My brother Pat

02-08-2017

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Témoignage de Gillian,
la sœur de fr. John-Patrick

Merci à tous d’être venus aujourd’hui pour célébrer la vie de John-Patrick. Je suis Gillian Johnson, née Buckingham, la sœur de Pat. C’est avec ce prénom que je pense toujours à lui : pardonnez-moi si parfois je le nomme ainsi.


Pat est né le 28 septembre 1934, de Tony et Betty Buckingham et a vécu la plus grande partie de son enfance près de Norwich (Norfolk), en Angleterre. C’était l’aîné de nous trois. Mon second frère Michael vit maintenant au Canada et n’a pu venir ici aujourd’hui.


Pat a toujours été quelqu’un de très attentif et réfléchi, tout en aimant bien rire et boire une bière de temps en temps. Il avait douze ans de plus que moi et il me lisait souvent des histoires le soir.


Il passait du temps avec moi. Nous habitions près d’une vieille ferme abandonnée et je me souviens encore très bien de Pat m’emmenant promener jusqu’à ce petit enclos avec des arbres et derrière un hangar. Il s’amusait à me dire, en chuchotant avec l’air d’un conspirateur, que c’était dans ce hangar que vivaient les trois ours fameux de Boucles d’Or. Et évidemment je le croyais, bien que je n’aie jamais vu trace d’ours !


Comme il était bien plus âgé que moi, je ne me souviens pas qu’il soit resté longtemps à la maison. Je n’avais que 4 ou 5 ans quand il est parti rejoindre la marine marchande.
Il me semble que c’est alors qu’il était encore enfant que Pat a été conduit à Dieu et je pense que c’est par notre grand-père qui allait souvent à l’église et emmenait Pat.
Cependant, avant d’être appelé à servir Dieu, il a mené la vie normale d’un garçon en rejoignant les scouts. Il me semble qu’il est entré chez les Scouts marins, ce qui a probablement suscité son intérêt pour la marine marchande. Quand il était marin, il est monté jusqu’au premier échelon et il était, sans doute, près d’être nommé capitaine lorsqu’il a décidé de tout abandonner et de rejoindre le clergé.


Je me souviens que j’avais 12 ans quand il a annoncé qu’il commençait des études de théologie pour entrer dans le clergé. Il était fiancé à l’époque et Megan, sa fiancée, l’a soutenu dans sa démarche. Il m’a cependant dit qu’ils ne s’étaient pas mariés parce qu’il savait que le salaire d’un vicaire ne serait pas suffisant pour les faire vivre. A ce moment-là il appartenait encore, bien sûr, à l’Église anglicane.


Après ses études de théologie, Pat est devenu curé d’une paroisse anglicane à Elland, dans le Yorkshire. J’y suis allée passer une semaine, quand j’avais 15 ans, et je me souviens avoir été très surprise en assistant à des vêpres parce qu’ils se servaient d’encens. Je pensais que seule l’Église catholique utilisait l’encens et je me suis dit : Oh, Pat doit être devenu catholique ! Bien sûr, il ne s’agissait que d’une paroisse appartenant à la High Church. Mais, dès ce moment, on pouvait dire que c’était écrit.


Pour autant que je m’en souvienne, au bout de quatre ans environ, Pat a décidé de devenir moine. Il appartenait encore à l’Église anglicane. J’avais 19 ans quand il m’a expliqué qu’il voulait entrer dans une communauté qui priait pour le monde. Il a rejoint une communauté à Londres – je ne me souviens pas de son nom. Pour aider la communauté, il travaillait comme facteur. Je me souviens d’y avoir passé une nuit, à Londres, quelques années plus tard. Quand je me suis réveillée le matin, je pensais les rejoindre tous pour le petit déjeuner. Je suis allée vers la cuisine et j’ai dit à haute voix : «Bonjour tout le monde !» J’ai été accueillie par un silence complet et des regards étonnés. Pat me regardait d’un air gêné. Une des religieuses est vite venue vers moi et m’a expliqué qu’ils prenaient leur petit déjeuner en silence ; elle m’a suggéré d’attendre une demi-heure dans ma chambre avant de revenir tenter ma chance.


Je pense qu’il a quitté cette communauté pour devenir un moine régulier, au monastère anglican de Crawley Downs. Il y a appris l’apiculture. Après quelques années à Crawley Downs, Pat a été transféré à Howe, à côté de Bornemouth, où il est resté un certain nombre d’années en s’occupant beaucoup, je crois, d’un refuge pour sans-abris. Je me souviens qu’il m’avait écrit qu’il avait été une fois poignardé. Grâce à Dieu, il a été sauf.


En 1997, Patrick a décidé de quitter l’Église anglicane pour devenir catholique. 
Il était très déçu par les changements qui se produisaient dans l’Église anglicane, en particulier par la décision d’ordonner des femmes.


Au moment de ce passage d’une Église à l’autre, Patrick est venu une semaine en Nouvelle-Zélande visiter ma famille, ce qui a été vraiment apprécié. À cette époque, ma fille Becky appartenait à une Église évangélique et nous sommes allés, Pat et moi, à un service. Mais il n’a tenu qu’à peu près cinq minutes tellement la musique et le chant étaient forts ; il est sorti et a décidé de faire à la place une promenade tranquille !


C’est la dernière fois que je l’ai vu physiquement, mais je ne me suis jamais sentie loin de lui car il écrivait beaucoup et m’a tenue informée de ce qu’il vivait et de ce qu’il pensait des événements du monde auxquels il s’est toujours beaucoup intéressé.


Mon fils Storm et ma belle-fille Yael ont pu lui rendre visite à Vézelay et ils ont gardé de bons souvenirs de cette visite. John-Patrick a aussi rencontré des membres de la famille de Yael à Jérusalem lorsqu’il y est allé en pèlerinage il y a quelques années, et il leur a fait grande impression.


Mon frère John-Patrick était très heureux d’être arrivé à Vézelay et, je pense, très content de son sort. Mais quand il a commencé à avoir des problèmes cardiaques, il m’a dit qu’il était très heureux de rencontrer bientôt son Créateur et il vivait très probablement dans l’attente de cet événement.


Je me sens privilégiée d’avoir eu Pat pour frère. Ses lettres, souvent pleines d’histoires, vont me manquer. Il m’a souvent parlé d’Edith Cavel et de sainte Julienne de Norwich, notre ville natale, dont il disait que c’était mon homonyme. Je pense souvent qu’il aurait pu être historien tant il avait de connaissances et une bonne mémoire.


Il a une belle âme qui vit maintenant au ciel. John-Patrick, repose en paix dans les bras de ton Créateur.


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