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Jeudi 21 avril - «Plus tard, tu comprendras» (8:27)

 

Pierre n’a pas la foi facile. Il nous est bon de mettre nos pas dans les pas d’un homme comme celui-là. Jésus est à l’ultime de sa mission : «sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu», récapitule l’évangéliste. Il reste un geste à poser, un exemple à donner, avant de se laisser prendre par les griffes de la violence et de la mort. Le dernier geste de Jésus avant son arrestation dans le jardin est de se pencher. De se mettre à genoux devant l’homme, sa créature, de se ceindre du linge des serviteurs pour ouvrir à tous les hommes le chemin du véritable amour. Mais Pierre ne comprend pas. Il nous rend service, Pierre, car nous non plus nous ne comprenons pas très bien. Pierre peine à reconnaître le Jésus qu’il admire et qu’il reconnaît comme le «Christ, le Fils du Dieu vivant» (Matthieu 16,16) : «Toi, Seigneur ?» Autrement dit : est-ce bien toi ? S’il ne tenait qu’à moi, je te protégerai de toi-même ; tu ne peux pas ainsi t’abaisser devant moi : ce n’est pas dans l’ordre des choses ! Au fond, il s’en est fallu de peu que Pierre ne devienne Judas. «Passe derrière moi, Satan !», avait rétorqué Jésus à Pierre qui voulait l’empêcher de poursuivre sa route vers Jérusalem pour y subir sa Passion, «tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes !» (Matthieu 16,23). Jésus révèle un Dieu inattendu. Mais la différence entre Pierre et Judas, c’est que Pierre consent à cet inattendu. Il consent à s’engager dans ce «plus tard» qu’il ne maîtrise pas. «Plus tard tu comprendras». «Plus tard tu me suivras» (Jean 13,36). Pour Pierre comme pour nous, c’est l’heure de la confiance. Le Maître a tracé le chemin : heureux serons-nous si nous y marchons à sa suite !

 

Jean 13,1-15
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : «Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds !» Jésus lui déclara : «Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras.» Pierre lui dit : «Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais !» Jésus lui répondit : «Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi.» Simon-Pierre lui dit : «Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête !» Jésus lui dit : «Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs... mais non pas tous.» Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : «Vous n’êtes pas tous purs.»
Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : «Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.»


Seigneur, en ce jour tout est accompli. Tu es venu de Dieu et maintenant tu retournes vers lui. Le signe que tu nous laisses est celui de l’amour le plus parfait. Toi l’image du Père de tendresse, accorde-nous de te suivre en ton abaissement pour être aussi avec toi au jour de ta gloire. Nous ne savons pas, Seigneur, où tu nous conduis, mais nous savons que tu marches devant nous, que tu as pris sur toi toutes nos souffrances, notre malheur et nos peines, pour les plonger dans le baptême de ta mort. Toi le Dieu inattendu qui te penches vers nous pour que nous ayons part à ta vie, prends pitié de nous !