jour, une création nouvelle est advenue, non plus soumise à la corruption de la mort, mais ordonnée à la vie et à la gloire. Nous croyons que cette vie nouvelle germe en nous depuis notre baptême et qu’elle s’accomplira à travers le passage que représente désormais la mort. Sois béni pour la vie que tu as créée et recréée. Sois béni pour «notre sœur la mort corporelle» (S. François d’Assise) qui nous fera passer en toi et exulter ensemble, tous rassemblés dans l’amour que tu es avec le Père et l’Esprit. Amen.