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Mercredi 20 avril - «Le Fils de l'homme s'en va» (6:30)

 

Aujourd’hui les choses sont claires. L’évangéliste dévoile au grand jour ce qu’aucun des disciples ne sait encore : la trahison de Judas. Judas était peut-être celui des disciples qui aimait le plus Jésus. Celui qui attendait le plus de lui. Celui qui y croyait, plus fort que tous les autres. Mais, petit à petit, ses propres attentes ont pris la place de sa foi. La foi n’est pas certitude – et peut-être Judas était-il bardé de certitudes : Jésus allait délivrer Israël de l’occupant romain ; Jésus était celui qu’annonçaient les prophètes : «On oubliera les angoisses anciennes, elles auront disparu de mes yeux. Car voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit» (Isaïe 65,16-17). La foi demande que l’on suive – et parfois dans la nuit – et peut-être Judas aurait-il aimé précéder le Maître, car il savait, lui, ce qu’il fallait faire. Judas aimait passionnément Jésus, mais pour lui-même. Trente pièces d’argent auront eu raison de sa foi manquée. Pourtant Judas, par le choix radical, désespéré sans doute, qu’il fait de livrer Jésus, offre mystérieusement son concours au dessein de Dieu. À sa manière, il accomplit ce que Jésus lui-même annonce solennellement aux disciples : «Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit». Il livre celui que livre le Père. Il livre celui qui se livre lui-même pour que tous soient sauvés. La folle liberté de Judas, l’«ami» de la dernière heure, rejoint la souveraine liberté du Christ qui choisit, par amour pour son Père et pour ses frères, de «donner sa vie» parce qu’«il n’y a pas de plus grand amour» (Jean 15,13).

 

Matthieu 26,14-25
L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : «Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ?» Ils lui proposèrent trente pièces d’argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : «Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ?» Il leur dit : «Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : ‘Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.’» Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : «Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer.» Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l’un après l’autre : «Serait-ce moi, Seigneur ?» Il leur répondit : «Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né !» Judas, celui qui le livrait, prit la parole : «Rabbi, serait-ce moi ?» Jésus lui répond : «C’est toi qui l’as dit !


Seigneur, nous ne savons pas croire en toi. Nous projetons sur toi nos espoirs trop courts et nos désirs de vaine gloire. Nous t’en voulons quand tu ne sembles pas entendre notre prière. Garde-nous de te réduire aux dimensions de nos désirs. Tu marches vers ta Passion volontaire, tu te livres en nourriture pour nous donner la Vie, tu nous aimes jusqu’à l’extrême de l’amour, accorde-nous seulement de te suivre dans l’obéissance et l’humilité, même quand nous ne comprenons pas où tu nous conduis. Sauveur, prends pitié de nous !