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Lundi 25 avril - «Elles coururent porter la nouvelle à ses disciples» (5:25)

 

En ce commencement du premier jour de la semaine, on était affairé à des tâches diverses : on visitait les morts pour les unes ou on gardait le tombeau pour les autres. Et voici que soudain le ciel s’invite et qu’apparaît l’Ange du Seigneur au message renversant : «Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit». En d’autres termes : la mort est vaincue ! «Ne craignez pas»... mais il y a de quoi être ému tout de même, non ? Et l’on part courir annoncer ce qu’on a vu et entendu, aux disciples, aux chefs des prêtres. Ce sont alors deux attitudes qui se dessinent : «Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ?» (Jean 3,12). Une fois encore il va falloir se décider : pour un cœur disponible ou pour un cœur endurci. Soit garder la face à tout prix, quitte à inventer l’invraisemblable, soit offrir un cœur simple, qui ne se perd pas en soupçons, décentré de soi, ouvert à la grâce. Et il vient justement, celui à qui on laisse de la place : «Je vous salue», «ne crains pas», c’étaient aussi les paroles de l’ange à la «comblée de grâces» (Luc 1,28). D’un côté, la lourdeur de l’intrigue et de la supercherie, de l’autre, la légèreté des pas de celles qui courent, joyeuses et fragiles à la fois, portant leur message capable de «renverser les puissants de leur trône» (Luc 1,52) et d’«illuminer ceux qui demeurent à l’ombre de la mort» (Luc 1,79).

 

Matthieu 28,8-15
Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre : «Je vous salue», dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. Alors Jésus leur dit : «Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront.» Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, avec cette consigne : «Vous direz ceci : Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui.» Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour.


Père, toi qui te penches avec prédilection sur ceux dont le cœur n’est pas encombré, à la prière de Marie et des saintes femmes, nous te demandons un cœur humble et disponible qui sait qu’il ne se suffit pas à lui-même, qui ne ressasse pas sans cesse les «ombres du trouble et de la crainte», capable d’accueillir et de faire de la place à ton Fils, lui qui vient à nous pour nous conduire vers toi. Pour la joie donnée dans la résurrection de ton Fils, Seigneur, gloire à toi ! Alleluia !