Player mp3

Lundi 18 avril - «Elle versa le parfum sur les pieds de Jésus» (6:44)

 

Dans l’évangile de Jean, la scène de l’onction de Béthanie, que nous méditons aujourd’hui, précède immédiatement l’entrée triomphale à Jérusalem. «Six jours avant la Pâque» (Jean 12,1), c’est encore l’heure de l’intimité et de la joie partagée. Jésus est chez Lazare. Dans la maison refermée sur la chaleur de leur commune amitié, on donne un festin en son honneur. Marthe et Marie sont là. Pas d’ombre à ce tableau que la proximité de la Pâque et la violence du complot qui se trame ne semblent pas troubler. Mais il ne s’agit pas seulement d’une scène d’amitié. Marie prend un flacon de parfum qu’elle répand sur les pieds du Maître. Geste étonnant, choquant même, comme Judas le trésorier ne manque pas de le faire remarquer, geste prophétique en réalité. Le parfum précieux qu’elle répand est mystérieusement qualifié de «pistikos», un adjectif formé à partir du mot grec «pistis» qui signifie la foi. L’expression est intraduisible littéralement et n’a pas d’équivalent ailleurs dans l’évangile (sinon dans un parallèle en Marc 14,3). Comprenons simplement que Marie a oint Jésus du parfum de sa foi. Tu vas, Seigneur, vers ta mort. Sur ton corps bientôt couvert de plaies et marqué par les coups qui te seront portés par l’ignorance des hommes, je verse le parfum de ma connaissance et de ma foi. Tu vas être condamné, Seigneur, et tu seras plus pauvre que le plus pauvre des hommes, abandonné de tous ceux qui te suivent aujourd’hui encore. Tu vas mourir, mais l’odeur de ton sacrifice remplit déjà la maison de mon âme...

 

Jean 12,1-11
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu’il avait ressuscité d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : «Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ?» Il parla ainsi, non parce qu’il se préoccupait des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : «Laisse-la ! Il fallait qu’elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.» Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts. Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.


Sois béni, Seigneur, de nous inviter aujourd’hui à la table de ta douce amitié. Bien que tu ailles vers ta mort, tu prends le temps de t’arrêter et de te laisser aimer par les tiens. Nous sommes, Seigneur, parmi les convives et nous goûtons la joie de ta présence. Montre-nous quel parfum nous pouvons verser en ce jour sur tes pieds en signe de notre amour et de notre foi. Toi le Fils de l’homme qui vas te laisser crucifier pour nous réconcilier avec le Père, nous te bénissons et nous te supplions : prends pitié de nous !