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Vendredi 29 avril - «ils n’osaient pas encore y croire» (6:35)


Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons Pierre dans une telle situation. Rappelons-nous le jour de la première rencontre : «Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets» (Luc 5,5). Quotidien plus que pesant, constat de la stérilité. C’est pourtant là précisément que le Seigneur vient. Il appelle et le désert refleurit. Pierre lâche tout et le suit. Nous voici quelques années plus tard. Retour à la case départ ? On a vécu des choses intenses, fortes et magnifiques et puis tout serait fini ? Ou plutôt tout recommence ? L’ennui, nos occupations prosaïques ? À quoi ce chamboulement a-t-il servi ? Qu’est-ce que cela me fait que le Christ soit ressuscité ? La pêche, les filets, les poissons, le sentiment d’échec aussi : es-tu vraiment dans tout cela Seigneur ? Oui, c’est la vie ordinaire qui reprend, mais pourtant quelque chose a changé. Le Seigneur est là mais d’une manière nouvelle qui entraîne de notre part un regard neuf et une confiance nouvelle. Pierre, lui, n’est plus le même. Il a fait l’expérience amère de la trahison. Pierre connaît plus que jamais ses fragilités, il est allé loin dans l’expérience de sa faiblesse et de son péché. Il sait maintenant combien il a besoin d’être sauvé. Jésus se manifeste et Pierre vient à lui. Ce qui nous est demandé, c’est la confiance ; celle qui fait parfois se jeter à l’eau. C’est aussi l’écoute de la Parole de Dieu et l’obéissance au Christ Jésus. Oui, pour que tout soit renouvelé par sa présence, le Seigneur nous fait revenir sur les lieux de l’ordinaire, il ne nous attend pas ailleurs. Sur les lieux de nos échecs aussi, pour que tout soit traversé avec lui. Tout ce que nous traînons, c’est lui qui le porte et maintenant il nous faut devenir pêcheurs d’hommes car c’est l’humanité entière qui doit être recréée.

 

Jean 21,1-14
près cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il se manifesta ainsi : Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble. Simon-Pierre leur dit : «Je m’en vais pêcher.» Ils lui dirent : «Nous venons nous aussi avec toi.» Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage ; pourtant les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Jésus leur dit : «Les enfants, vous n’avez pas du poisson ?» Ils lui répondirent : «Non !» Il leur dit : «Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez.» Ils le jetèrent donc et ils n’avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : «C’est le Seigneur !» À ces mots : «C’est le Seigneur !», Simon-Pierre mit son vêtement – car il était nu – et il se jeta à l’eau. Les autres disciples, qui n’étaient pas loin de la terre, mais à environ 200 coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit : «Apportez de ces poissons que vous venez de prendre.» Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons : 153 ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. Jésus leur dit : «Venez déjeuner.» Aucun des disciples n’osait lui demander : «Qui es-tu ?», sachant que c’était le Seigneur. Jésus vient, il prend le pain et il le leur donne ; et de même le poisson. Ce fut là la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d’entre les morts.


Père du Ciel dont les dons et l’appel sont sans repentance (Romains 11,29), tu sais combien nous pouvons être versatiles et lâches. Que nous ne nous refermions jamais sur nos échecs mais qu’ils soient l’occasion de découvrir plus profondément ton inépuisable miséricorde. Et puisque, hors du Christ Jésus, nous ne pouvons rien faire, qu’il donne à nos vies une fécondité au service de ton Royaume.