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Samedi 16 avril - «Déliez-le et laissez-le aller» (7:29)


Lazare n’est pas Jésus. La pierre de sa tombe doit être roulée par des mains d’homme, alors qu’on trouvera «enlevée» celle du tombeau vide (Jean 20,1). Lazare sort à la voix du Fils de l’homme, «les pieds et les mains liés de bandelettes, et le visage enveloppé d’un suaire», et il faut encore le délier ; tandis que, Jésus s’étant lui-même délivré des ténèbres de la mort, il ne reste, dans le tombeau vide, que «des bandelettes gisant à terre» et «le suaire qui avait recouvert sa tête, roulé à part» (20,6-7). Lazare n’est pas Jésus : il retourne à sa vie d’homme qu’à nouveau n’épargnera pas la mort. Mais il est délié et rendu à la liberté des fils de Dieu. La foi de Lazare prend alors la coloration de la confiance : tel le nouveau baptisé délivré, par la grâce sacramentelle, de ce qui en lui était complice des forces du mal et entrant dans une vie renouvelée. La foi de Lazare prend aussi une coloration de charité : des hommes, ses frères, ont aidé à le délier ; ainsi les baptisés deviennent-ils la bouche, les mains, les pieds du Christ, pour collaborer à son œuvre libératrice et rédemptrice. Faire reculer la mort, sous toutes ses apparences, devient aussi, après la victoire du Christ, l’œuvre des hommes, œuvre seconde, certes, et toujours finalement défaite, mais œuvre nécessaire qui travaille à l’humanisation du monde.


Lazare n’est pas Jésus. Il est bien l’un de nous, rené à la voix du Christ qui s’exprime désormais par les sacrements de son Église. «C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés» (Galates 5,1). Il nous invite aujourd’hui, avec les mots du psalmiste, à rendre grâce pour notre délivrance et à concourir, par la prière et la technique, par l’intelligence humaine et la force de l’Esprit, à réduire le plus possible l’espace de la mort. Jusqu’à l’entrée de tous dans la plénitude de la vie. «Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ; tu as défait mes liens. Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce.».

 

Psaume 116,1-4.12-19
[1] J’aime, lorsque le Seigneur entend le cri de ma prière,
[2] lorsqu’il tend l’oreille vers moi, le jour où j’appelle.
[3] Les lacets de la mort m’enserraient, les filets du shéol ;
l’angoisse et l’affliction me tenaient,
[4] j’appelai le nom du Seigneur. De grâce, Seigneur, délivre mon âme ! (…)
[12] Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?
[13] J’élèverai la coupe du salut, j’appellerai le nom du Seigneur.
[14] J’accomplirai mes vœux envers le Seigneur, oui, devant tout son peuple !
[15] Elle coûte aux yeux du Seigneur, la mort de ses amis.
[16] De grâce, Seigneur, je suis ton serviteur, je suis ton serviteur fils de ta servante, tu as défait mes liens.
[17] Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâces, j’appellerai le nom du Seigneur.
[18] J’accomplirai mes vœux envers le Seigneur, oui, devant tout son peuple,
[19] dans les parvis de la maison du Seigneur, au milieu de toi, Jérusalem !


Sois béni, Père saint, qui as envoyé ton Fils dans le monde pour que le monde soit sauvé par lui. Sois béni, Fils bien-aimé du Père, d’être mort de notre mort pour que nous soyons libérés de ses liens qui nous retiennent loin de toi. Sois béni, Esprit du Père et du Fils, d’ouvrir en nous la source de la vie éternelle et de nous combler de tes dons d’intelligence et de force pour que nous participions à la gestation du monde encore entravé. Sois bénie, Trinité sainte, vivante et vivifiante, que nous voulons chanter sans fin, dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu que nous sommes. Amen.