Rencontre de la Fraternité œcuménique Pierres Vivantes

30-03-2011

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Médiation, réconciliation

Qu'est-ce qu'une médiation, qu'est-ce qu'une réconciliation, avec qui se réconcilie-t-on ? La médiation se conclut-elle systématiquement par une réconciliation ? Telles sont les questions auxquelles nous avons tenté de répondre lors de la dernière rencontre de la Fraternité œcuménique Pierres Vivantes, avec l'aide d'Élisabeth Parmentier, professeur à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Strasbourg, et de quelques-uns des médiateurs de notre diocèse.

 

Élisabeth Parmentier nous a fait découvrir ce qu'est une réconciliation biblique, différente des attentes humaines  dans la mesure où elle est inversée : c'est Dieu qui se réconcilie avec l'homme. Il s'agit en fait d'une triple réconciliation : avec Dieu, avec soi-même, avec l'autre. Elle est offerte, encore faut-il la saisir !

 

C'est l'histoire de Jacob et Esaü (Genèse 25 à 33) qui a servi de trame à cette conférence. Nous avons suivi Jacob, ce personnage infréquentable, puisque fraudeur et toujours en situation de confrontation, mais bénéficiant de la protection divine. A partir des différentes étapes de sa vie, du vol de la bénédiction d'Isaac à la réconciliation avec Esaü en passant par son séjour chez Laban, nous avons observé comment Dieu s'y prend pour nous aider à changer, quelles sont les stratégies qu'il utilise tout en respectant notre liberté. Nous avons aussi découvert qu'Esaü, loin d'être un simple jouet, est «sujet agissant» dans le processus de réconciliation.

 

Nous voyons à travers cette histoire que les chemins de Dieu sont différents de nos chemins humains. L'élection est contraire au droit. Dieu choisit son peuple par le plus faible. Quant à la bénédiction, elle est donnée pour une vocation, une mission spéciale, elle engendre une responsabilité.

 

Nous avons ensuite été invités à trouver un texte du Nouveau Testament pouvant nous aider à prolonger cette réflexion. C'est la parabole du fils prodigue qui, unanimement citée, nous a donné l'occasion de continuer à nous familiariser avec les stratégies bibliques de réconciliation.

 

L'après-midi, Pia Barny, Rose-Marie Jermann et Philippe Le Vallois sont intervenus au nom du groupe de médiateurs du Diocèse de Strasbourg pour nous parler de «la médiation au service de la réconciliation».

Après une brève introduction présentant le groupe et son origine, ils ont abordé les thèmes du conflit, de sa sortie, de la voie de la médiation, avant de conclure en nous montrant comment la médiation peut être au service de la réconciliation en Église.

 

Si les conflits sont inéluctables, car nous sommes tous différents dans nos pensées et pratiques, il est important de bien les gérer pour qu'ils enrichisse notre «vivre ensemble» au lieu de le détruire. Dans ce contexte, l'enjeu de la médiation est d'aider les parties en présence, dans un climat de respect réciproque, à sortir du conflit. Dans une médiation réussie, la solution imaginée et acceptée par les deux parties permet de rétablir la relation, dans le meilleur des cas c'est la réconciliation.

 

La médiation se déroule en trois temps : un entretien préalable permet au médiateur de rencontrer séparément chacune des parties. Puis viennent le face à face, moment de confrontation redouté par les parties, et la médiation proprement dite, où les médiateurs, tiers indispensables qui se doivent de rester neutres, aident les personnes en conflit à s'écouter et à prendre conscience de la gravité des actes. Enfin, lorsque le dialogue est rétabli, il faut procéder à la réparation, libre négociation entre les parties, qui peut prendre des formes multiples : symbolique, pécuniaire ou autre. Parfois, malheureusement, on doit aussi faire le constat d'une impossible entente.

 

Dans l'Église, nous sommes frères et sœurs en Jésus Christ. En Lui, qui nous a réconciliés avec le Père, nous sommes réconciliés entre nous, mais il nous appartient, dans l'Esprit du Père et du Fils, de devenir ces frères et sœurs, d'actualiser la réconciliation et, par la même occasion, la communion chrétienne. Et c'est là que peut intervenir la médiation.

 

Cette journée fut riche en enseignements et nous avons pu confronter notre propre vie, nos propres expériences, à ce qui nous a été dit. Nous avons pris conscience, à travers la lecture de la Bible et l'expérience des médiateurs, que l'homme peut changer et que les conflits ne sont pas forcément sans issue.

 

Merci à nos intervenants de nous avoir ainsi ouvert des perspectives pour mieux vivre ensemble.


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