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Samedi 23 avril - «Le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre» (7:24)


Tout est silence en ce jour du saint Shabbat où Jésus repose dans le tombeau «après toute l’œuvre qu’il a faite». Les aromates dont les femmes ont embaumé son corps répandent un parfum de douceur alentour du tombeau. La pierre est roulée. Tout est dans l’ordre. Tout est fini. Tout est accompli. Il n’y a plus rien à voir, plus rien à faire. Et pourtant nous sommes là, devant la tombe. Avec nos questions, nos désirs, nos espoirs, nos souffrances. Qui nous donnera de lire le signe du saint samedi ? Les disciples se sont éloignés, de peur d’être, eux aussi, poursuivis. Il n’y a ni Pierre, ni Marthe, Marie ou Lazare... Pas d'aveugle guéri pour chanter ta louange, pas de femme au bord d’un puits pour se réjouir d’être aimée et pardonnée... L’histoire est close, comme le tombeau. Jésus est mort. De cette mort dont je devrai moi aussi mourir, un jour que je ne connais pas. Il dort, le Roi du monde, du sommeil de la mort, mais en la subissant, il la transforme. Il dort, le Verbe dont la parole a créé l’univers, mais, comme l’enfant qui s’apprête à quitter la nuit du sein de sa mère, il est en train d’inaugurer une Vie radicalement nouvelle. Il «dort, mais son cœur veille» pour accomplir la plus grande œuvre qui ait jamais été accomplie : la mise à mort de la mort. Dans la mort du Fils de Dieu, la mort est morte ; ma mort est morte en lui. Bien sûr, je devrai moi aussi passer par la porte étroite, mais la porte s’ouvrira parce que lui, Jésus, est passé devant, pour moi. De cela, aucun signe ne nous est donné sinon, par la bouche-même de Jésus, celui du lointain prophète Jonas, lui que le «monstre marin» n’a pu garder dans ses entrailles. Englouti, comme lui, dans les eaux de la mort, Jésus en remonte avec, dans sa main droite, le trophée de sa victoire : la Vie rendue à tous ceux qui croiront en lui. Ne demandons pas d’autre signe à Celui qui est en train d’accomplir le plus grand de tous les signes. Le Roi dort mais il se relèvera et moi, en lui, je serai vivant de sa Vie.

 

Matthieu 12,38-40
Quelques-uns des scribes et des Pharisiens prirent la parole et lui dirent : «Maître, nous désirons que tu nous fasses voir un signe.» Il leur répondit : «Génération mauvaise et adultère ! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits.»


Seigneur, tu reposes aujourd’hui dans la nuit du tombeau. Accorde-nous de veiller auprès de toi dans la grande paix que tu viens répandre sur la création et jusqu’au plus profond des enfers. Tu assures à jamais notre foi en la plantant dans le roc du sépulcre. Seigneur, nous voulons rester auprès de toi, aujourd’hui, dans ce grand silence qui précède une naissance. Prends pitié, Seigneur, de ceux que le désespoir aveugle devant la mort, les retenant de croire en toi, Vainqueur de la mort. Augmente en nous la foi ; que ta Pâque nous attire tous en toi, nous plongeant dans le baptême de ta mort et de ta résurrection, gloire à toi !