Questions à frère Pierre-Marie

Un appel, une intuition

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Comment sont nés cet appel, cette intuition qui vous ont conduit à fonder cette communauté ? Où en étiez-vous à ce moment-là ?

J’étais prêtre depuis dix ans. Mai 68. L’après Concile. Les années 70. Une époque où tout semblait se chercher, sinon s’effilocher dans l’Église et la société. Chacun avait droit à une année sabbatique. Plutôt que d’aller me recycler dans les universités, dont je n’étais guère sorti, j’ai filé au désert, avec l’accord de l’Archevêque de Paris.

 

Temps merveilleux pour moi de prière, de silence et de solitude dans le cœur à cœur avec Dieu, avec pour seule compagnie la Bible et l’ostensoir eucharistique. Le soleil, le jour et les étoiles, la nuit. L’Assekrem est une montagne dressée au sommet du Hoggar. Là, j’ai construit de mes mains un ermitage en pierres sèches. Dans un paysage lunaire mais merveilleux de beauté. «Terre nue sous un ciel nu, où l’on est mis à nu.» J’y étais trop heureux ! J’ai senti peu à peu que le vrai désert, aujourd’hui, avec sa soif spirituelle et sa faim d’amour authentique, était au cœur des mégapoles. Et je suis revenu à Paris avec le désir de devenir «moine dans la ville». L’accord spontané du Cardinal Marty a fait de ce désir un ordre de mission. Et tout s’est mis en route.